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  • Une odyssée américaine - Jim Harrison

    Une Odyssée américaine - Jim Harrison - Traduit par Brice Matthieussent  - Flammarion

    Perdre en quelques jours sa ferme, sa femme après 38 ans de mariage, avouez qu’il y a de quoi déprimer, Cliff la soixantaine,plus atteint par la disparitioodyssée.gifn de sa chienne que par la trahison de sa femme, décide de partir dans un voyage improbable 

    « A l’aube, j’ai décidé d’emporter le puzzle des Etats-Unis et d’en lancer une pièce par la fenêtre de mon break chaque fois que je franchirais la frontière d’un nouvel Etat.»
    et pour faire bonne mesure il décide aussi de renommer les états et les oiseaux en leur restituant des noms indiens.

    Jim Harrison n’entend pas le mot déprime comme vous et moi, Cliff embarque avec lui une jeunette de 40 ans et la road movie démarre  alternant les prouesses sexuelles et les pauses gastronomiques. Mais Cliff se lasse assez vite du téléphone portable de Marybelle et la restitue à sa famille au Montana.
    L’odyssée se fait plus bucolique, Cliff se laisse imprégné par les paysages magnifiques de l’ouest américain. C’est Rabelais au pays des clochards célestes, gargantua atteint par la mélancolie.
    Diable d’homme ce JimCliff qui dit

    «Ma dépendance précoce aux bouquins de Thoreau et d'Emerson m'a rendu beaucoup trop sensible à la brutalité du monde contemporain».

    Un roman réjouissant, magnifique et mélancolique.
    Après « Retour en terre » j’avais cru sentir la mort en maraude, cette odyssée est là pour prouver le contraire, à 72 ans Jim Harrison, l’auteur américain préféré des français, tient le cap de belle manière.

     

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    Jim Harrison  - Photo Hachette Presse ©

  • Vie du lettré - William Marx


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    « Qu'est-ce qu'un lettré ? Quelqu'un dont l'existence physique et intellectuelle s'ordonne autour des textes et des livres : vivant parmi eux, vivant d'eux, employant sa propre vie à les faire vivre et, en particulier, à les lire. »


    Vous voici au coeur du sujet de cet essai passionnant et non dénué d’humour. En vingt quatre courts chapitres, accompagnés comme il se doit pour le livre d’un lettré, d’une bibliographie et de notes savantes, ce livre se lit d’une traite avec le sourire et crayon en main.

    William Marx vous invite à mieux connaître « Le Lettré » , de sa nourriture à son jardin, de sa sexualité à sa religion et de sa naissance à sa mort, en passant par les couronnes de laurier qu’il peut recevoir, par les querelles dont il peut parfois se délecter.
    Dans chaque chapitre un invité, de Kant à Quintilien, de Freud à Pétrarque ou Marie de Gournay.
    L’auteur alterne citations et anecdotes, ironie (auto-dérision ?) et admiration manifeste.
    « Le miroir ici proposé se veut plus fidèle. Tu y trouveras, lecteur, diverses figures de lettrés à travers les âges, les lieux et les cultures, et pourras même t'y reconnaître.»


    Nul besoin d’être universitaire pour lire et apprécier cet essai, privilège de l’érudition l’auteur parvient à vous rendre le temps d’une lecture plus cultivé et plus intelligent.

    Vie du lettré - William Marx - Editions de Minuit


     

  • Kornwolf le démon de Blue Ball

    Kornwolf le démon de Blue Ball - Tristan Egolf - Traduit par Francesca Gee - Gallimard
    kornwolf.jpgSi vous avez lu et aimé « Le seigneur des porcheries » vous allez aimer ce démon là. Dernier livre et livre posthume de Tristan Egolf, écrivain au parcours hors du commun.

    L’histoire
    Owen Brynmor, journaliste renvoyé de plusieurs rédactions, a trouvé un job dans sa ville natale, ravit de jouer un bon tour à ses concitoyens honnis, il va monter en épingle un fait divers qui annonce le retour du « démon de Blue Ball » créature fantastique et monstrueuse.
    Mais qui pourrait croire un canular pareil ? Les habitants de Stepford, petite ville de Pennsylvanie où se côtoient et s’opposent protestants zélés et amish puritains le croient car le démon a ravagé le pays vingt ans plus tôt.
    La ville semble très vite en proie à la folie, des vols sont perpétrés, des granges brûlent, des animaux sont massacrés.
    Ephraim Bontrager marginal muet maltraité par son père un membre influent de la communauté amish est lui aussi pris de folie furieuse. Bientôt la réalité dépasse les rêves les plus fous du scribouillard de tabloïds.

    Egolf nous plonge avec virtuosité dans un récit proprement apocalyptique, fable moderne où s’entend le rire de Rabelais, mêlant le pastiche et l’enquête historique, il réussit le tour de force de tenir le lecteur avec son écriture hallucinée sans jamais le laisser respirer.
    On retrouve dans ce roman la truculence et la violence du « Seigneur des porcheries », Patrick Modiano qui a contribué à faire connaître T Egolf, parle de « paroxysme maîtrisé ». Son écriture est inventive, parfois très poétique et parfois totalement déjantée.

    J’avais été conquise par « Le seigneur des porcheries » ce démon là m’a définitivement convaincue du talent fulgurant de Tristan Egolf
    Il n’aura écrit que trois romans avant de se donner la mort, météorite littéraire, ses romans sont appelés à devenir des livres cultes.

    Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque

     

    Note ajoutée le 7/04 : un superbe papier dans le Matricule des Anges du mois d'avril encore plus positif que le mien !


    L’auteur
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    Découvert par la famille Modiano en 1994, l'auteur du «Seigneur des porcheries» publié en français avant d’être reconnu aux Etats-Unis,  s'est suicidé en 2005 à 33 ans. Il était aussi un activiste engagé dans les mouvements pacifistes, opposant à GW Bush.