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Bribes et brindilles - Page 43

  • Emily la dame blanche

     

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    Emily Dickinson

    " Emily a deux tables sur lesquelles elle aime écrire, l’une dans sa chambre, l’autre dans le salon.
    Un chèvrefeuille appuie ses arabesques contre la vitre du salon et, par la fenêtre entrouverte de sa chambre, l’été, du côté du pré, les chants qui s’élèvent du sorbier aux oiseaux bénissent son écriture.
    Les poèmes serrés sur le papier diffusent la même lumière d’or que le blé rassemblé en meules dans le pré. Ce ne peut être le paradis puisque l’on doit mourir. C’est quelque chose qui y ressemble, qui rassure et qui trompe.
    "

     
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    "Par une trappe dans le ciel du langage — qu’elle seule sait crocheter — Emily fait tomber sur l’homme repu de littérature des lumières qui l’aveuglent. Elle lui montre les forges de sa pensée : ses poèmes naissent en réplique à une « lumière soudaine dans les vergers » ou à un « mode nouveau du vent ». Ecrire est une manière d’apaiser la fièvre du premier matin du monde qui revient chaque jour."

     

    Le livre : La Dame blanche - Chrisitan Bobin - Gallimard
    Image  Fleur de narcisse des poètes

  • Temples grecs

     

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    Agrigente

    "Les colonnes d'Agrigente élèvent un hymne, se parlent et se répondent par strophes et antistrophes que nul n'entend"

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    Paestum

    "Cette pierre est d'or translucide. Au coucher du soleil, un flot de sang circule dans cet albâtre transparent, au grain délicat et sensible : onde si pure, si parfumée, si inépuisable même, que les colonnes de Neptune sont les vraies roses de Paestum.
    Au ciel, les tendres nuées de l'heure suprême s'élèvent et se dissipent : comme l'encens d'un autel mystérieux, les vapeurs montent du jour évanoui, et les tisons du brasier solaire fondent avec langueur en fumées d'or rouge, qui palpite."

    Le livre : Temples grecs Maisons des dieux - André Suarès - Editions Granit

  • Pline l'ancien

    A toutes autres espèces donna à se vestir
    Chacun en suffisance et selon son besoin
    Ainsi fournit coquille, et gousse et peau épaisse,
    Piquants, fourrure drue, soies, poils, duvet et plume,
    Longue penne, dure écaille, toison de molle laine
    Jusqu’aux troncs et aux tiges des arbres et des plantes,
    Qu’elle défendît d’écorce et de mince pelure,
    Et quelquefois redoublant l’effet,
    Contre les durs assauts et du chaud et du froid ;
    Et seul l’homme, pauvre hère, elle a laissé tout nu,
    Posé sur la terre vierge et depuis sa naissance,
    Gémissant et piaulant depuis le premier jour,
    Depuis la première heure de sa venue au monde.

     

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    Peintures rupestres - Jabbaren Libye

     

    Le livre : Histoires naturelles - Pline l'ancien

  • Monsieur de La Tour

     

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    " Bien qu’il sût que les images trompent et que les mots mentent, il se doutait que le feu qui brûle dans le coeur des hommes est plus ardent qu’un brasier allumé durant l’hiver. Que l’âme des hommes qui se cherchent tout  au long de la vie, et jusque dans la mort, est bien plus forte que la nuit la plus obscur.(..)
    La neige redoublait. Monsieur de La Tour se mettait alors à peindre"

     

    Le livre : Christian Birgin - La mort de Pouchkine - Editions Arléa
    Le tableau : George de La Tour - Madeleine en pénitence Metropolitan Museum of Art New York.

     
  • Bribes et Brindilles Gérard Macé

    " L’eau et le coeur, l’arbre et le feu, la porte et le toit....Agrippée au ciel où elle imprime un sens, l’écriture chinoise est une liane enroulée autour du vide, une tresse autour de la pensée."

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    L’ homme toujours debout,

     

     

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    la femme toujours assise

     

     

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    Livre : Leçon de chinois - Gérard Macé - Editions Fata Morgana

  • Un café à Venise

     

    " Mon café de la nuit, c’est à la Fenice. La placette contient deux églises, le théâtre, un grand restaurant et le bar du théâtre. De quoi tout jouer, sur place, depuis Gozzi jusqu’à du Courteline.(...) La place est éclairée par les projecteurs qui noircissent le ruban du ciel et font éclater le poli de la pierre, sortir de l’ombre les colonnes ; entre Dieu et les Muses c’est à qui soutiendra le plus de gloire : tout y est créé par l’homme, pour l’homme, tout si équilibré, si bien assis sur l’eau invisible, tous les plans s’entendent si bien à construire l’harmonie qu’on se sent aussi heureux que si on avait bu."

     

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    La Fenice - Venise

     

    Le Livre : Paul Morand - Venises - Editions Gallimard