14.11.2009
Au phare - Virginia Woolf
Au phare - Virginia Woolf - Traduit de l’Anglais par Anne Wicke - Editons Stock
Entre Virginia Woolf et moi c’est une longue histoire de passion, la lecture faite il y a bien des années de ses romans et d’extraits de son journal m’avait enchanté, les essais ont suivis au fur et à mesure de leurs parutions, je l’ai traqué à coup de biographies petites et grandes.
Alors me direz vous pourquoi un billet aujourd’hui ? Et bien parce que l’envie de faire partager ma passion est toujours forte (demandez à Cuné ce qu’elle pense de Dickens..et vous aurez une petite idée de la passion littéraire) et puis... et puis il y a les nouvelles traductions qui ouvrent la perspective d’une lecture différente de la précédente.
Après La Chambre de Jacob, voici Le Phare, c’est par ce roman que j’ai commencé la lecture de Virginia Woolf en 19.. et il reste mon préféré, V W le considérait comme son meilleur roman.
Une famille, presque une tribu, Mr et Mrs Ramsay, leur nombreuse progéniture, quelques invités poètes ou peintres, les vacances en Ecosse un peu avant la Première guerre mondiale dans une vieille maison avec jardin. Dans le lointain le phare objet des rêves et des désirs de la famille.
La promenade au phare espérée par Mrs Ramsay et son plus jeune fils n’aura lieu que des années plus tard, entre les deux : une guerre, des mariages, des disparus et le temps inexorable qui coupe le roman en deux.
Mrs Ramsay l’âme de la maison et de la famille est celle qui console et comprends, elle porte sur chacun son regard plein d’amour. Tous les personnages sont magnifiés par ce regard.
Son mari « fin comme la lame d’un couteau » un peu faible, très égocentrique, pourtant « il n’existait personne qu’elle révérât autant que lui » Elle l’excuse et le comprends tant son besoin est grand de maintenir la famille dans une douce harmonie, Carmichaël le poète oublié, Lily Briscoe vieille fille un peu délaissée qui « avec ses petits yeux chinois et son visage tout pincé, ne trouverait jamais à se marier » et qui ne parvient pas à mettre Mrs Ramsay sur sa toile.

Tout l’art de VW est de nous baigner dans les pensées et les émotions, les perceptions des personnages « emmêlées dans un filet aux mailles d’or »
Les événements du quotidien, parfois insignifiants, viennent interrompre le flot des pensées, chacun est seul au milieu des autres.
Les sensations, les choses emplissent les jours « on ressentait ainsi envers elles une tendresse irrationnelle » le couvert mis, la lumière de la lampe, un gant oublié et en même temps savoir « que la vie était difficile; les faits inaltérables ; et que le passage vers ce pays fabuleux où s’anéantissent nos plus grands espoirs, où nos frêles esquifs s’abîment dans les ténèbres »
Comme toujours avec Virginia Wolf le temps s’étire indéfiniment pour tout à coup se contracter jusqu’à la rupture. On passe du bonheur familial à une maison « abandonnée comme un coquillage sur une dune, qui va s’emplir de grains de sable sec maintenant que la vie l’avait quittée »
« Roman de la fragilité de la vie, de l’absurdité des destinées humaines » * des espoirs déçus, de la perte de l’innocence et des émotions de l’enfance. Un chef d’oeuvre à mettre sur les rayons de votre bibliothèque
* V.W de G Brisac et A Desarthe - Editions de l’Olivier
09:13 Publié dans Littérature Anglaise | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note






















































































































































































































































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Commentaires
Écrit par : cathulu | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireSans oublier Dickens bien sûr... ^_^
Écrit par : keisha | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Leiloona | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireTon billet est si joliment écrit que je me demande si je fais bien de commencer par celui-là ?
Écrit par : Choco | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireTrès beau, vous avez raison, ce "Voyage au phare", plus accessible que "Mrs Dalloway" pour qui j'ai un faible cependant.
Écrit par : Tania | 14.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireLe journal j'en ai lu de grands morceaux dans l'édition limitée chez C Bourgois, aujourd'hui j'ai acheté le journal dans son intégralité chez Stock et je le lis par petites bouchées au gré de l'humeur
Écrit par : Dominique | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Patricia L | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Nanne | 15.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 16.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 16.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Choco | 19.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 19.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 20.11.2009
Répondre à ce commentaireJe l'ai découverte à la fac, et ce fut une.. grande Rencontre.... j'ai commencé avec son premier, tout simplement (La traversée des apparences) et ensuite.. je ne me suis plus arrêtée! Mrs Dalloway, Les Vagues,... oh! je les aime tous..
Sans oublier son Journal... ses lettres... ses articles.. (j'adore son humour) La bio d'Hermione Lee aussi très intéressante.. Et, je me souviens, une émission (était-ce "Un siècle d'écrivains"? je ne sais plus...) où sa nièce, Angelica Bell, nous dresse un portrait sensible et délicat de cette "fameuse" tante... (j'avais été très touchée car tout ce qu'elle disait me confortait dans mon ressenti de l'oeuvre et de la femme)
Quant à Monk's House.. j'ai eu la chance de la visiter.... et ce fut plus qu'émouvant...
Voilà pour Virginia Woolf... :-))
Écrit par : macile | 20.05.2010
Répondre à ce commentaireSon journal est chez moi un gros pavé pesant, je ne l'ai pas lu de bout en bout mais je pioche très régulièrement et quand je commence ....
Quelle chance tu as d'avoir visité sa maison, je me contente de bouquins sur le sujet hélas et de photos
La mini bio de Geneviève Brisac est aussi très bien, très agréable à lire mais elle n'est pas complète comme celle de Lee
bon week end de pentecôte à toi
Écrit par : Dominique | 21.05.2010
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