Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Littérature canadienne - Page 2

  • Les Saisons de la solitude - Joseph Boyden

    Les Saisons de la solitude  - Joseph Boyden - Traduit de l’anglais par Michel Lederer - Editions Albin Michel

    chemins de solitude.gifJoseph Boyden écrivain canadien avait raconté l’histoire de Xavier Bird dans le magnifique  Chemin des âmes roman qui se situait pendant la guerre de 1914, dans son dernier roman nous retrouvons la famille Bird et c’est Will qui en est le héros, Will fils de Xavier.
    Will vit près de la Baie James, à Moonsonee réserve d’indiens Cree, nous sommes dans le grand Nord, si vous voulez y aller prenez le Polar Bear Express le seul train qui fasse le voyage jusqu’au "trou du cul de l’Arctique" comme le nomme Boyden.
    Will Bird est un ancien pilote de brousse, porté sur l’alcool,  il est aujourd’hui plongé dans le coma à la suite d’une agression, de son monde d’ombres et de fantômes il voit défiler sa vie. Le drame de sa séparation avec sa famille, la mort de sa mère qui refusa d’apprendre la langue des blancs, son père héros de la Première guerre qui va le trahir en l’envoyant à l’école. Ses souvenirs affleurent, ceux du Grand Nord, de sa vie de trappeur mais aussi sa propre dérive, son besoin de vengeance qui l’a conduit dans ce lit d’hôpital et son besoin de rédemption.

    indiencree1936.jpg

    Indiens Cree

    A côté de lui, Annie sa nièce, elle ne croit pas au pouvoir des mots mais elle a une dette envers cet oncle qui l’a élevé ainsi que sa soeur. Petit à petit son récit se fait plus libre, plus sincère, elle confie à Will son amour/haine pour sa soeur Susan belle et magnifique, séduite par la vie clinquante de mannequin et aujourd’hui disparue.

    baie james.jpg

    Paysages de la Baie James

    Les deux récits vont se croiser, se répondre, dévoiler les sentiments de chacun, les rapprocher par delà la conscience.
    Le Grand Nord canadien est splendidement évoqué. En filigrane de ce roman Joseph Boyden met l’accent sur la destruction lente du peuple Cree par la maladie, l’alcool, la violence, la drogue. Les indiens tiraillés entre la modernité et la vie traditionnelle.

    Si vous n'avez pas lu "Le chemin des âmes" un billet chez Lettres Exprès et chez Art et Littérature précipitez vous et retrouvez ensuite ces Saisons de la solitude.

    Poursuivre votre lecture : Un article sur les enfants Cree enlevés à leur famille sous prétexte "d'éducation"


    L’auteur

    Joseph Boyden écrivain canadien vit en Ontario et enseigne la littérature à la Nouvelle-Orléans, il a reçu le Giller Prize pour ce roman

  • Le miel d'Harar

    miel d'harar.gif

    Le miel d'Harar - Camilla Gibb - Editions Actes Sud

    Dépaysement garanti aujourd’hui , un voyage de couleurs, d’odeurs et de saveurs dans un pays soumis aux tourments des révolutions, des guerres, des famines.

    Le roman alterne entre deux époques et deux lieux : 1974 en Ethiopie dans les mois de chaos politique qui précèdent la chute d’Hailé Sélassié, et 1990 à Londres au sein de la communauté éthiopienne en exil.

    L’héroïne se nomme Lilly , fille d’un père britannique et d’une mère irlandaise, parents excentriques et irresponsables qui disparaissant au Maroc la laisse à la garde d’un maître Soufi.

    Le Grand Abdal, élève l’enfant et l’instruit dans le respect des textes et des lois de l’islam.

    La vie de l’héroïne prend un nouveau tournant lorsqu'elle fait un pèlerinage à Harar, en Éthiopie, un des lieux saints du soufisme, quatrième ville de l’Islam.

    Contrainte de rester à Harar, Lilly va devoir lutter pour trouver sa place dans une société qui la rejette parce qu’étrangère, parce que blanche et parce que femme. Elle mesure le gouffre existant entre un texte d’amour ce que le Coran a toujours été pour elle et la possible « fureur de l’islam ».

    Les difficultés sont immenses, elle partage la pauvreté, et la misère des harari. Pour gagner sa vie elle enseigne le Coran aux enfants pauvres du quartier, cueille le khat, coud des coquillages sur des paniers, donne des leçons d’anglais.

    Elle tente de s’intégrer à la vie de la communauté mais la situation politique du pays va l’obliger à s’enfuir à l’heure où le destin des éthiopiens bascule pour longtemps dans le sang et l’horreur.

    Réfugiée en Angleterre auprès d’émigrés éthiopiens Lilly va tenter de reconstruire sa vie, de faire le deuil d’un pays et d’un amour.

    Camilla Gibb qui a vécue en Ethiopie, campe une Lilly toute à la fois forte et fragile, sensible, et qui laisse voir une facette de l’Islam très différente des violences de l’intégrisme.
    Le roman est peuplé de personnages hauts en couleurs, les odeurs et les couleurs de l’Ethiopie sont rendues avec bonheur; la communauté londonienne exilée est très heureusement peinte.

    Roman de l’exil, de la tolérance mais aussi de la force de la vie spirituelle et de sa beauté, ce roman mérite une place dans votre bibliothèque



    L’auteur :
    Camilla Gibb est née en Angleterre et a grandi à Toronto. Elle a fait des études universitaires en anthropologie sociale, avec un intérêt particulier pour le Moyen- Orient. Ses deux romans précédents, Détails insignifiants d’une vie sans éclat (Plon, 2004) et La Bouche pleine de mots (10/18, 2004), ont été traduits en une douzaine de langues. Camilla Gibb est la vice-présidente du PEN-Club canadien, et a reçu de nombreux prix pour son oeuvre.