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  • Fée d'hiver - André Bucher

    Quand l'amour et l'amitié se mêlent cela fait parfois d'excellents romans 

     

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    En voici un  dont vous pourriez penser que je l’ai choisi pour être en accord avec la météo, et bien pas du tout, je l’ai choisi d’abord pour l’auteur dont j’avais lu deux romans qui m’avaient laissé un très bon souvenir, et puis mon oeil a été attiré par l’éditeur dont je surveille les publications car mes lectures de Walden et du Pays des petites pluies m’ont rendu très attentive.

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    Un haut pays, celui déserté et à moitié sauvage d’une Drôme où vit l’auteur de ce roman. 

    Quatre personnages vont aller les uns vers les autres, comme pour un rendez-vous secret, au gré d’enfances saccagées, de vies marquées par la malchance, gâchées par la violence.

     

    1965 Deux frères se retrouvent orphelins, la violence a été telle que Daniel ne parlera plus et que Richard et lui vivront un jour reclus dans leur misérable ferme des Rabasses. Daniel s’occupe de son troupeau de brebis et Richard s’est fait ferrailleur mais il lui arrive de gratter la guitare et écoute Bob Dylan en boucle.
     

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    Alice aussi est du pays, les deux frères l’ont vu grandir, ils l’aiment bien, elle est même capable de créer des liens avec Daniel le mutique qui écrit dans son journal « Alice, c’était ma fée d’hiver ». Ses frères Robert et Pierre, c’est pas pareil, des méchants, des tordus ceux là.

    Le temps passe et Alice se marie avec Louis un lointain cousin et travaille à la scierie familiale.

     

    1998 Et voilà qu’apparaît le dernier personnage du quatuor : Vladimir,  bûcheron clandestin arrivé des Balkans. Il a fuit un passé douloureux, a traversé un pays dévasté « Il traversait de maigres villages déserts, croisait des fermes éparpillées ou de muets hameaux juchés à flanc de coteaux, tous accablés. Il longeait des terres sans horizon, sans un seul arbre, un paysage morne et moribond, où même le silence semblait s’être retiré ». 

    Après les passages de frontières, la clandestinité un beau jour il sait qu’il est arrivé
    « De minces particules de lumière peignant les ombres convergeaientt vers la ligne de partage des eaux, entre la vallée de l’Ouvèze et celle de la Méouge »

     

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    Ils vont marcher les uns vers les autres, affronter le passé, se créer une nouvelle vie. Ils vont se tenir chaud, se protéger, s’apprivoiser, fraterniser en faisant fi des cicatrices qu’ils portent tous.

    J’ai appris en lisant sa biographie chez l’éditeur qu’André Bucher est un grand lecteur de Jim Harrison et Rick Bass, rien d’étonnant que je me sois sentie si bien dans ce roman.

    L’écriture donne un grand plaisir, le genre de roman qu’on lit lentement en se délectant des images, on s’attache aux personnages, on partirait bien à la découverte des lieux pour y voir filer les saisons. Un roman que l'on garde précieusement. 

     

    Le livre : Fée d'hiver - André Bucher - Editions Le Mot et le Reste 
     

    bucher03.jpgL’auteur : Écrivain-paysan, André Bucher est né en 1946. Après avoir exercé mille métiers (bûcheron, docker, berger), il s’installe à Montfroc, dans la Drôme, en 1975, où il vit toujours. Il est un des pionniers de l’agriculture bio en France. Il est aussi l’une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. 

  • La tristesse du Samouraï - Víctor del Árbol

    Nord et Sud 

    Après le froid du Danemark cap au sud direction l'Espagne

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    Si vous pensez que ce roman se passe au Japon, oubliez tout de suite ! 

    Nous sommes à Barcelone en Mai 1981, la tentative de coup d’état contre la démocratie date de quelques mois. 

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             Antonio Tejero le 23 février 1981

    à la tribune du parlement espagnol © AFP
     

    Une femme, qui sait que sa mort est proche, livre les détails de sa vie. C’est une brillante avocate qui a envoyé sous les verrous un inspecteur jugé coupable d'une grosse bavure policière. Ce qu’elle ignorait alors c’est que quelqu’un tirait des ficelles dans l’ombre et que, comme une marionnette, elle avait fait ce qu’on attendait d’elle et comme Pandore elle avait lâché la folie et le vice dans les rues.

    Pour comprendre comment tout cela a commencé il faut faire un saut dans le temps et l’espace.

     

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    Mérida en Estrémadure 1941

    Une ville qui bruit encore de la lutte entre républicains et phalangistes. Une femme attend sur un quai de gare,  elle est belle, elle est la femme d’un dignitaire franquiste et donc du côté des vainqueurs. Un enfant l’accompagne, c’est son fils, le plus jeune, car l’aîné elle l’a tout bonnement abandonné.  

    Isabel, c’est son nom, n’atteindra jamais sa destination, l’enfant sera confié à son père, son père qui le hait. Un instituteur de village s'est épris de cette femme qu’il n’aurait jamais du regarder , tel le « ver de terre amoureux d’une étoile » et ce pêché il va le payer au prix fort. 

     

    Entre ces deux dates l’auteur nous plonge dans la période sombre de l’Espagne, la terrible guerre civile, le franquisme, les débuts de la démocratie à deux doigts d’être confisquée. 

    Quarante années pendant lesquelles d’aucuns ont laissé libre cours à l’ambition, à la haine, d’autres ont paufiné leur vengeance, certains enfin sont assaillis par la culpabilité.

    Vous allez écouter la voix de María qui va revenir sur ces temps où les assassinats sont la façon simple d’éliminer un gêneur, où la torture se pratique en toute impunité.

    De quel côté se situent les descendants, les héritiers ?  y a t-il un rachat possible ?

     

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    Tombes des soldats de la Division Azul

    Ce livre est un polar oui mais il est beaucoup plus : une histoire rouge sang où victimes et bourreaux se croisent, se reconnaissent.

    Pour filer la métaphore japonaise je dirais que l’intrigue se déplie comme les origami, chaque pliure dévoile un peu de l’intrigue, les liens entres les personnes apparaissent. 

    Ce qui est certain c’est que, composé comme une tragédie antique, ce livre est fait pour être dévorer, des geôles franquistes à la Division Azul, des amours impossibles à la vengeance inéluctable, on est totalement pris par le récit. Une vraie réussite 

     

    Le livre : La Tristesse du Samouraï - Víctor del Árbol - Traduit de l’espagnol par Claude Bleton - Editions Actes Sud

     

    12477.jpgL’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l'Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il est l'auteur de deux romans  (source l’éditeur)