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Il y a dans la cour un arbre merveilleux La profusion des fleurs jaillit du vert feuillage J’attire les rameaux, je cueille leur splendeur Je vais en faire hommage à l’ami de mon coeur
De mon amour m’écarte un long chemin Je me retourne, cherche des yeux mon vieux village La longue route à l’infini coule et s’écoule Quand les coeurs sont unis mais les lieux séparés, Quel douloureux chagrin nous mène au bout de la vieillesse !
Les livres pour la Chine Les Dix neuf poèmes anciens - Traduits par Jean Pierre Dieny - Editions Les Belles lettres La peinture des paysages de la Chine ancienne - Mingsong Geng - China Intercontinental Press
Juste après avoir lu la biographie de Shakespeare j’ai lu la nouvelle traduction des sonnets parue chez P.O.L, dans le même temps j’ai lu chez BOLun poème de Francisco de Quevedo que j’aime particulièrement mais qui dans mon exemplaire est assez différent.....alors je vous propose une petite expérience
Deux exemples, chaque fois après la langue originale les deux traductions avec le nom du traducteur et l’année de la traduction.
Les choix sont différents, il y a ou non respect total de la forme.
Je suis frappée par la différence qui se dégage dans chaque exemple, cela confirme quel art difficile est celui de la traduction et que dire de la traduction de poèmes !
L’original en Espagnol
"¡Ah de la vida!"... ¿Nadie me responde? ¡Aquí de los antaños que he vivido! La Fortuna mis tiempos ha mordido; las Horas mi locura las esconde.
Jacques Ancet 2011
"Hé là ! la vie !" ... Personne ne m´entend ? À moi, les autrefois que j´ai vécus ! Dans mes années, la Fortune a mordu; Les Heures, ma folie leur fait écran.
Bernard Pons 2003
« Holà, vivants ! »....Personne qui réponde ? A moi jadis et antans de ma vie ! La Fortune dans mes jours a mordu ; Les Heures, ma folie me les dérobe
Et pour la langue anglaise
Un sonnet fameux qui a fait les beaux jours du cinéma
les quatre premiers vers du poème et la chute en deux vers
Let me not to the marriage of true minds Admit impediments, love is not love Which alters when it alteration finds, Or bends with the remover to remove.
If this be error and upon me proved, I never writ, nor no man ever loved.
Frédéric Boyer 2010
non pour moi un mariage d’amour ne connaît pas d’obstacle amour n’est pas l’amour s’il change pour changer ou suit le premier à quitter la place
si j’ai tord et qu’on me le prouve alors jamais je n’ai écrit jamais personne n’a aimé
Henri Thomas 1994
Non, je n’admettrai pas d’obstacle au mariage Des coeurs sincères. Cet amour n’est pas l’amour, Qui change quand il trouve ailleurs un changement, Ou se détourne dès que l’autre se détourne,
Si c’est erreur, s’il est prouvé qu’elle soit mienne, Je n’ai jamais écrit, nul n’a jamais aimé.
Où vont vos préférences ?
Les livres : Sonnets de Francisco de Quevedo - Edition bilingue José Corti 2003 Les Furies et les peines - Editions Gallimard Poésie 2011 Sonnets de William Shakespeare - Editions Le Temps qu’il fait 1994 Sonnets de William Shakespeare - Editions P.O.L 2010
Vous avez autour de vous des passionnés de la Russie, de son histoire, de ses écrivains, et de ses poètes. Pour terminer cette année dédiée à ce pays regarder fleurir l’églantier avec Anna Akhmatova.
L’églantier fleurit et autres poèmes - Anna Akhmatova - Traduits par Marion Graf et José-Flore Tappy - Editions La Dogana Une trajectoire de poète qui commence en 1912 avec son premier livre à 1966 l’année de sa mort. Elle est l’ami de Mandelstam, de Joseph Brodsky. Elle traverse deux guerres et une révolution, témoin et victime d’une histoire violente et cruelle, elle chante son pays de tilleuls et de bouleaux, son pays parfois rouge de sang. Elle chante son amour pour un absent le poète Goumiliov, son amour pour sa patrie et la liberté à jamais perdue.
Les tonalités de ses poèmes sont très variées
De l’espoir
Bien du bonheur est dévolu A qui suit librement sa route
A l’amour de la vie
Je fais des vers joyeux Sur la vie éphémère, éphémère et superbe
A l’amour de son pays
C’est le mélilot et l’abeille Poussière, ombre et canicule.
Les rivières bleues
Les saules d’argent
La merveille des tilleuls
A son bien aimé. Son amour perdu avec qui elle ne pourra plus rien partager Un amour toujours présent, amour jusqu’à la douleur, même quand vient la peur, l’horreur « dans un sanglot sans fin »
Il aimait trois choses au monde : Le chant des vêpres, les paons blancs Et les vieilles cartes d’Amérique.
Mais nous vivrons d’un seul amour
Elle est intolérable La douleur du silence amoureux Tout est fini ...Et ma chanson résonne Dans la nuit vide où tu n’es plus.
Automne triste comme une veuve Vêtue de noir, embrume tous les coeurs
La plainte parfois s'élève, cri de souffrance d’une femme et de tout un peuple
Trois ans sans fermer l’oeil Et chaque matin s’enquérir De ceux qui sont morts dans la nuit
A l'heure où s'écroulent les mondes
... ma bouche suppliciée Par laquelle crie un peuple de cent millions d’âmes.
J’étais alors avec mon peuple Là où mon peuple était pour son malheur
Et continuer d’écrire, continuer de vivre
Il faut changer mon âme en pierre, Il faut réapprendre à vivre
Une édition bilingue de neuf courts recueils, du très connu « Requiem » à celui qui donne son titre à l’ensemble « L’églantier refleurit ». Un livre qui rend un bel hommage à Anna Akhmatova, une très belle traduction et une élégante présentation font de ce livre un cadeau pour tout amateur de poésie.
Quand nul ne la regarde la mer n’est plus la mer, Elle est ce que nous sommes Lorsque nul ne nous voit ....
Jules Supervielle
" Lui qui avait à sa disposition au moins deux continents, de l’Uruguay à la France, au moins un océan tout entier, l’Atlantique, des oiseaux fabuleux et l’arbre à goyaves, et les étendues superbes de la pampa, on le vit peu à peu jeter par-dessus bord l’exotisme, la couleur locale, la fantaisie volontaire, et se contenter de la moindre chose : être un homme vulnérable qui sent son coeur battre." " Dans le ton de Supervielle il y a cet instinct de l’inusité ou de l’imprévu qui donne à ses poèmes une grâce incomparable"
RetrouvezSupervielle et l'Uruguay Le Livre : La Conversation des poètes - Claude Roy - Editions Gallimard