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Pour saluer Giono : biographies et entretiens

Deux écrivains rendent hommage à l’auteur qu’ils admirent. 

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Pierre Magnan n’a que quinze ans lorsqu’il rencontre Giono pour la première fois, il le voyait déambuler dans Manosque et un jour de grand courage il osa, lui le petit ouvrier typographe, lui demander un article pour la revue qu’il vient de créer.

Il entre pour la première fois dans « l’antre obscur » de l’écrivain et très vite sur l’invitation de son héros il prend la patache de Vachères et se retrouve bientôt sur le plateau du Contadour où il reviendra pour « la palabre interrogative sous le vent, à quatre, à huit, à quarante. J’en ai déjà, deux heures après mon arrivée, s’ajoutant au Mistral, la tête sonnante. »

 

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 De 1935 à 1939 les rencontres du Contadour   

 

Parfois le maître lit ses oeuvres, il lui en lira pendant douze ans « tout le génie du verbe qu’il y avait mis se trouvait quintessencié et vous éblouissait. »

Pierre Magnan pille littéralement la bibliothèque de Jean Giono, tout y passe : Rilke, Malraux, Gide, Steinbeck, Hardy, Dickens et Shakespeare. Mais renâcle devant Dostoievski.

 

 

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  La Bibliothèque de Jean Giono

 

Les rencontres vont avoir lieu des années trente à la guerre, en 1945 Magnan retrouve Giono « Sur la route où il est seul, je le rejoins, je m’installe à ses côtés et je marche à son pas. »

Les échanges reprennent :

« Il me lut de cinq à huit heures du soir, un bon tiers de La Chartreuse. Il était dans un état d’enthousiasme indescriptible. Il avait écarté, pour faire place au livre devant lui, le manuscrit de Mort d’un personnage comme quantité négligeable.(..) J’ai lu depuis cinq ou six fois La Chartreuse de Parme ; à côté de mon éblouissement premier lorsque Giono ce jour-là me le réinventa, il me parut, le lisant moi-même, que, sur ce livre, le soleil s’était couché. »

Vous l’avez compris Pierre Magnan est un inconditionnel et ce petit livre de souvenirs est le récit éblouit d’une admiration et d’une affection indéfectible.

 

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                                 Le Maître et l'admirateur

 

Jean Carrière c’est tout autre chose, il fut l’assistant personnel de Giono et il démarre très fort en affirmant « Giono est le plus grand menteur de la littérature française du XXème siècle. » mais ajoutant quelques lignes plus loin « On ne se lasse pas de relire du Giono »

Sa biographie n’est pas du tout linéaire d’ailleurs il affirme qu’elle tient en une phrase « Jean Giono, écrivain français vivant, né à Manosque et ne sachant pas nager. »

A travers son livre et ses entretiens il démystifie l’auteur trop souvent présenté comme un « écrivain régionaliste » Giono n’incarne pas le Panturle de Regain, mais fut un romancier du bonheur à travers la figure d’Angelo Pardi.

 

 

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Lui aussi est pétri d’admiration « J’ouvre un livre de Giono. Et brusquement mon coeur s’irradie d’une joie violente, insensée. »

Dans les entretiens qui suivent la partie biographique, Jean Carrière  interroge Giono sur sa langue , sur le soleil qu’il n’aime pas, rêvant de vivre en Ecosse, sur ses goûts musicaux et littéraires, sur son admiration pour Don Quichotte et sa lecture permanente tout au long de sa vie de La Bible lui le mécréant absolu « j’ai toujours lu la Bible comme un livre de littérature, un livre d’histoires ou un livre de poèmes » dit-il avec un grand sourire, il avoue aussi être fan de foot et de boxe à la télévision ! 

Ces entretiens ont fait l’objet d’un CD audio sous le titre « Du côté de Manosque » 

 

Voilà vous avez le choix entre deux auteurs qui nous livrent un peu de la vérité de Giono, du  « voyageur immobile » mais nous verrons bientôt que tout n’était pas dit. 

 

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Les livres

Jean Giono Biographie et entretiens - Jean Carrière - Editions de la manufacture 1991

Pour saluer Giono - Pierre Magnan - Editions Gallimard Folio 2002

 

             

Commentaires

  • Dans l'immédiat, je pencherais pour le livre de Pierre Magnan, auteur que j'ai lu plusieurs fois avec plaisir.

  • @ Aifelle : un petit poche sympa

  • Quelle belle bibliothèque que celle de Giono que j'avais vue dans un reportage. lieu de vie chaleureux.
    Je ne savais pas que Jean Carrière avait été l'assistant de Giono mais j'ai une préférence pour les rencontres avec Pierre Magnan que je note

  • @ Nadejda : le livre de Carrière est plus biographie et son entretien intéressant, celui de Magnan est plus un livre de souvenirs personnels

  • Giono est un des auteurs classiques qui ne me touche pas du tout , je n'arrive pas à comprendre pourquoi. J'ai lu et relu son oeuvre et beaucoup de gens dont je partage les goûts habituellement ont essayé de me faire apprécier.
    Il m'agace et souvent plus que ça!
    Luocine

  • @ luocine : cela ne s'explique pas vraiment, j'ai des aversions envers certains écrivains qui sont très personnelles et qui n'ont rien à voir avec leur talent

  • Pourquoi pas, mais j'ai prévu de relire Giono tout d'abord !

  • @ Kathel : à lire et à relire, je m'y suis mis car j'avais pas mal de trous dans mes lectures

  • J'aime beaucoup Giono que je découvre doucement, mais curieusement, pour le moment, ces biographies ne me tentent pas même si elles ont l'air très intéressantes. Je vais donc continuer mon exploration...

  • @ nathalie : je suis très biographie car j'aime comprendre le parcours de l'écrivain au delà de son oeuvre mais l'oeuvre d'abord tu as raison

  • Si je commence ma "période" giono, je saurai où piocher!

  • @ Keisha : viens te servir !

  • Une bibliothèque à piller, quel bonheur !

  • @ Tania : Magnan qui n'avait pas un sous à pu ainsi découvrir la littérature, chouette cadeau d'un écrivain à un autre en devenir

  • Pour ma mère Giono était vraiment le romancier du bonheur, un sourire flottait su ses lèvres quand elle le lisait...moi j'ai toujours eu plus de mal mais en savoir plus sur lui me tente.
    Bonne journée Dominique.

  • @ Colo : ta maman me ressemble et toi tu peux accompagner Luocine qui ne flashe pas du tout

  • "romancier du bonheur", voilà ce qui le caractérise bien ! Avec Giono, on est DANS l'histoire, on court sur les chemins, on entend les oiseaux, on sent le parfum des saisons, les couleurs nous éblouissent... Cette autre part de Giono révélé par Jean Carrière est amusante, ah, l'imagination et son pouvoir !!!
    Ces lectures sont tentantes. Bon dimanche Dominique. brigitte

  • @ Plumes d'Anges : j'aime bien l'idée d'un romancier menteur comme un arracheur de dents

  • J'ai aussi lu cette "bio" de Giono par Jean Carrière et j'avais beaucoup aimé son franc parler (et L'épervier de Maheux... à relire!) et j'attends le roman que tu as lu.

  • @ Pascale : à cause de toi j'ai relu l'épervier de Maheux et je dois dire que j'y ai retrouvé mon bonheur de première lecture

  • Merci pour cette découverte de la bibliothèque de Giono, que je ne peux qu'aimer ! Bonne soirée

  • @ Sophie Hérisson : bonne découverte

  • J'ai ressorti "que ma joie demeure" de ma bibliothèque, je l'avais tant aimé que j'aimerais le relire !

  • @ Hélène : je vais en parler prochainement

  • tu m'avasi donné envie de relire Giono il y a quelques semaines, et maintenant Magnan, bonne idée le voyage en Provence est encore frais!

  • @ miriam :même si Giono n'est pas un écrivain régionaliste ces romans ont un parfum de nature

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