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Biographie Correspondance journaux - Page 24

  • Darwin et le bouleversement du monde - Jean-Claude Ameisen

    Embarquez vous sur le Beagle sur les traces de Darwin

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    Un livre scientifique qui a des allures de polar, une biographie qui se lit comme un roman, oui je vous fait l’article, oui je veux vous convaincre de lire ce livre !

    Darwin : j’ai laissé passé les festivités liées aux anniversaires car j’éprouve vite un certain ras le bol quand tous les journaux, toutes les revues se donnent le mot, mais je dois dire qu’il y a un avantage c’est de voir fleurir les publications et les livres.

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    Sur les traces de Darwin : magnifique voyage proposé par le CNRS

    Cette biographie s’attache à nous livrer un portrait en pied, sans occulter les difficultés, les doutes, les erreurs parfois, du grand savant. On est invité dans son intimité, on le suit de son voyage sur le Beagle à l’élaboration de sa théorie ....

    Embarqué en 1831, il ne revient en Angleterre que cinq ans plus tard, entre temps il a amassé une quantité d’observations, d’expériences, d’échantillons qui  suffirait à remplir la vie d’un homme, mais pour Charles Darwin ce n’est que le début de l’aventure.

    Jean Claude Ameisen nous fait toucher du doigt le combat intérieur mené par Darwin, ses doutes, ses questionnements, tout ce qui le fait hésiter à porter à la connaissance de tous sa théorie. Vingt ans, il lui faudra vingt ans !
    En même temps il nous restitue un aspect de Darwin que pour ma part j’ignorais, son combat contre l’esclavage, le combat d’une vie. On suit avec passion le parcours de Darwin, ses relations avec d’autres savants de l’époque, Cuvier, Buffon, Lamarck qui fut son grand rival. On est touché par les doutes en matière religieuse et la véritable épreuve que représentent les conséquences de sa théorie sur ses convictions.

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      Le dessin original tiré des carnets de Charles Darwin montrant sa réflexion concernant les différentes lignées d'espèces dont certaines s'éteignent et d'autres mutent.

     

    Plusieurs chapitres nous entraînent du côté de la lumière : les sciences de la vie doivent tout à Darwin et Ameisen fait un vaste tour d’horizon des acquis que nous lui devons : la biologie, la génétique. Mais il y a aussi une face sombre, c’est le dévoiement de la théorie de l’évolution, son utilisation pour servir la cause de l’eugénisme ou du racisme.

    Jean Claude Ameisen est un passeur exceptionnel, son écriture est d’une grande élégance sans nuire à la simplicité, ses propos éclairés par la philosophie et la poésie sont pleins de ferveur, d’admiration.

    C’est un livre riche, plein, un livre savant et pourtant à la portée de tous, j’ai été captivé et je vous propose de vous embarquer vous aussi sur le Beagle vous ne le regretterez pas.

    Si vous voulez écouter JC Ameisen dans une conférence sur Darwin c'est sur Canal U


    Le livre : Dans la lumière et les ombres Darwin et le bouleversement du monde - Jean Claude Ameisen - Editions Points Seuil

     

  • Père et fils

    Flaubert et Maupassant, le père et le fils, le maître et l'élève

                      

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    Gustave Flaubert à Guy de Maupassant

    " Quant à moi je travaille avec violence, ne voyant personne, ne lisant aucun journal, et gueulant dans le silence du cabinet, comme un énergumène."

    " Enfin, mon cher ami, vous m’avez l’air bien embêté et votre ennui m’afflige, car vous pourriez employer plus agréablement votre temps. Il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que ça. J’arrive à vous soupçonner d’être légèrement caleux.
    Trop de putains, trop de canotage, trop d’exercice ! "

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    Micheline Presle dans Boule de Suif de Christian-Jaque

    " Mais il me tarde de vous dire que je considère Boule de Suif comme un Chef d’oeuvre ! Oui jeune homme ! Ni plus, ni moins, cela est d’un maître. C’est bien original de conception, entièrement bien compris et d’un excellent style. Le paysage, les personnages se voient et la psychologie est forte. Bref je suis ravi."

    Guy de Maupassant à Gustave Flaubert

    " Mon cher Maître, j’ai vu Zola hier soir et il m’a dit que vous ne viendriez pas cet hiver ! Cette nouvelle m’a tellement étonné et désolé que je vous prie de me dire tout de suite si elle est vraie. Passer l’hiver sans vous voir ne me paraît pas possible ; c’est mon plus grand plaisir de l’année d’aller causer avec vous chaque dimanche pendant trois ou quatre mois."


    Le livre : Gustave Flaubert /Guy de Maupassant - Correspondance - Editions La Part Commune

  • Dostoïevski, mémoires d'une vie - Anna Grigorievna Dostoïevskaïa

    Dans l'intimité de l'écrivain

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    Il n’est pas si fréquent d’avoir, pour éclairer la vie d’un écrivain, le témoignage de son épouse, certains de leurs écrits sont parfois des actes vengeurs et enlèvent ainsi une part de crédibilité.
    Les mémoires d’Anna G Dostoïevskaïa ne sont pas du tout dans ce registre. D’un bout à l’autre on y sent la vérité, la sincérité et le souci d’une honnêteté totale.

    En 1866 Anna Grigorievna se voit proposer un moyen de gagner sa vie, M Olkhine son professeur de sténographie la propose pour aider un écrivain en difficulté qui doit rendre un livre dans un délai extrêmement court sous peine de voir tous ses droits sur ses livres précédents lui échapper. Elle accepte immédiatement car " Depuis mon enfance, le nom de Dostoïevski, romancier préféré de mon père, m’était familier " et elle a lu récemment Crime et châtiment
    Pour Fédor Dostoïevski c’est un ange tombé du ciel ! Il va pouvoir écrire le roman attendu dans les délais ce sera Roulettenbourg qui plus tard prendra le titre du Joueur et en même temps avancé la dictée de l’Idiot.

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    La première rencontre montre un Dostoïevski qui " était de taille moyenne. et se tenait très droit. Ses cheveux châtain clair et même légèrement roux étaient fortement pommadés et soigneusement lissés."
    Pendant ce travail en commun Dostoïevski va petit à petit se confier à Anna, parler de sa passion pour le jeu, des dettes énormes qu’il a contracté, et surtout de son épilepsie. Il faudra vingt six jours pour terminer le roman, et un mois pour que l’écrivain demande Anna Grigorievna en mariage.  

    Elle va pour 14 ans attachée sa vie à celle de l’écrivain. Elle sera pour lui une compagne dévouée, prête à passer plusieurs années à l’étranger pour permettre à son mari d’échapper aux usuriers. Elle est  un soutien constant pendant les années d’écriture des chefs-d’oeuvre : les Démons, les Frères Karamazov, elle partage avec lui les jours sombres où il s’est remis à jouer, les jours fastes où il est invité à la cour par le Grand-duc Constantin et la grande-duchesse Alexandra. Elle le suit lorsque Dostoïevski fait des lectures publiques de ses oeuvres malgré sa fatigue et malgré les crises d’épilepsie. Elle s’efface lorsqu’il est pressenti pour faire le discours en l’honneur de l’inauguration d’un monument à Pouchkine.
    Elle conduira son époux à sa dernière demeure au cimetière de Tikhvinsk dans la Laure Saint-Alexandre Nevski grâce à l’intercession du Grand-duc Constantin, entourée d’une foule nombreuse qui rendait hommage à l’écrivain du petit peuple.

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    Si vous aimez Dostoïevski ce livre vous plaira, il n’est en rien une analyse de l’oeuvre, mais il est le témoignage de la vie quotidienne d’un écrivain. Anna Grigorievna n’est pas écrivain, son livre ne vaut pas par le style. Il est attachant par la vivacité, la sincérité que l’on entend derrière les mots. On y découvre un homme pressuré par son entourage familial et qui ne sait rien leur refuser, un père de famille qui vénère ses enfants et qui s’occupe d’eux " c’est aussi un tendre père de famille pour lequel tout ce qui se passe dans la maison a une grande signification "
    On y voit vivre une famille russe au quotidien, les réceptions, les relations amicales, les difficultés, la résidence d’été, les voyages.
    Elle ne cache rien Anna Grigorievna la jalousie maladive de son mari,  les contraintes du travail du grand écrivain qui comme Balzarc, comme Dumas, court après l'argent

    " Il fallait de l’argent pour vivre, pour payer les dettes ; pour cette raison, malgré la maladie, et quelquefois le lendemain d’une crise, il était nécessaire de travailler, de se hâter, sans même revoir le texte écrit, pourvu que celui-ci pût être remis le jour fixé et rapporter le plus vite possible l’argent qu’on en attendait. "

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    Bureau de Dostoïevski

    C’est le manque d’ambition d’Anna qui rend le livre  si simple et si touchant. Jusqu’à la fin de sa vie après la mort de Dostoïevski, elle travaillera sans relâche pour défendre et éditer l’oeuvre de son mari. Elle ne parle de lui qu’avec admiration et amour " Il était bon, généreux, charitable, juste, désintéressé, délicat, compatissant "
    Elle sait nous le rendre vivant, proche et si l’on été admirateur de l’oeuvre on éprouve de la sympathie pour l’homme après avoir lu son récit.

    Si vous voulez une biographie de Dostoïevski centrée sur son oeuvre c’est le livre de Joseph Franck qu’il faut livre aux éditions Actes Sud.


    Le livre : Dostoïevski, mémoires d’une vie - Anna Grigorievna Dostoïevskaïa - Traduction André Beucler - Mercure de France

  • Un journaliste au temps de Louis XVI

    En 1785 Hérault de Séchelles effectue le voyage à Montbard pour rencontré M de Buffon

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     "J’avais une extrême envie de connaître M de Buffon"

    "Je vis une belle figure noble et calme"

     

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    "Quelle palpitation de joie me saisit lorsque j’aperçus de loin la tour de Montbard, les terrasses, les jardins qui l’environnent"

     

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    "Des prairies coupées par des rivières, des vignobles, des coteaux brillants de culture, et toute la ville de Montbard, ces jardins sont mêlés de plantations, de pins, de platanes, de sycomores, de charmilles et toujours des fleurs parmi les arbres."

     

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    "Je vis de grandes volières où Buffon élevait des oiseaux étrangers qu’il voulait étudier et décrire."


    Hérault de Séchelles effectua cette visite au grand naturaliste en 1785, élu à la convention, il perdit la tête en même temps que Danton, Camille Desmoulins et Fabre d’Eglantine.

    Une page sur la biographie de Buffon et un billet de Jean Jadin

    Livre : Voyage à Montbard - Hérault de Séchelles - Gallimard Le Promeneur

  • Une amitié littéraire

    Mon chère Maître

     

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    George Sand à Flaubert

    Nos vraies discussions doivent rester entre nous comme des caresses entre amants et plus douces, puisque l’amitié a ses mystères aussi, sans les orages de la personnalité.

    Moi, je crois que dans cinquante ans je serai parfaitement oubliée et peut-être durement méconnue. C’est la loi des choses qui ne sont pas de premier ordre et je ne me suis jamais crue de 1er ordre. Mon idée a été plutôt d’agir sur mes contemporains, ne fût-ce que sur quelques uns, et de leur faire partager mon idéal de douceur et de poésie.

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    Chez George Sand à Nohant


    Tu aimes trop la littérature, elle te tuera et tu ne tueras pas la bêtise humaine.

    L'art n'est pas seulement de la peinture. La vraie peinture est, d'ailleurs, pleine de l'âme qui pousse la brosse. L'art n'est pas seulement de la critique et de la satire. Critique et satire ne peignent qu'une face du vrai. Je veux voir l'homme tel qu'il est. Il n'est pas bon ou mauvais. Il est bon et mauvais. Mais il est quelque chose encore, la nuance, la nuance qui est pour moi le but de l'art. Etant bon et mauvais, il a une force intérieure qui le conduit à être très mauvais et peu bon, ou très bon et peu mauvais.

     

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    Nos vraies discussions doivent rester entre nous comme des caresses entre amants et plus douces, puisque l’amitié a ses mystères aussi, sans les orages de la personnalité.

    C’est une bonne leçon que la souffrance physique quand elle vous laisse la liberté d’esprit. On apprend à la supporter et à la vaincre. On a bien quelques moments de découragements où l’on se jette sur son lit ; mais moi je pense toujours à ce que me disait mon vieux curé quand il avait la goutte : ça passera ou je passerai.



    Flaubert à George Sand 

    Ne vous ayant pas près de moi, je vous lis ou plutôt relis. J’ai pris Consuelo, que j’avais dévoré jadis dans la Revue Indépendante.
    J’en suis, derechef, charmé. Quel talent, nom de Dieu ! Quel talent ! C’est le cri que je pousse par intervalles, dans le «silence du cabinet». J’ai tant pleuré pour de vrai, au baiser que Porpora met sur le front de Consuelo !... Je ne peux mieux vous comparer qu’à un grand fleuve d’Amérique. énormité et douceur.

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    Croisset chez Gustave Flaubert


    Non, chère maître, vous n’êtes pas près de votre fin. Tant pis pour vous, peut-être. Mais vous vivrez vieille et très vieille, comme vivent les géants, puisque vous êtes de cette race-là ; seulement, il faut se reposer. Une chose m’étonne, c’est que vous ne soyez pas morte vingt fois, ayant tant pensé, tant écrit, et tant souffert. Allez donc un peu, comme vous en aviez tant envie, au bord de la Méditerranée. L’azur détend et retrempe. Il y a des pays de jouvence, comme la baie de Naples. En de certains moments, ils rendent peut-être plus triste ? Je n’en sais rien.
    La vie n’est pas facile ! Quelle affaire compliquée et dispendieuse !

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    Vous m’écrivez de belles choses sur «l’affection désintéressée». Cela est vrai, mais le contraire aussi ! Nous faisons toujours Dieu à notre image.

    Au fond de tous nos amours et de toutes nos admirations, nous retrouvons nous, ou quelque chose d’approchant. Qu’importe, si nous est bien !
     Mon moi m’assomme pour le quart d’heure. Comme ce coco-là me pèse sur les épaules par moments ! Il écrit trop lentement et ne pose pas le moins du monde quand il se plaint de son travail. Quel pensum ! Et quelle diable d’idée d’avoir été chercher un sujet pareil ! Vous devriez bien me donner une recette pour aller plus vite ; et vous vous plaignez de chercher fortune ! Vous !


    Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j’ai entendu de jolis mots à la prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre.
     C’est la haine que l’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.

     

    Le livre : Gustave Flaubert George Sand - Correspondance - Editions Flammarion

  • Un pour tous et tous pour un

    D'Artagnan peut encore séduire

     

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    Un enfant de dix ans, une vieille dame de 83 ans, touchés par les Trois Mousquetaires plus de 150 ans après leur parution, voilà qui a suffit à me de convaincre de découvrir le pourquoi et le comment de ce succès prodigieux, j’ai décidé de partir à la rencontre de d’Artagnan, de Dumas et du roman.

    Avant de nous introduire dans les secrets de la création des  Mousquetaires, l’auteur nous trace à grands traits la vie de Dumas, c’est rondement mené, sans aucun superflu, juste ce qu’il faut pour prendre la mesure du personnage. Le journalisme, les débuts puis les succès au théâtre où il dame le pion au grand Victor Hugo et comme le succès ne nourrit pas son homme, Dumas va se tourner vers le genre qui a valu la gloire à Eugène Sue : le roman feuilleton.
    C’est la naissance de "l’attelage Dumas-Maquet" l’écrivain et son nègre rapproché par un même goût pour l’histoire.
    Et il va écrire, écrire pour manger, écrire pour s’amuser, écrire pour payer ses dettes, écrire ...écrire ...écrire
    Elle a choisi son camp Simone Bertière, celui de Dumas contre Maquet , non qu’elle ne reconnaisse pas le travail du " nègre" mais pour elle c’est Dumas qui tient les commandes, qui décide, qui tranche, les scénarios sont de lui, le créateur et l’exécutant.

    Et c’est l’état de grâce : entre mars 1844 et juin 45 c’est le triomphe des Trois Mousquetaires, de Monte Cristo, la Reine Margot et Vingt ans après. Excusez du peu !

     

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    Les Trois Mousquetaires, coup d’essai, coup de maître. Dumas a tiré son inspiration de faits réels on le sait mais il ne s’embarrasse pas trop de  vérité historique, d’un très mince épisode il tire tout son roman. Tout de suite on sait qui sont les héros, Buckingham et Anne d’Autriche ne sont somme toute que des faire valoir " Entre les aventures des Mousquetaires et celles des princes, Dumas a clairement choisi : il nous raconte l’histoire de d’Artagnan et de ses amis. "

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    Son coup de génie c’est ce quatuor avec une belle distribution, Porthos est un personnage de comédie, Aramis traine un parfum de complot et Athos  son noir destin. L’action lancée, les valets se joignent à la fête, Constance Bonacieux va ajouter la touche romantique et bien sûr la touche  sulfureuse est donnée par Milady.
    C’est intelligent, le tempo est vif, sans temps mort, les aventures se succèdent, on voit s’affermir les caractères " Courage, sang-froid, lucidité"  l’amour et la politique s’entremêler. "ils se battent. Et ils gagnent."
    Il y a des anomalies ? des inexactitudes historiques ? oui c’est vrai le récit "va son grand chemin, à franc étrier, à bride abattue, il nous entraine dans un tourbillon d’aventures échevelées, rebondissantes, où nous oscillons entre la surprise et l’attente comblée."

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    Je vous confirme que ça marche encore aujourd’hui à l’heure de Harry Potter et Avatar, il y a encore une place pour d’Artagnan. Proposé en lecture audio à un petit garçon de 10 ans, les Mousquetaires ont fait un tabac.

    Pour terminer je vous laisse avec Dominique Fernandez un fan d’Alexandre depuis toujours.
     “L'heure de la réhabilitation n'est-elle pas venue pour Dumas également ? Quand je demande à mes amis : « Avez-vous lu le Vicomte de Bragelonne, la Comtesse de Charny, le Comte de Monte-Cristo ? ils me répondent : “Autrefois, à quatorze, quinze ans" Ou bien ils n'osent plus lire Dumas, ou bien ils n'osent pas avouer qu'ils continuent à le lire. Dans les deux cas, ils relèguent Dumas dans un casier inférieur de leur conscience. Dumas n'étant pas un auteur qu'on peut révérer, ils se sentent vaguement coupables de l'aimer, ou de l'avoir aimé »

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    Le livre : Dumas et les Mousquetaires - Simone Bertière - Editions Le Livre de poche
    Le CD audio  chez Autrement dit  avec la voix magique d’Alain Carré
    Pour les passionnés :  Les Douze muses d’Alexandre Dumas - Dominique Fernandez - Editions Grasset