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Les grands classiques - Page 19

  • La chambre de Jacob - Virginia Woolf

    la chambre de jacob.gif« Lire Virginia Woolf prend du temps. Son oeuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d’écrire si peu conventionnelle que l’on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre et pour ne pas s’y perdre »
    Voilà vous être prévenu, ce point du vue extrait de la biographie signée Agnès Desarthe et Geneviève Brisac, vous introduit dans l’univers littéraire de Virginia Woolf, je n’ai pas résisté à la curiosité quand est paru La chambre de Jacob dans une nouvelle traduction d’ Agnès Desarthe.

    Un roman mosaïque sans intrigue dont le personnage principal, Jacob Flanders, apparaît dans une série de scènes retraçant sa vie de son enfance à sa disparition. Ces scènes sont brèves, et la personnalité de Jacob se dessine peu à peu à travers les récits, les observations ou les critiques de ses amis, les réactions des jeunes femmes qui l’aiment, les apparitions de sa mère.
    Nous le suivons ainsi sur la plage de son enfance, au collège à Rugby, à Cambridge dans sa chambre d’étudiant, à la bibliothèque... Nous croisons les jeunes filles qu’il séduit, ses conquêtes inavouables, celles qui l’aiment ou qui le trompent.
    Nous le suivons dans son grand tour de Paris à la Grèce en passant par l’Italie.

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    Au fil des pages des petits cailloux sont semés qui annoncent la mort et la guerre : cimetière, cloche funèbre, détonations qui évoquent le futur bruit du canon jusqu’au choix du nom de Flanders. Le temps est l’acteur principal du roman, l’on passe sans que rien ne soit précisé, de l’enfance à l’adolescence à la vie adulte
    Les sentiments, les détails matériels de la vie de jacob ne sont jamais donnés, seules subsistent des images furtives et colorées
    Le lecteur est toujours à l’extérieur, les choses sont effleurées, suggérées, Virginia Woolf tisse une toile aérienne et les motifs n’apparaissent que petit à petit, les images sont fugaces , la vie est passée aussitôt qu’esquissée

    virginia_woolf.jpgA travers ce roman on retrouve des thèmes chers à Virginia Woolf : le temps béni de l’enfance et des vacances à St Ives, le traitement inégal des filles à qui l’on interdit les études et l’université, « le chaos faussement ordonné de nos jours »
    Virginia Woolf capte pour nous l’insaisissable, le temps qui passe furtivement, l’inconstance des sentiments.
    Je laisse pour finir la parole aux deux biographes de Virginia Woolf

    « La chambre de Jacob, récit autour de l’absent, à l’écriture presque dérangeante, marque une volonté de s’affranchir d’une tradition lénifiante, et une capacité hors du commun à traduire en mots les maux d’une époque. L’écrivain est comme traversée par son temps. »


    Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque

    La chambre de Jacob - Virginia Woolf - Traduit de l’anglais par Agnès Desarthe - Editions Stock

  • Chéri et Gigi - Colette

    Chéri - Colette - Lu par  Françoise Fabian -  Editions Naïve
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    «  Pour la première fois de ma vie, je me sentais intimement sûre d’avoir écrit un roman dont je n’aurais pas à rougir ni à douter » écrit Colette à propos de Chéri.
    Ce roman sans doute le plus célèbre de Colette  je vous propose de l’entendre, lu par Françoise Fabian, dont la voix apporte au texte toute la sensualité, la hardiesse et la cruauté que l’auteure y a mis et met en relief la finesse de l’écriture de Colette.

    Petit rappel de l’histoire : Le roman se passe à la Belle Époque Léa ancienne courtisane qui approche de la cinquantaine doit se séparer de Chéri qui a la moitié de son âge, leurs amours parfois tumultueuses dures depuis cinq ans, mais aujourd’hui Chéri se marie, la séparation devient obligatoire, la rupture sera cruelle mais pour qui ? Roman subversif sous des dehors légers.

    pourquoi ne pas aller voir le film de Stephen Frears avec la belle Michèle Pfeiffer

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    Gigi - Colette - Lu par Danièle Delorme - Editions Frémeaux et associés
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    C’est un roman cocasse que celui-ci, Gigi élevée par sa mère, sa grand-mère Mamita et sa tante Alicia, dans un strict souci des principes et des conventions.
    Elle a appris à reconnaître les pierres précieuses, à peler une pêche, à couper les ortolans d’un seul coup de couteau et à tenir toujours ses genoux serrés. En fait elle n’a été éduquée que dans le but d’en faire une femme entretenue mais possédant toutes les qualités d’une femme du monde.
    Mais Gigi va refuser ce rôle de cocotte que sa famille lui réserve et mettre à mal tous les plans soigneusement élaborés en refusant d’être la maîtresse du séduisant et riche Gaston Lachaille.
    Danièle Delorme incarna Gigi en 1948 dans un film de Jacqueline Audry avec Gaby Morlay.
    Ici sa voix fait merveille et restitue la vivacité des dialogues, la naïveté de Gigi, la verve de Colette, cet enregistrement date de 1956 mais n’a pas pris une ride, pas plus que l’oeuvre de Colette qui a écrit ce texte enlevé et vif à soixante dix ans !

    Un film TV a été réalisé en 2006 par Caroline Huppert avec Macha Méril, Françoise Fabian et Juliette Lamboley dans le rôle titre, ce téléfilm excellent et fidèle au roman n'est hélas pas disponible en DVD pour le moment.

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