25.02.2012
Quand les lumières s'éteignent - Erika Mann
Taire ou dénoncer : paroles d'exil

« La vie dans notre ville suivait son cours. La vieille place du marché aux maisons colorées encerclant la statue équestre,n’avait pas changé au cours des siècles. Au visiteur de passage s’offrait un tableau paisible et envoûtant. »
La guerre n’a pas encore éclatée, imaginons un touriste se promenant dans une petite ville riante, proprette, fleurie, une petite ville disons ...de Bavière. Un étranger qui la visite la trouverait pimpante, une ville où il fait bon vivre, « seuls les drapeaux rouges bruissaient dans le vent ».Ce n’est pas tout à fait une ville comme les autres.
C’est le premier récit du livre qu’ Erika Mann écrivit en 1940.
Comment faire comprendre, expliquer, dénoncer ce qu’est devenu son pays sous la botte nazie ? Erika Mann va tenter de le faire à travers une dizaine de récits qui vont petit à petit passer de la douceur trompeuse, à l’inquiétude, à l’incompréhension, à la peur jusqu’à la terreur pure.
1935 Congrès du parti nazi à Nuremberg
Que va faire le patron d’une usine qui découvre que sa secrétaire, dont il est tombé amoureux, est à moitie juive ?
Pouvait-on imaginer qu’un paysan soit arrêté parce que dans le gosier de ses poules on a trouvé de l’orge, nourriture interdite par le régime en place, cela pourrait prêté à sourire si ...
Quand la bêtise s’en mêle une jeune fille est poussé au suicide par les ragots....
Que penser de cet homme qui la nuit falsifie ses livres de comptes non pour cacher des bénéfices mais au contraire pour enfler son chiffre d’affaire par crainte de voir son entreprise désignée comme inutile.

"De jeunes SS, sanglés dans leurs uniformes élégants,
défilaient dans les rues en ordre parfait"
Pas de grand plaidoyer, c’est à travers des scènes de la vie quotidienne d’une ville sans nom que l’on voit petit à petit se mettre en place le système qui broie les individus, qui les rend lâches, qui les pousse à l’indifférence coupable ou à la résistance héroïque. La délation devient la règle, la bêtise est récompensée,
Pasteur, professeur d’université, médecin, tous les citoyens sont soumis au même dilemme, sont tentés par la même lâcheté.
Une préface et une post-face présentent très bien les circonstances dans lesquelles fut écrit ce livre, le parcours de son édition. Il est traduit pour la première fois en français.

Le livre : Quand les lumières s’éteignent - Erika Mann - Traduit par Danielle Risterucci-Roudnicky - Editions Grasset
L’auteur : Erika Mann en 1933 choisit avec son frère Klaus et son père Thomas Mann, de fuir l’Allemagne. La famille trouve refuge en Suisse puis aux Etats-Unis. Toute sa vie Erika Mann parcourera le monde comme reporter de guerre.
05:28 Publié dans Histoire, Littérature Allemande | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note























































































































































































































































Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://asautsetagambades.hautetfort.com/trackback/4578906
Commentaires
Tu as vu cette photo où dans un rassemblement il y a un homme qui ne fait pas le salut nazi?
Écrit par : keisha | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Aifelle | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Bonne journée Dominique.
Écrit par : colo | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Tania | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : kathel | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Nadejda | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Plumes d'Anges | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
- Klaus Mann, "Contre la barbarie, 1925-1948", Phébus.
http://motsaiques.blogspot.com/2009/03/p-95-la-resistance-de-klaus-mann-face.html
Écrit par : JEA | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
J'ai lu Mort à Venise écrit par son père par contre.
La coïncidence j'écoutais cette nuit en podcast l'interview de Marceline Loridan Ivens pour son livre Ma vie Balagan que j'avais lu à sa sortie
Si tu ne l'as pas lu je te le conseille.
Surprenant la vitalité de cette dame à plus de 80 ans après tout ce qu'elle a vécu
Bonne fin de semaine
Écrit par : autour du puits | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Eeguab | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Enitram | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : maggie | 25.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Je retiens ce titre que je vais me procurer bientôt.
Écrit par : Armando | 26.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Florinette | 26.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2012
Écrit par : Mango | 26.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2012
Écrit par : Theoma | 26.02.2012
Répondre à ce commentaireL'étroite intrication entre stratégies de pouvoir et psychologie des foules conduisent à à des situations qui nous dépassent. A posteriori l'histoire peut sembler explicable mais contrôler mieux celle que nous vivons pour éviter le pire reste un défi que l'humanité est loin d'avoir réalisé.
Écrit par : Christw | 27.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2012
Écrit par : Dominique | 27.02.2012
Écrit par : Violette | 27.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2012
Luocine
Écrit par : luocine | 27.02.2012
Répondre à ce commentaireLuocine
Écrit par : luocine | 27.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2012
Justement je lisais quelques lettres de Stephan Zweig dirigées à sa première femme Friderike dans ce petit livre : el misterio de la creación artística (le mystère de la création artistique. Stephan Zweig) Ed : sequitur.
Titre original : Das Geheimniss des künstlerischen Scaffens. Williams Verlag. Zurich.
pour celles ou ceux qui seraient intéressés. Peut-être existe-t-il en français ?
Je disais donc que j´étais en train de lire ces quelques lettres dont voici un extrait ; il commentait ses conférences en Argentine et notait :
"Tout aurait pu me causer satisfaction, mais malheureusement ma joie s´éloigne (...). Le suicide de Ernst Weiss má bien affecté, c´était un si bon ami (...). Toujours les plus intègres, les meilleurs ! A tout cela vient s´ajouter la nouvelle de l´alliance de la Russie et de l´Allemagne... Ce qui nous attend !
Je crois que je ne reviendrai jamais dans cette Europe et tout ce que j´ai perdu, mes livres et surtout mon Balzac... (...)
Écrit par : alba | 28.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 28.02.2012
Écrit par : Anis | 28.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 28.02.2012
Écrit par : claudialucia ma librairie | 28.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 29.02.2012
Un tel livre nous appelle à la vigilance. Merci !
Écrit par : Annie | 29.02.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 29.02.2012
Écrit par : dasola | 03.03.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 04.03.2012
Écrit par : comparateur mutuelles | 29.03.2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : mutuelles animal | 16.04.2012
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire