Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Alexandre Soljenitsyne Le courage d'écrire

L’ âme Russe - Episode 2 Dans les pas d'un géant

« A tous ceux à qui la vie a manqué pour raconter cette histoire »

9782845451643FS.gif

 

J’ai eu envie d’intituler ce billet dans les pas d’un géant  car « Des millions de lecteurs ont eu leur vie accompagnée par Alexandre Soljenitsyne »

Une exposition et un livre consacré au géant de la littérature russe, de la littérature du Goulag. Pour une fois l’expo n’est pas parisienne mais Genevoise, Lyon Genève 1H30 de route qui hésiterais ?
Septembre est magnifique et ce fut un plaisir de découvrir la Fondation Bodmer dominant le lac Léman.

bodmer2.jpg

La Fondation Bodmer Cologny

La Suisse qui accueillit Soljenitsyne en 1974 chassé d’URSS.
Je dois dire que j’avais une petite appréhension car une expo de peintures c’est une évidence, une expo autour d’un écrivain je craignais un peu la sécheresse ou la mise en valeur d’objets sans intérêt et peut-être l’ennui.
Combien de fois lisant Chalamov et ses Récits de la Kolyma j’ai eu l’envie de rencontrer l’homme, de l’entendre parler de son expérience, ici grâce à la qualité de l’exposition on entend Soljenitsyne.
C’est une exposition tout à fait impressionnante et fascinante consacré à un monument de la littérature du XX ème siècle et sans doute à son plus grand écrivain.
J’ai eu l’envie d’en garder la trace, le souvenir à travers le livre édité à cette occasion.
Quand je publierai ce billet l’expo sera fermée mais vous pourrez vous tourner vers le livre qui est lui-même un événement.

Le titre du livre d’abord  Le courage d’écrire  et le préambule écrit par C Méla directeur de la fondation qui dit dans la préface
« Soljenitsyne a mené une lutte clandestine, puis ouverte, au nom de la vérité, pour révéler au monde une entreprise de servitude sans précédent » justifiant ainsi immédiatement le titr
e
Le livre/catalogue est réalisé par Georges Nivat que tout lecteur amateur de littérature Russe connaît. Il est professeur honoraire à l'université de Genève et commissaire de l’exposition, ses liens personnels et amicaux avec Soljenitsyne ont permis la réalisation et la réussite de l’ensemble.

J’ai été fasciné dans l’exposition par les  textes inconnu, les articles de journaux, les objets, les lettres, les manuscrits dont certains étaient parmi les fameux samizdat imprimés ou copiés clandestinement. J’ai ressenti de la ferveur, de l’admiration et de la stupéfaction devant l’ampleur du travail d’un homme, travail réalisé sous le joug permanent de la peur. On retrouve tout cela dans le livre.

goulag.jpg

Le Zek matricule CHth-854

Le livre permet cette découverte avec les fac-similés des feuillets, 466 feuillets autographes de l’Archipel du Goulag dont le manuscrit est resté enfoui en Estonie Le livre qui  est venu réveiller la conscience de l’occident sur la réalité du Goulag.
Tout est magnifique et émouvant dans ce livre, les photos de Soljenitsyne portant sa veste de Zek , les bouts de crayons qui ont tracé les mots de son oeuvre, des objets personnels issus de sa maison de Troïtse-Lykovo. Les souvenirs des années de labeur, des années d’exil  à Cavendish et du temps du retour.

soljenitsyne montage.jpg


Ce livre qui raconte une destinée d’écrivain est magnifique, j’ai découvert la gestation de la Roue rouge qui se se veut la généalogie de la révolution russe, son explication, ses noeuds (une oeuvre qui me reste à lire).
Les efforts de l’écrivain pour maintenir en détention sa mémoire intacte sont particulièrement impressionnants. Les pages de Georges Nivat, pour éclairer chaque période, sont riches, les extraits nombreux et les photos toutes choisies avec soin.

alexandre-soljenitsyne,M11314.jpg

1998 le temps du retour  Photo : Grigory Dukor/ Reuters

J’ai croisé avec bonheur dans ce livre/catalogue : Nikita Struve l’éditeur de l’Archipel du Goulag, Claude Durand son agent littéraire pour le monde entier ; Bernard Pivot qui a donné à la France entière l’envie de lire Soljenitsyne et dont les entretiens sont aujourd’hui disponibles en DVD, les photos de Soljenitsyne instituteur ou recevant son Prix Nobel.

apostrophe.jpg

Bernard Pivot reçoit Alexandre Soljénitsyne à Apostrophes
le 11 avril 1975.

Ce livre est un cadeau, cadeau pour nous lecteur, cadeau à faire. Lisez le, offrez le et faites lui une place dans votre bibliothèque.
 
Le livre : Alexandre Soljenitsyne Le courage d’écrire - Sous la direction de Georges Nivat - Editions des Syrtes
 

 

Commentaires

  • Une exposition que j'aurai bien aimé visiter, mais bon... Je vais me contenter d'acheter ce livre dont tu parles si bien... J'ai vu dernièrement une émission avec Pivot, il parle de sa rencontre avec Soljénitsyne comme l'un des moments les plus forts de sa vie!
    Merci Dominique et très beau week-end

  • @ Kenza : j'ai apprécié cette expo et l'oeuvre est magistrale même si l'homme sur la fin de sa vie est nettement moins sympatique

  • Pivot, oui, quelle époque, tu imagines, une telle émission , de tels invités... Soupirs...
    A part ça, j'ai toujours l'archipel du goulag à lire...

  • @ keisha : moi j'ai la Roue rouge qui m'attend car cette expo m'a donné une furieuse envie de la lire

  • Vrai regret : qu'un persécuté comme lui, une fois la liberté retrouvée, se soit laissé aller à confirmer un antisémitisme basique.

  • @ JEA : je n'ai pas osé y faire allusion car cela semble très discuté, j'avais le même point de vue que vous, sur le tard l'écrivain devient plus que réactionnaire et ressurgit un certain antisémitisme, mais beaucoup d'articles viennent contredire cette impression, difficile de se faire une opinion objective

  • Merci de nous permettre en nous communiquant ton enthousiasme de visiter un peu cette exposition. Un homme que j'admire (quelle force il lui a fallu pour survivre à tout ce qu'il a traversé !!) et ce livre me fait très envie.

  • @ nadejda : un beau livre à se faire offrir

  • J'ai espoir en le monde après lecture de ce billet, merci Dominique. Il y a des gens qui portent courageusement un flambeau qui nous fait avancer... Tu nous tentes, une fois de plus! brigitte

  • J'ai espoir en le monde après lecture de ce billet, merci Dominique. Il y a des gens qui portent courageusement un flambeau qui nous fait avancer... Tu nous tentes, une fois de plus! brigitte

  • @ Plumes d'Anges : porteur de flambeau, c'est un joli titre pour cet écrivain

  • Voilà un billet comme je les aime ! Plein d'enthousiasme ! Merci également pour la découverte de ce livre !

  • @ Annie : un géant de la littérature

  • Ce billet est émouvant et passionnant. Tu me donnes vraiment envie d'en lire plus. J'ai lu l'Archipal du Goulag! Quel homme, quelle vie! Tu as bien de la chance d'avoir vu cette exposition!

  • @ Lin, pain d'épices et chocolat : je rage toujours devant les expos parisiennes car mes finances de suivent pas les tarifs SNCF , pour une fois j'ai pu être de la fête

  • Il y a en un siècle quelques rares phares.Soljenytsine en est un.Parfois un phare éclaire un peu mal.Je crois que ça a été un peu le cas sur la fin de sa vie,comme le dit JEA.Ca ne retire rien à son immensité.Vu mon âge j'ai vu la plupart des grands entretiens de Pivot dont celui avec Soljenytsine.

  • @ Eeguab : je partage avec toi et JEA la petite sensation de malaise mais l'oeuvre est tellement immense qu'on peut je crois pardonner cet écart à la fin de sa vie

  • Un billet très intéressant et une expo que j'aurais voulu voir. Bon week end Dominique.

  • @ Claudialucia : une belle expo

  • Je me suis doutée que cet ouvrage était édité par la maison d'éditions des Syrtes qui sait si bien nous faire partir à la découverte de cette magnifique littérature russe. Je ne savais pas du tout que la Suisse avait organisé cette exposition. Et cet ouvrage la relaie, si j'ai bien compris. Dans tous les cas, cela me donne envie de me replonger dans la lecture de certaines des œuvres de Soljenitsyne, dont le mythique "Archipel du Goulag" !

  • @ Nanne : un éditeur qui vaut la peine d'être surveillé quand on aime la littérature russe, le livre est vraiment très réussi et compense le fait de n'avoir pas pu voir l'expo pour les amateurs de Soljenitsyne

  • @ Dominique

    Il a commis deux volumes entiers :
    - "Juifs et Russes avant la révolution" (2002) et
    - "Juifs et Russes pendant la période soviétique" (2003).
    Déjà, rien que par les titres, il enlève aux juifs de Russie leur nationalité pour mieux les stigmatiser.
    Pour le reste, historiquement, vouloir prétendre que les juifs sont responsables de la chute du tsarisme et des fautes de la révolution de 17 ainsi que de ses suites ???
    Ce genre de phobie ne tient pas plus la route que Vichy attribuant aux juifs le déclenchement de la 2de guerre mondiale, leur prêtant un pseudo complot contre le vieux pays, arrachant à des juifs leur nationalité française etc...

  • @ JEA : merci pour cet apport, je vais aller refeuilleter le livre mais je n'ai pas le souvenir d'avoir lu des choses aussi nettes, une volonté de ne pas laisser de tâche sur le grand homme ? on retrouve le même argument en effet, argument qu'on retrouve aussi avec les juifs polonais !

  • Beau billet d'hommage ! L'émission d'Apostrophes réalisée par Bernard Pivot aux Etats-Unis, dans la maison de Soljénitsyne encore en exil, reste inoubliable. L'auteur d'"Une journée dans la vie d'Ivan Denissovitch" est un grand témoin, malgré ses écrits polémiques. "Le courage d'écrire" est un titre qui lui convient très bien.

  • @ Tania : c'est l'impression qui ressort à la lecture des livres de Soljenitsyne et à la lecture de celui là : un grand témoin et à ce titre tient une place particulière dans la littérature mondiale

Les commentaires sont fermés.