186 marches vers les nuages - Joseph Bialot - Editions Métailié
Berlin 1945, la ville est dévastée, les alliés se sont partagés la capitale du Reich, les ruines fument encore et la chasse au nazis est ouverte. Chacun tente de survivre.
Bert Waldeck lui n’est pas le berlinois type, il a passé depuis 1934 plus d’années dans les geôles et les camps de concentration que n’importe qui. Il était juste un flic qui pensait appliquer la loi, mais « loi » est un mot qui n’était pas dans le vocabulaire nazi.
Il accepte à la demande des américains de rechercher Hans Steiner, un copain d’école à lui mais aussi son tortionnaire. Rapidement il a des doutes sur les intentions des américains, Hans Steiner est un nazi soit mais ce n’est pas Himmler, alors pourquoi le rechercher avec autant de zèle ?
En déportation il a développé un sixième sens et là il se sent utilisé, piégé et ça ne lui plaît pas, alors il va faire sa propre enquête qui va lui faire toucher du doigt que les intérêts des puissances alliées ne sont pas toujours compatibles avec la simple justice.
Ce roman vaut plus pour l’atmosphère, l’écriture sobre et la sensibilité que pour l’intrigue elle-même.
Les souvenirs de Bert Waldeck sont poignants, Joseph Bialot est venu à l’écriture sur le tard, et dans ce roman il utilise avec beaucoup de talent et d’humanité sa propre expérience de déporté. Il permet de ne pas oublier que dans les camps les plus anciens déportés étaient parfois des allemands.
Outre les polars qu'il écrit, il a relaté dans « C’est en hiver que les jours rallongent » son expérience concentrationnaire.
Devoir de mémoire
Il y a quelques années j’ai visité (je n’aime pas ce mot ici mais je n’en trouve pas d’autre) Mathausen. C'était en août, j'étais en bonne santé, personne ne me menaçait, personne ne me frappait, il faisait très chaud, j’ai descendu et remonté ces 186 marches de la carrière de granite, c'est un souvenir fort.
Il y a eu des morts dans cet escalier, il y en a eu beaucoup et encore davantage, des suites de l'avoir trop monté, du dernier effort qu'il leur a fallu faire après une journée de bagne et qui a fait que le lendemain ils n'ont pas pu repartir, ils n'ont pas pu continuer. De ceux-là, aucun témoin ne peut vous dire le nombre, mais ce dont nous pouvons vous assurer, ce que je peux vous dire, c'est que sur chaque marche, je dis bien chaque marche de cet escalier, il est tombé du sang... Jean Lafitte (interné à Mathausen)
Je vous présente Frankie Machianno, l’homme aux boulots multiples qui demandent une organisation digne du manager du mois, une ex-femme, une maîtresse, une fille prunelle de ses yeux, le voisin qu’on voudrait avoir, bref un gars bien.
L’Islande en hiver c’est comme on l’imagine : froid, gris, neigeux, hostile, chacun s’enferme bien à l’abri. Pas tout le monde car on retrouve le corps d’Elias 12 ans poignardé au pied de son immeuble, personne n’a rien vu mais le frère a disparu, la mère semble couvrir sa fuite, l’origine thaïlandaise de l’enfant a-t-elle une importance ? crime raciste ?
Dans ce 5ème épisode des enquêtes de 

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester (Massachusetts) et vit dans la région de Boston.
Il y a quelques années est paru un livre d’histoire excellent « Une histoire populaire des Etats-Unis » par Howard Zinn, je me souviens de ma surprise en découvrant ces années d’émeutes, de grèves, de bras de fer entre les ouvriers et le pouvoir en place dans son chapitre intitulé « De l’entraide par gros temps »



Menphis du moins au début de ses aventures, ensuite cela se gâte car quand on a comme lui un fils adoptif de 10 ans qui a été témoin du meurtre de Luther King le climat de Menphis devient malsain et il est préférable de mettre de la distance entre le FBI et lui.
Dans chaque livre un thème est abordé : les gangs noirs ou blancs, la mafia de l’immobilier pour empêcher les familles noires d’investir les quartiers blancs, les milieux politiques, le drame de l’avortement.