Les merveilles de la nature

Deux petits tours du côté des insectes et des oiseaux pour en apprendre un peu plus et surtout pour le plaisir
C'est ici dès demain
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Les merveilles de la nature

Deux petits tours du côté des insectes et des oiseaux pour en apprendre un peu plus et surtout pour le plaisir
C'est ici dès demain
Bribes de poésie alsacienne
Le sous-bois est recouvert d’herbes et d’anémones
et les bouleaux portent tous une couronne
vert pâle faite de jeunes feuilles scintillantes.
Réveillés par les cloches, les merisiers
ont revêtu des aubes de communiantes
pour éparpiller leur floraison
Ah ! comme alors tout est simple dans ta vie :
ici un chemin en lisière des bois, là un prunellier
avec ses petites baies bleues, un pierre pas loin,
des papillons qui survolent les trèfles
et sur l’eau des fossés de petites feuilles qui dérivent
comme s’en vont tes soucis et tes maux terrestres.
Il neige
Penché par-dessus les montagnes et les vergers
le soir avec ses troupeaux de nuages
se prosterne
et c’est comme s’il dispensait la paix
sur la terre.
L’auteur : Alsacien qui fit le choix d’écrire dans son dialecte, imperméable à la comédie sociale et qui n’avait d’autre joie que de courir les forêts et les prés. Son frère maire de Guebwiller fut décalré « juste parmi les nations ». Il appartint à une génération qui vit deux guerres mondiales et il changea de nationalité.
Le livre : Par les fossés et par les haies - Emile Storck - Editions Arfuyen
La Guerre de Troie a bien eu lieu

Il y a quelques semaines j’avais fait un billet sur une traduction de l’Iliade, l’occasion pour moi de relire ce long récit hors de tout sentier scolaire.
J’aime l’antiquité, son histoire, ses écrivains, ses philosophes et ses grands textes.
Voilà pourquoi j’ai lorgné sur un roman très curieux qui met en scène Patrocle, le héros un peu oublié de l’Iliade. Si on a tous à peu près en tête la colère d’Achille, Ménélas en mari délaissé, Iphigénie en martyr, Patrocle lui est un peu falot.
Le sacrifice d'Iphigénie
Admettez l’improbable et imaginez Patrocle nous racontant son enfance, sa rencontre avec Achille « Le meilleur de tous les grecs » et sa Guerre de Troie.

Thétis et Pelée
Tout ça démarre assez mal pour Patrocle, prince déchu, qui trouve refuge très jeune au royaume de Phtie « Pélée, son roi, était l’un de ces hommes aimé des dieux : sans être divin, il était intelligent, courageux, beau, et aucun des ses pairs ne pouvaient égaler sa piété. ».
Il se lie d’amitié avec Achille, amitié qui au fil du temps se transforme en passion amoureuse. Mais la mère d’Achille veille au grain « Thétis était rusée et capable de donner à sa peau mille aspects changeants de fourrure, de plumes et de chair » et la contrarier n’est pas de bon augure.
Quand Achille est appelé pour aller guerroyer pour récupérer la belle Hélène, Patrocle va s’engager dans l’armée Grecque à ses côtés.
Résumé rapide pour une histoire connue, alors quel est l’intérêt de ce roman ?
L’auteur spécialiste de grec et de latin et universitaire confirmée réussit un tour de force. Elle nous transporte dans cette Grèce antique auprès de deux jeunes gens plus épris de soleil, d’art du combat, de médecine, de chaudes nuits amoureuses que de rejoindre l’armé d’Agammemnon.
Elle invente les détails des relations entre les personnages qu’ Homère n’a jamais donné. Nous participons à tout, à la constitution de l’armée grecque, aux échanges avec le rusé Ulysse, très agaçant Ulysse je dois le dire, et à l’envie de faire mordre la poussière à un Agammemnon plein de morgue.

Menelas soutenant le corps de Patrocle © Lu Dahlem
Elle fait tout cela d’une plume très prenante s’appuyant sur toutes les légendes qui nous restent en tête et qui voient les dieux venir se mêler de la vie des humains, Thétis en mère jalouse est très convaincante, et leur promettre un destin glorieux.
C’est la jolie métamorphose d’une légende en un récit très contemporain grâce à la belle imagination de Madeline Miller.

Le livre : Le chant d’Achille - Madeline Miller - Traduit par Christine Auché - Editions Rue Fromentin - 2014
Les anciens une valeur sûre
Petit à petit j’essaie de remplacer mes vieux livres de poche par des livres brochés plus agréables à lire et plus durables.
Donc je surveille les parutions et c’est comme ça que j’ai trouvé les oeuvres de Tacite dans la collection bouquin.
Oui oui je sais que parmi vous certains et certaines se sont cassés les dents sur les versions de Tacite mais que voulez vous moi que n’ai jamais souffert sur les versions latines et j’ai un faible pour ces textes !
Il faut dire que sans être chauvine il est un peu de chez nous Tacite il est né en Gaule Narbonnaise et certainement à Vaison la Romaine !
C’est un historien sérieux, « Maître de la langue latine » rien à voir avec Suétone qui fait plutôt une histoire à la Closer si vous me passez l’expression.
Cette nouvelle parution regroupe les Histoires et les Annales plus quelques textes moins connus, une partie a été retraduit.

Deuxième tentation à laquelle je n’ai pas su résister, depuis longtemps je voulais une version intégrale des Vies de hommes illustres de Plutarque, que voulez vous à force de lire Montaigne j’étais plus que tentée de m’y mettre.
En faisant un tour sur les sites d’occasion je suis tombée sur une édition superbe, reliure cuir en coffret et une impression ancienne magnifique avec lettrines et gravures, le tout en excellent état et au même prix que la version Quarto tout molle.
Et me voilà avec de la lecture pour longtemps

Je pourrais dénommer ainsi mes deux prochains billets mais ça ne serait pas tout à fait exact.
Un billet pour vous parler de mes acquisitions récentes d’auteurs de l’antiquité
Et une jolie surprise avec un roman d’aujourd’hui sur le monde d’hier
C’est ici dès demain
Enchanter le monde
Plateau du Contadour
Après les épisodes biographiques il est temps de revenir à l’important.
Revenir à un livre que l’on avait pas eu l'envie de lire jusqu'à aujourd'hui, mais là c'est le bon moment.
Je me suis vraiment sentie en phase avec Bobi l’homme qui va tout changer sur le plateau de Grémone.
Giono s’énervait énormément quand ses lecteurs bêtifiaient sur la Provence du soleil, lui voyait plutôt une terre dure, ingrate souvent où l’homme s’accroche désespérément dans une solitude parfois profonde.
Imaginez un plateau soumis aux éléments où Jourdan et Marthe s’échinent jour après jour sans espoir d’un avenir meilleur, ils s’usent dans une solitude totale, mais un jour Jourdan est pris d’une certitude : quelqu’un va venir.

Nuit étoilée Vincent Van Gogh
« C’était une nuit extraordinaire. Il y avait eu du vent, il avait cessé, et les étoiles avaient éclaté comme de l’herbe. Elles étaient en touffes avec des racines d’or, épanouies, enfoncées dans les ténèbres et qui soulevaient des mottes luisantes de nuit. »
La nuit était trop belle « On y voyait comme en plein jour. Alors lui prit l'envie d'aller labourer une pièce de terre derrière la ferme, nullement de nécessité, d'envie seulement. » mais « il s'était dit que s'il doit venir ce sera par une nuit pareille. »
Et Bobi l’homme libre, le vagabond qui a soigné les lépreux arrive.
Il charme hommes et bêtes. Il vient pour apporter la joie, le partage, la solidarité. Un vent de folie se met à souffler sur le plateau. On peut repousser l’adversité, partager le bon et le moins bon, mettre en commun les ressources et les efforts.
On peut même apporter un peu de beauté en semant des fleurs sur le plateau, en plantant des haies pour faire revenir les oiseaux et du coup on entendait « autour du plateau l’élargissement de la vie du monde »
On pourrait même organiser un grand banquet pour fêter la nouvelle communion avec la nature.

© edith Berger peintre du Trièves
Et la vie change, se fait plus douce, plus joyeuse alors Jourdan dit à Bobi « Reste avec nous » et les femmes sensibles à ses paroles se font plus tendres, Zulma, Joséphine et Honorine, Hélène et Aurore et même Fabre celui qui lit des livres s’est laissé convaincre.
Mais la joie n’est pas toujours paisible, elle peut aussi être « batailleuse et passionnée. »
Je ne peux que vous invitez à lire ces pages superbes et à vous laissez prendre par la parole de Bobi jusqu’à ce que tout change quand « Le vent bleu monta de la mer. »
Giono a des accents Virgiliens dans ce roman, Giono aimait l’oeuvre de Virgile et elle déteint sur ce roman.
Il parvient à donner à son récit une belle ampleur, son conte prend des allures de tragédie antique. La dernière page du livre est tout à fait magique et l’on garde les mots en soi, sachant qu’on ne les oubliera pas.

Le livre : Que ma joie demeure - Jean Giono - Editions Grasset Les cahiers rouges