11.03.2010
Les Femmes du braconnier - Claude Pujade-Renaud
Les Femmes du braconnier - Claude Pujade-Renaud - Editions Actes Sud
Les hasards de l’édition font qu’en peu de temps deux livres d’un même auteur m’ont comblés.
Deux poètes majeurs du siècle, un couple, deux créateurs exaltés et avides de vivre : Sylvia Plath et Ted Hughes liés par leur amour commun de la poésie "Nous étions en écriture comme on est en prière " *, par un amour charnel puissant " fils de fer tirés entre nous ".
Ils vont s’affronter, se détruire l’un l’autre mais c’est elle qui en paiera le prix. Car comment avoir tout ? comment conjuguer une vie de poète et la vie tout court, comment assumer grossesses, naissances, comment supporter d’être une femme trompée ? La violence, la colère permettent un temps béni de création poétique mais ne suffisent pas pour résister au désespoir et la folie guette.
Ted Hugues est avide des mots, avide de poésie, avide de femmes. Amoureux de la nature, des animaux qui tiennent la première place dans sa poésie, il est le " braconnier ", le prédateur qui aime la chasse et en jouit.
Assia Wevill, la deuxième femme du braconnier, poète elle aussi, deuxième proie consentante, le suicide de Sylvia Plath et les déchirements du couple l’entraîneront elle aussi vers la mort.
L’auteure a fait le choix d’un roman polyphonique pour tracer le portraits de deux femmes, les deux épouses de Ted Hughes et son portrait à lui en filigrane, lui le braconnier. Claude Pujade-Renaud n’accable pas, ne cherche pas de coupable. A travers des chapitres courts et très rythmés elle fait entendre les voix des poètes mais aussi des amis, frère, soeur, mère. Par les voix alternées des acteurs et des témoins elle multiplies les points de vue sur les trois personnages, elle les enrichit, les comprends. Elle étudie d’une plume élégante les passions sauvages, les interprète, et fait naître un récit d’une grande intensité.
Pour vous donner envie de découvrir la poésie de Sylvia Plath et de Ted Hughes
Crow **
Il s’emplit de toute sa force, brilla de tous ses feux.
Il ébouriffa sa rage, griffes et plumes.
Il pointa le bec droit au coeur du soleil.
Il se fendit d’un rire jusqu’au centre de lui-même.
Il attaqua.
Son cri de bataille fit vieillir les arbres d’un coup,
s’aplatir les ombres.

Le Braconnier ***
Et nous étions, lui, moi, liés aussi -
Fils de fer tirés entre nous,
Piquets trop enfoncés pour pouvoir s’arracher,
Esprit comme un anneau
Coulissant soudain sur un long corps souple
Et la contraction m’étranglant d’un coup.
* Ted Hughes Birthday Letters - Gallimard
** Ted Hugues - Poésies - Gallimard
** Sylvia Plath - Poésies - Gallimard
11:49 Publié dans Littérature Française, Poésie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note












































































Trackbacks
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Commentaires
Ecrit par : cathulu | 11.03.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Dominique | 11.03.2010
Ecrit par : Sabbio | 11.03.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : freude | 11.03.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Dominique | 12.03.2010
Ecrit par : Dominique | 12.03.2010
Répondre à ce commentaireBon week end !
Ecrit par : L'or des chambres | 12.03.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Dominique | 12.03.2010
Ecrit par : Nanne | 13.03.2010
Répondre à ce commentaireLa Nuit la Neige est un roman qui va te plaire j'en suis sûre
je vais prochainement animer une rencontre lecture sur ce livre et je m'en réjouis
Ecrit par : Dominique | 14.03.2010
Répondre à ce commentairebonne journée,
Ecrit par : Pascale | 15.03.2010
Répondre à ce commentaireEt biensûr maintenant, il me tarde de me plonger dans les écrits de Sylvia Plath et Ted Hughes, jamais lus. Je vois aussi dans les commentaires ici, des échanges sur "Froidures" qui a l'air intéressant.
Ecrit par : AnnDeKerbu | 10.04.2010
Répondre à ce commentairePar contre je ne suis pas très attirée par la poésie de Sylvia Plath mais on ne peut pas tout aimer .....
Ecrit par : Dominique | 11.04.2010
je n'ose écrire ce commentaire... mais je n'ai pas du tout aimé les femmes du braconnier. Je n'ai pas aimé cette façon de faire penser et parler les protagonistes. Je ne sais pas ce qui m'a gêné au juste, mais j'ai lu tout ce qui est traduit de plath et Hughes et là je ne m'y retrouve pas. Vous dites pas d'accablements, pas de jugements... je n'en suis pas si sûre ! comment ne pas juger une femme qui se suicide en entraînant son enfant dans sa folie ?
Bref, après l'avoir finit, j'ai ressenti un grand malaise, du voyeurisme, et je comprends aisément que leur fille ne veuille pas que ce genre de livre soit écrit. Nous ne sommes pas dans la tête , ni dans la vie des gens !
Il y a des choses intéressantes quand même, il ne faut pas que j'exagère : un peu plus de précisions sur les dates des écrits.
voilà, et heureusement que tous les goûts sont dans la nature, et que nous n'aimons pas tous les mêmes livres ;o) J'avais préféré froidure, il faudra que je le relise, car je l'avais lu à sa sortie.
Je ne connaissais pas cette auteure à la médiathèque de ma ville on m'en a fait beaucoup d'éloges, mais je ne crois pas non plus que j'adhère à son style.
J'aime toujours autant venir vous lire.
à bientôt
Claude
Ecrit par : Claude | 20.05.2010
Répondre à ce commentairej'aime assez des points de vue divergents car ils font s'interroger plus avant sur les impressions premières que l'on peut avoir
A bientôt le plaisir de vous lire
Ecrit par : Dominique | 20.05.2010
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