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A sauts et à gambades - Page 161

  • Précoce Automne - Louis Bromfield

    Les Etats Unis d'autrefois 

     

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    Bien entendu j’avais lu vers 14 ou 15 ans La Mousson dont je garde un souvenir très présent mais je n’avais rien lu d’autre de l’auteur alors j’ai profité des éditions Phébus qui ont réédité la plupart de ses romans et hop en avant pour la Nouvelle Angleterre

     

    Introduisons nous dans la bonne société de Durham, celle que vous avez déjà croisée chez Edith Wharton : Les mariage de convenance, les bonnes familles qui se retrouvent entre elles, on jase et on brode, on cache les membres encombrants des familles, on a du mal a accepter les nouveaux venus comme cet O’Hara un irlandais aux origines troubles et qui a osé s’emparer d’une propriété et troubler leur tranquillité.

    C’est sous le signe de l’hypocrisie, du puritanisme, de la respectabilité qu’Olivia a épousé Anson Pentland qu’elle n’aime pas et qui ne l’aime pas « C’était un homme qui manquait d’élan, de spontanéité, un être terne, veule et qui embrassait la cause de la morale parce que celle-ci faisait partie des traditions familiales et devait en conséquence être soutenue. »

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                   La propriété de l'auteur 

     

    Olivia donne une soirée pour fêter sa fille Sybil qui est de retour de pension, mais Sybil est un peu éclipsée par Sabine Callendar la cousine scandaleuse " qui semblait la reine du bal " qui était partie pour suivre l’homme qu’elle aimait. 

    John Pentland le vieux chef de famille est malade et compte sur Olivia pour tenir les rênes du domaine et de la famille bien conscient que son fils Anson n’est pas à la hauteur.

    Que serait une famille sans sa Tante Cassie ? La vieille fille dont on se demande si c’est la bêtise qui la rend méchante ou la méchanceté qui la rend bête. Pérorant, avec en permanence un conseil à la bouche jouant " le rôle de messager, allant de maison en maison, faisant halte dans toutes les vérandas pour recueillir ou colporter les dernières nouvelles."

     

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    Mais les voies du coeur sont impénétrables et tout va brusquement se mettre en mouvement quand Sybil va faire la connaissance d’un jeune homme et Olivia refuser d’être à jamais étouffée par la famille. Va t-elle parvenir à se révolter face au poids du devoir ? 

     

    Même si le résumé peut faire penser à une banale histoire romanesque, il n’en ait rien, aucun romantisme ici mais de la noirceur, du pessimisme, et des portraits sans aucune concession. Il ne suffit pas de vouloir faire sauter le carcan pour y parvenir. Aucune chance d’être heureuse pour une femme, le corset des traditions les enferme plus sûrement que les barreaux d’une prison. Et quand comme Sabine vous osez envoyer valser la morale, cela se termine par un divorce ! 

    Louis Bromfield est un observateur fin et incisif, c’est un observateur redoutable que j’ai pris vraiment grand plaisir à lire et je pense poursuivre ma lecture d’un ou deux autres de ses romans. 

     

    Un autre avis ? c’est chez Lilly 

     

     

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    Le livre : Précoce automne - Louis Bromfield - Traduit par L Baillon de Wailly - Edition Phébus libretto

     

     

     

  • Bribe de Georges Perec

    Commençons par une brindille


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    " De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island "

     

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    " A partir de la première moitié du XIXe siècle, un formidable espoir secoue l'Europe : pour tous les peuples écrasés, opprimés, oppressés, asservis, massacrés, pour toutes les classes exploitées, affamées, ravagées par les épidémies, décimées par des années de disette et de famine, une terre promise se mit à exister : l'Amérique, une terre vierge ouverte à tous, une terre libre et généreuse où les damnés du vieux continent pourront devenir les pionniers d'un nouveau monde, les bâtisseurs d'une société sans injustice et sans préjugés. Pour les paysans irlandais dont les récoltes étaient dévastées, pour les libéraux allemands traqués après 1848, pour les nationalistes polonais écrasés après 1830, pour les Arméniens, pour les Grecs, pour les Turcs, pour tous les juifs de Russie et d'Autriche-Hongrie, pour les Italiens du Sud qui mouraient par centaine de milliers de choléra et de misère, l'Amérique devint le symbole de la vie nouvelle, de la chance enfin donnée, et c'est par dizaine de millions, par familles entières, par villages entiers que les immigrants s'embarquèrent pour ce voyage sans retour. 

    Pendant plusieurs dizaines d'années, l'ultime étape de cet exode sans précédent dans l'histoire de l'humanité fut, au terme d'une traversée le plus souvent effectuée dans des conditions épouvantables, un petit îlot nommé Ellis Island, où les services du Bureau Fédéral de l'Immigration avaient installé leur centre d'accueil. Ainsi, sur cet étroit banc de sable, à l'embouchure de l'Hudson, à quelques encablures de la statue de la Liberté alors toute récente, se sont rassemblés pour un temps, tous ceux qui, depuis, ont fait la Nation américaine. "

     

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                  Ellis island rénové

     

    Bribe de : Ellis island - Georges Perec - Editions P.O.L

  • Direction USA

     

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    Trois étapes, en commençant par ceux qui partirent pour trouver un paradis, puis une incursion dans la bonne société américaine du siècle passé, enfin un roman où passé et présent se mêlent

    Vous avez votre visa ? alors direction l'Amérique dès demain

  • Ombres sur la prairie - Karen Blixen

     Retrouvailles avec Karen Blixen

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    Si vous n’avez pas lu La Ferme africaine vous avez certainement vu le film ! Rarement l’adaptation d’un livre fut aussi réussie au point de ne pouvoir à nouveau lire Karen Blixen sans avoir le visage de Meryl Streep en filigrane.

    Je vous parlerai un jour ou l’autre de sa correspondance mais aujourd’hui j’avais envie de retrouvailles avec un livre court moins connu que la Ferme Africaine. 

     

    Quatre petits récits placé dès les premières lignes sous la protection de Farah « le gardien de mon univers africain » dit Karen Blixen.

    Ces Ombres sur la prairie complètent très heureusement la magnifique Ferme Africaine et éclairent certains aspects de la vie de Karen Blixen qu’elle a passé sous silence dans son roman.

    Elles revient sur les tribus qui peuplaient alors le Kenya, leurs pratiques ancestrales, sur ses lectures pour comprendre la loi musulmane et la confiance que lui font les africains qui l’entourent.

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    Elle revient longuement sur Farah à qui elle est attachée de façon très forte et dont elle dit qu’il est « Le plus authentique gentleman que j’aie connu. » qui dirigeait la maison et conduisait la vieille Ford « comme si elle eût été la Rolls Royce des Rothschild » elle donne des nouvelles de Juma ou de Kamante  « le grand solitaire » et sa fameuse « sauce Cumberland » et prouve ainsi que son attachement ne s’est pas interrompu avec son retour au Danemark.

    Elle revient sur certains épisodes évoqués dans la Ferme Africaine, chasse aux lions, chasse aux éléphants. Et vous verrez le rôle que peut jouer une « lettre du roi ».

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    Karen Blixen revient sur les soins qu’elle dispensât tout au long de son séjour « je finis par savoir réduire la fracture d’un bras ou d’une cheville » ou ses tentatives vaines pour soigner les morsures de serpent.

    Les récits ne sont pas exempts de parfum colonialiste mais rien qui n’entache la sincérité de Karen Blixen dans l’attachement qu’elle avait pour tous les africains qui ont gravité autour d’elle, qui ont travaillé sur la ferme et l’on sent un grand dévouement de part et d’autre.

    Elle revient sur les derniers temps passés en Afrique, le retour au Danemark, les lettres échangées pendant des années avec les uns et les autres mais inexorablement l’Afrique s’éloigne « La Croix du sud était restée suspendue au ciel pendant quelque temps, telle une trace lumineuse de ce monde englouti » et finit par disparaître.

     

    Un petit livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à relire.

     

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    Le livre : Ombres sur la praire - Karen Blixen - Editions Gallimard 1961 ou folio ou Quarto 

  • Retrouvailles avec .....

    Pour les premières retrouvailles de l’année direction l’Afrique 

     

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                             © Wojciech Wójcik

     

    C’est ici dès demain

  • Les Cygnes sauvages - Kenneth White

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    Paysage d'Hokkaïdo

    Après pas mal d’années passées à Annecy, les cygnes font partie de votre paysage. Le titre du livre de Kenneth White a donc attiré mon regard, puis ma main, puis ….

    Récit d’un voyage au Japon, vers le nord du Japon et ses chemins, ses lacs, ses cygnes sauvages.

    Pour Kenneth White il s’agit d’un pèlerinage géopoétique dans les pas de Bashô pour « rendre hommage aux choses précieuses et précaires » mais aussi pouvoir observer les fameux « cygnes sauvages venus de Sibérie s’abattre avec leurs cris d’outre-terre sur les lacs du Nord où ils viennent hiverner » 

     

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                                 Lac Biwa 

     

    Le type même de livre qui vous laisse un souvenir magique, la nature, la poésie, des clins d’oeil vers la philosophie zen, tout le voyage est sous le signe de l’érudition, de celle qui vous donne envie d’ouvrir d’autres livres, de faire d’autres voyages virtuels ou bien réels.

     

    Après un petit tour à Tokyo au marché des libraires où les livres s’entassent partout, un peu comme Alan Booth, c’est un Japon profond que propose Kenneth White, petit ryokan, rencontres hasardeuses, saké et poisson.

    ll en profite pour nous faire faire connaissance avec des auteurs japonais inconnus comme Nagai Kafû ou des peintres comme Kobayashi Kiyochika.

     

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                   Pont sur la Sumida Katsushika Hokusaï 

     

    Mais Bashô me direz-vous, et bien il emplit tout le livre, une même perception de la beauté, un goût certain pour le voyage, l’amour des paysages de la Sumida, partout Bashô est présent et Kenneth White nous invite à nous « laisser aller avec les feuilles et le vent » sur cette ’île d’Hokkaido, île aux  paysages enchanteurs.

     

     

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    « L’automne se changeait en hiver, le jaune-rouge en blanc, la feuille en flocon, à mesure que je gravissais les pentes du Daisetsuzan »

     

    On se promène dans les paysages d’Hiroshige « Je me sens vraiment dans le vieux Japon du nord, je sens toute la conjugaison du riz et de la glace, la présence des maisons aux épais toits de chaume du pays de neige »

     

    Il s’enfonce de plus en plus vers le nord, longtemps considéré comme le pays des Aïnous, il va aborder un lac où sa patiente sera récompensée. 

    « Un miroitement et un frémissement sur les eaux bleu sombre, le vent dans les herbes dorées… (…) Je restais tapis au milieu des roseaux, à les regarder, à les écouter — Puis l’un deux s’est levé dans l’air (…) Je les ai

    suivi des yeux et de l’esprit » 

     

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    Sur lac vide

    Ce matin du monde 

    Les cygnes sauvages

     

    J’ai aimé ce livre alliance de poésie et de récit de voyage qui ouvre vers des espaces infinis. Un livre qui incite au rêve.

     

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    Le livre : Les cygnes sauvages - Kenneth White - Traduction Marie-Claude White - Editions Le Mot et le Reste