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A sauts et à gambades - Page 146

  • Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano

    C’est après une visite de la maison de Zola qu’Evelyne Bloch-Dano décida d’écrire une biographie de Madame Zola afin de nous dire comment la petite lingère devint la femme d’un des hommes les plus célèbres, les plus honnis, les plus admirés.

     

    La vie des grands hommes est rarement un long fleuve tranquille et parfois les compagnes en paient le prix, je vous laisse relire comment Sofia Tolstoï fut traitée en son temps.

     

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    Portrait de Madame Zola par Manet - Musée d'Orsay

    C’est l’histoire d’une femme qui longtemps souffrit de sa non reconnaissance. Gabrielle fut tout d’abord une grisette qui pose pour les Impressionnistes, qui fait du canotage sur les bords de Seine. 

    Sa rencontre avec Emile va totalement changer sa vie, il fut l’unique passion pour cette jeune femme peu éduquée que les Goncourt jamais en reste d’une amabilité qualifiaient de « poissarde ». 

    Elle est la muse fidèle, l’organisatrice des dîners amicaux ou mondains qui « sont 1'œuvre commune de Gabrielle et d'Émile, une sorte de fête de famille élargie, un rituel amical, même s'ils ont dès le début une portée artistique non négligeable »

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    Alexandrine 

    Elle est aux côtés de Zola quand la presse le cloue au pilori après la publication de Thérèse Raquin « longue série d'articles injurieux qui dénoncent avec une violence inouïe l'immoralité de Zola. »

    C’est un couple qui vit dans le pêché ! le mariage n’interviendra que des années plus tard, elle en profitera à ce moment là pour changer de prénom comme pour effacer une ardoise un peu lourde à porter.

    Gabrielle est devenu Alexandrine, elle est une femme respectable, « elle s'offre plus qu'une virginité : un baptême » et le mariage semble leur avoir ouvert les portes de la réussite car cette année là parait le premier roman des Rougon.

    Toute dévouée « Elle veille sur son mari comme sur un grand naïf prompt à se décourager ou à se laisser berner. »

    Ce sont les années d’intense création entre « 1871 et 1877, il publie La Fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l'abbé Mouret, Son Excellence Eugène Rougon et L'Assommoir. »

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    Maison de Zola à Médan

    Le cercle des amis s’agrandit « Il se lie aussi avec Gustave Flaubert, Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev, et des dîners littéraires les réunissent régulièrement »

    Emile est devenu célèbre, Alexandrine participe à l’animation des soirées de Médan où se croisent Monet, Cézanne, Manet

     

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    Henri Fantin-Latour Un atelier aux Batignolles
    Paris, musée d'Orsay© photo RMN, Hervé Lewandowski

     

    Mais Alexandrine n’a pas réussi à lui donner un enfant. Le couple va connaitre une crise très violent lorsque Zola tombe amoureux de Jeanne Rouzerot et lui fait 2 enfants : Denise et Jacques

     

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    Zola, Jeanne et leurs deux enfants

     

    « voici donc Alexandrine dans le rôle ingrat de l'épouse vieillissante, frigide et trompée. »

    Cette femme bafouée ne va pourtant pas baisser les bras et « Tout au long de l'Affaire, Alexandrine sera l'alter ego de Zola, sa correspondante de guerre, son témoin numéro 1. »

     

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    Elle est là dans l’exil « le rôle de Madame Zola est tracé : elle est « la gardienne et la dévouée », chargée de représenter et défendre l'écrivain. Elle va s'y consacrer à plein temps, y puiser des forces neuves - et surtout y gagner une stature que sans l'exil, elle n'aurait jamais acquis »

     

    Une belle biographie tracée par Evelyne Bloch-Dano dont j’avais déjà apprécié le portrait de Madame Proust. Elle nous fait aimé cette femme qui eu à la fin de sa vie un geste beau et magnanime en oeuvrant pour qu’ « un décret officiel accorde à Denise et Jacques le droit de porter le nom de leur père : Émile-Zola. »

     

    Pour retrouver tous mes billets sur Zola c'est ici

     

     

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    Le livre : Madame Zola - Evelyne Bloch-Dano - Editions Grasset numérique

  • Pour en finir avec Zola

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    Le titre du billet est un peu provocateur, mais c’est moi que je provoque, j’avais décidé il y a quelques mois de lire Les Rougon Macquart de bout en bout et dans l’ordre, chose que je n’avais jamais fait.

     

    Mais voilà j’ai calé sur un roman et du coup je me suis arrêtée là.

    J’ai décidé de reprendre quitte à sauter certains titres que j’ai déjà lus comme Germinal ou qui ne m’accrochent pas du tout comme Nana

     

    Je ne dis pas que je vais lire ça en deux temps trois mouvements mais je suis de nouveau en route et j’en profite pour enrichir ma lecture d’une biographie.

     

    Rendez-vous ici dès demain

  • L'âne et l'abeille - Gilles Lapouge

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    « Jésus décida de récompenser l'âne de Bethléem. il donna à tous les descendants de cet âne le pouvoir de rire.»

     

    Voilà un homme qui aime les chauve-souris et les colibris mais qui fait carrément une fixation sur les ânes et les abeilles. 

    Son choix est poétique, c’est la faute non pas à Voltaire mais à Francis Jammes et au divin Platon.

    Tombé dans le poème de Francis Jammes quand il était jeune, mais si vous savez...

     

    J’aime l’âne si doux
    marchant le long des houx.
     
    Il prend garde aux abeilles
    et bouge ses oreilles 

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    Celui là se nomme Séraphin

    Voilà notre homme qui s’embarque dans un livre où il est question du mariage improbable de ces deux animaux.Gilles Lapouge est amoureux à la fois de l’âne « qui bouge ses oreilles » et de l’abeille industrieuse.

    L’âne têtu (et ce n’est pas un mythe) et humble comme celui de la crèche à qui il manque une vertèbre ce qui le rend corvéable à merci, ne dit-on pas âne bâté ?

    L’âne marche, musarde, flâne, « L’âne est tenté par l'anarchie. » alors que l’abeille chacun sait qu’elle est une travailleuse hors pair, acceptant de se dévouer corps et âme pour sa reine et qui nous donne son miel. Gilles Lapouge nous dit

    « Ses colonies et ses ruches préfigurent les sociétés glaciales, techniciennes, sans ferveur ni déchirements, barbares en somme, modernes en somme »

    L’abeille elle philosophiquement n’est pas pour l’anarchie  « L’abeille est utopiste, à la manière de Platon et de Thomas Moore. » et elles sont résolument pour une société loin de tout individualisme.

     

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    « Les abeilles, en s'associant les unes avec les autres, sacrifient leur indépendance, leur insouciance, leur goût du plaisir et leur passion de l'inutile. »

     

    Ânes et abeilles, ils les passe tous en revue, de Modestine accompagnant Stevenson, aux pauvres ânes des tranchées de Verdun (ils y étaient !) en passant bien évidemment par La Fontaine incontournable quand il s’agit d’animaux. Mais il y a aussi : la Bible, la mythologie, Homère, Aristote ou l’inévitable Marcel P.

    Pour les abeilles c’est itou, des blasons à l’étude des ruches, aux savants qui se sont interroger sur la fabrication du miel et sur le sexe non pas des anges mais des bourdons, là Lapouge est ferme : l’abeille n’a pas de vie sexuelle qu’on se le dise ! si ce n’est avec des fleurs....alors que l’âne lui est un des seuls animaux à s’accoupler hors de son espèces ! oh voilà bien un « exhibitionniste » osé ! 

     

    C’est une lecture délicieuse, douce comme le miel mais qui requière la ténacité de l’âne car Gilles Lapouge n’est pas en reste d’érudition et remonte allègrement les siècles pour nous enchanter. Je vous avertis que quand Lapouge vous tient il ne vous lâche plus et que l’on file doux 

    Un livre qui en en même temps fable philosophique, essai scientifique mais surtout une fantasia poétique et amoureuse.

     

    Le livre : l’âne et l’abeille - Gilles Lapouge - Editions Albin Michel 

     

  • Où mène la poésie et la philo


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    La poésie et la philosophie peuvent parfois emporter un auteur jusqu'à la folie.

    Enfin je dis folie mais c'est une folie joyeuse, drôle et pleine de surprise. je vous donne un indice

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    Dès demain découvrez un auteur qui aime les chauve-souris, les colibris et bien d'autres animaux.

  • A la pêche aux moules

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    Je vous abandonne quelques jours.

    je vais sur une île pour me gaver d'huitres, de marées, de petits enfants et d'amitié.

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  • Du sang au cercle polaire

    J'adore lire hors saison, pas vous ?

    Enfourchez votre motoneige et en route pour Kiruna.

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                  Au pays de la foi religieuse

     

    Le premier roman met en scène Viktor Strandgård qui à l’heureux privilège de mourir pour la deuxième fois. « Une ferveur religieuse sans précédent s'est emparée de la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, depuis que le charismatique Viktor Strandgård, le Pèlerin du Paradis, a survécu à un terrible accident et est revenu d'entre les morts » mais maintenant « il gît sur le dos les yeux fixés vers le ciel qu’on découvre à travers les immenses verrières. Comme si rien ne le séparait du ciel noir de l’hiver, au-dessus

     

    Sanna sa soeur est aussitôt soupçonnée et elle fait appel à Rebecka Martinsson. Cette jeune avocate a quitté le village et est maintenant avocate fiscaliste mais sous l’emprise des souvenirs elle va accepter d’aider Sanna. 

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               Kiruna et son hôtel de glace : brrr à vous faire froid dans le dos

     

    Dans le second polar nous sommes toujours à Kiruna mais c’est la femme d’un pasteur qui est retrouvée morte : Mildred Nillson

    Rebecka Martinsson est là en mission pour le cabinet d’avocat pour lequel elle travaille. Cet assassinat va la remettre sur les traces de son passé. 

     

    Dans les deux romans les enquêtes sont menées par  Sven Erick Stanalcke et Anna Maria Mella qui ont du mal à démêler le vrai du faux, la superstition de la réalité, 

    L’auteur nous entraine donc en Laponie suédoise à portée de motoneige du cercle polaire, un bout du monde où la population subit l’emprise des religieux, où les comportements sont le plus souvent dictés par la superstition et la peur.

    Ce sont des enquêtes classiques, ce que j’ai aimé c’est l’atmosphère glauque et éprouvante portée par un puritanisme et un sectarisme religieux qui glacent le sang.

    De belles descriptions de la nature suédoise illustrent les deux polars qui s’appuient sur les pires travers des hommes.

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     « Un soleil d’or rose descend sur les douces collines comme une cloche de lumière. Un bateau qui fait la balade entre les îles de l’archipel glisse dans le chenal. Les roseaux sur la berge bruissent dans l’air du soir et leurs têtes de velours se confient des secrets. »

     

    Malgré quelques passages assez mal traduits, c’est agaçant à la lecture mais ça ne gêne en rien le suivi de l’intrigue, j’ai eu du plaisir avec ces deux polars.

    L’auteur juriste de formation mène une intrigue bien travaillée, elle sait parfaitement faire ressentir le poids du passé, elle brouille les pistes pour tenir le lecteur en haleine, ses portraits sont de bonne facture. 

    On est un peu sidéré de découvrir une Suède en proie au fanatisme religieux, cette sombre atmosphère est parfaitement rendu par Åsa Larsson et je dois dire que je me suis laissée embarquée. Je vous conseille de les lire dans l’ordre c’est mieux pour le suspens.

     

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     Les polars :

    Horreur boréale - Åsa Larsson - Editions Gallimard Série noire et folio

    Le Sang versé - Åsa Larsson - Editions Albin Michel