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  • Un court instant de grâce - André Bucher

    Restée seule à la mort de son mari Emilie aurait bien besoin pour survivre de la présence de son fils qui a quitté la ferme depuis plusieurs années. Il lui reste quelques vaches laitières, poules et lapins, pour les cultures elle va avoir besoin d’aide, peut-être Victor, bon il est pas tout jeune mais il travaille pour d’autres agriculteurs et puis elle le connait depuis la communale alors…

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    une centrale du genre de celle là

    Un projet pharaonique de centrale à biomasse portant l’étiquette fallacieuse d’écologique, voilà ce que prévoient les élus de la vallée. 
    Si Emilie semblait baisser un peu les bras ce projet de centrale et surtout l’idée de voir disparaitre Sa forêt vont la faire sortir de sa léthargie. 

    « La montagne empiétait sur l’horizon, sa masse inerte accaparait le paysage. Une entité dure mais également fragile, avec la forêt pour territoire, que l’on ne saurait dompter et modeler à sa guise. »

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    La montagne d'Emilie

    C’est bien là dessus que compte Emilie, une forêt que l’on ne peut dompter, parce que ce qui se profile pour Sa forêt c’est ni plus ni moins qu’une disparition programmée.
    Son quotidien change, il y a Victor qui s’est peu ou prou installé à la ferme pour aider.

    « Emilie coupait elle-même son bois, elle faisait son pain et, en fonction du calendrier , ramassait les simples, les champignons et des baies qu’elle transformait en confiture »

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    Et puis il y a les pressions exercées pour la faire vendre ses parcelles de forêt, Rachel la chargée de mission de la centrale y va de son couplet, le maire bien sûr mais plus grave, son fils qui semble sensible aux sirènes financières.

    Un roman comme je les aime chez André Bucher, je suis certaine que vous allez aimer la montage de Palle, Victor, Emilie et sa forêt.

    Un joli portrait de femme.

     

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    Le livre : Un court instant de grâce - André Bucher - Editions Le Mot et le Reste

  • brins d'herbe

    « L’herbe est porteuse d’origine, elle semble garder la saveur des premiers temps du monde 

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    Hubert Voignier a écrit un très beau livre consacré au trouble, voire au saisissement, « à l’ivresse de la profondeur » que procurent ces « brassées de voix confondues », ces surfaces toujours onduleuses, ce « grand pays luxuriant », cet « essor fulgurant de verdure » Hubert Voignier  Les Hautes herbes 

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    « Et le premier cadeau fut le genre des herbes et leur verte splendeur, dont la terre entoura les collines : voilà que par toutes les plaines les prés couverts de fleurs lancèrent leurs éclairs verdoyants. »  Lucrèce De la nature des choses

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    « Le peuple des prés m’enchante, sa beauté frêle et dépourvue de venin, je ne me lasse pas de la réciter. Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe, l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un, la sauterelle qui claque et compte son linge, le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux, les fourmis assagies par la grande étendue verte, et immédiatement au-dessus les météores hirondelles… » René Char Feuillets d’hypnos

     

    Le livre : La Fraîcheur de l’herbe - Alain Corbin - Editions Fayard

  • Le Sacret - Marc Graciano

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    Un tout petit livre de 87 pages et qui m’a enchanté.
    De Marc Graciano je gardais un excellent souvenir du premier roman. Nous sommes de retour au moyen-âge, une période que l’auteur aime beaucoup, comme il en aime le vocabulaire oublié.

    Un jeune garçon recueille un oiseau blessé, pas n’importe quel oiseau mais un sacret c’est à dire un faucon mâle «  l’oiseau était un mâle de bonne aire, même s’il n’en paraissait plus rien maintenant qu’il était tellement décharné par la faim » 

    L’enfant porte l’oiseau à l’autourserie du château et tente de le maintenir en vie, le nourrit, soigne son aile blessée.
    Contre toute attente l’enfant atteint son but et il est récompensé 
    «  Le garçon reçut, de la part du vieux seigneur, l’invitation à participer à une grande chasse au vol où seraient conviés les gens nobles des autres fiefs »

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    C’est un très beau récit, j’ai particulièrement aimé les pages qui montre les soins attentifs de l’enfant, le diagnostic du autoursier et ses soins à l’oiseau sont des passages superbes.

    La description de la chasse au vol est magnifique et le vocabulaire si riche de Marc Graciano vient témoigner de l’âpreté de cette chasse, de la beauté des mouvements des oiseaux.

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    Tous ces mots techniques oubliés ajoutent au récit précision, justesse du vocabulaire de fauconnerie, la gestuelle de la chasse au vol est parfaitement décrite.
    On suit la chasse de différents point de vue : celui des chasseurs, celui des proies. 

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    Un livre tendre et violent à la fois, très réussi. 
    Juste un tout petit bémol : le récit est fait d’une seule phrase, je ne suis pas persuadée que cela apporte quelque chose au récit. 

    Un peu de vocabulaire : aiglure, bliaud, chainse, aubin, palus, lanneret....

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    Le livre : Le Sacret - Marc Graciano - Editions José Corti

     

     

  • Ouf il était temps

    Aux amateurs de Dickens 

     

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    Bonne nouvelle, depuis des années la seule façon de lire Bleak House c’était de s’offrir un pléiade et encore à condition qu’il soit encore disponible

    J’ai espéré il y a cinq ans quand on a fêté le bicentenaire de la naissance de l'auteur que Gallimard ferait un effort mais que nenni !!!

    Bon il ne faut jamais désespéré, c’est fait Bleak House vient de sortir en poche Folio
    Je vous préviens c’est un pavé mais quand on aime….

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    La préface n’a rien de transcendant mais la traduction est de Sylvère Monod donc tout va bien.

    Je fais à cette occasion un petit clin d’oeil à Keisha qui est fan et je souhaite bonne lecture à tous ceux qui seront tentés.

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    Ah un détail le livre en pléiade portait un titre différent : La maison d’âpre-vent 

    Il serait temps aussi que les Editions Thélème se mettent à nous offrir Dickens en livre audio lu par E Herson-Macarel par exemple, enfin c'est ma suggestion.

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    En attendant pour les anglophones il y a tout ce qu'il faut