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  • Berezina - Sylvain Tesson

    « Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,

    Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.

    Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.

    Après la plaine blanche une autre plaine blanche » ¹

     

    Ca vous rappelle quelque chose non ?

    Vos cours d’histoire ? 1812 et la Grande armée aux prises avec le Général Hiver ? bref la Retraite de Russie.

    Pas question ici d’un cours d’histoire mais plutôt d’un récit épique où sur les pas des grognards, trois français et deux russes, vont nous refaire la retraite.

     

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                             © Photo Thomas Goisque 

     

    Ils ont décidé d’utiliser des side-cars, si vous ne voyez pas à quoi ça ressemble repassez-vous la Grande vadrouille, et de suivre le trajet suivi par l’armée napoléonienne  quittant Moscou où le Tsar les a piégé.

    Sylvain Tesson aime les défis et avec deux acolytes avec qui il a déjà bourlingué : Cédric Gras et Thomas Goisque et Vassili et Vitaly côté russe, il va nous refaire la retraite en hiver ! 

    Cette marche forcée véritable course contre la mort se répète deux cent ans après à bord de trois Oural, arborant fièrement un drapeau impérial et Tesson coiffé d’un bicorne et dans ses fontes des livres des livres des livres.

    Les étapes sont celles de 1812 : Smolensk, Minsk, le passage de la Berezina, Vilnius ...On suit en parallèle l’épopée napoléonienne et celle de nos cinq grognards d’aujourd’hui.

    La route est parfois dangereuse pour les side-cars et la visibilité du conducteur souvent voisine de zéro.

    Le récit est ponctué des témoignages et mémoires des soldats de 1812 et des vicissitudes mécaniques de 2012.

     

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    C’est tout à fait réussi, on se prend au jeu.

    Cet hommage aux « petits, les obscurs,les sans-grades. (...) qui marchions fourbus,blessés,crotté,malades, sans espoir de duchés ni de dotation » ²

    Ces grognards qui ont suivi Napoléon depuis l’Egypte et qui vont pour survivre « vivement, avec un peu de neige, encor » se faire « un sorbet au sang de cheval mort » ³

     

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    C’est environ 400 000 personnes qui ont perdu la vie lors de cette retraite, on sent Sylvain Tesson admiratif devant leur courage et leur abnégation, il sait parfaitement remettre quelques pendules à l’heure. La Berezina n’est pas un fleuve extraordinaire, non c’est une simple rivière et non malgré la connotation qui s’attache à ce nom, il ne s’agit pas d’une défaite française mais bien d’une tragédie « La retraite de Russie repose ainsi sur ce paradoxe, une armée marche, de victoire en victoire, vers son anéantissement total. »

     

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    Mikhaïl Koutouzov l'adversaire 

     

    Vous l’aurez compris j’ai aimé ce livre avec juste le petit bémol des bouteilles de Vodka qui défilent à croire que cela lui sert de carburant ! 

    C’est un petit livre réjouissant, parfois drôle, qui donne envie de lire les mémoires du Sergent Bourgogne ou une biographie de Caulaincourt seul homme de l’entourage de l’Empereur à garder la tête froide et bien entendu de lire ou relire Guerre et Paix.

     

     

    Citations ¹ Victor Hugo   ² ³ Edmond Rostand L’Aiglon

     

    Tout savoir sur la Berezina 

     

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    Le livre : Berezina - Sylvain Tesson - Editions Guérin 

  • Grossir le ciel - Franck Bouysse

    Un bon petit roman noir grâce auquel d’un seul coup je me suis sentie transportée au pays de l’Epervier de Maheux, au fin fond des Cévennes.

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    C’est un lieu dit : les Doges. Deux hommes vivent chacun dans deux fermes très proches, il a Gus qui a passé sa vie dans cette ferme isolée en compagnie de son chien Mars et il y a Abel, plus vieux que Gus et son presque ami, ils se prêtent un peu de matériel, ils boivent la goutte ensemble mais ça s’arrête là parce que leurs familles ont toujours été en bisbille et que cela ne s'efface pas si facilement.

    Les relations entre les deux hommes se mettent subitement à changer, Gus se sent un peu menacé sans savoir pourquoi, le lecteur aussi perçoit le changement et d’un seul coup la nature elle même devient angoissante.

     

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    Il y a une grande habileté dans le récit, la vie fruste de ces deux hommes est parfaitement mise en scène, l’auteur distille juste ce qu’il faut pour que le contour des personnages change peu à peu, qu’y a t-il sous la carapace de ces deux là ? 

    L’hiver est parfait dans cette contrée : froid, gel, neige, solitude, juste ce qu’il faut pour ajouter encore à l’angoisse à côtoyer ces deux taiseux.

     

    Je vous laisse jouir de ce roman que j’ai trouvé excellent, il est de la famille du Vampire de Ropraz de Chessex ou de Colline de Giono.

     

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    Le livre - Grossir le ciel - Franck Bouysse - Editions La Manufacture des livres

  • le coeur de l'hiver

    Février le coeur de l'hiver

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    je vous propose un petit roman noir dans un pays de froidure et pour ceux qui ont le goût de l'aventure, une balade dans le froid et la neige sur près de 4000 km et enfin un roman au nord du nord

    Vous êtes prêts ?