26.02.2010
L'Enigme du retour - Dany Laferrière
L’Enigme du retour - Dany Laferrière - Editions Grasset
Un long récit mêlant poésie et prose comme si l’auteur ne pouvait faire le choix entre ces deux modes d’écriture, comme il ne peut faire le choix entre sa terre natale et son lieu d’exil. C’est ainsi que Dany Laferrière met en mots l’indicible : la douleur de l’exil et la volonté de se dire à nouveau "chez soi "
A vingt ans d’intervalle son père et lui ont quitté Haïti, ont échangé la splendeur des couleurs pour le froid et le vide de l’exil. Vingt années durant l’auteur a été hanté par l’absence de ce père parti sans espoir de retour.
A son tour lui aussi fait le choix du départ, laissant mère, soeur, amis.

Les femmes de Haïti sont celles qui restent
Il n’y a plus de famille, un père aux Etats-Unis, un fils au Canada, la famille éclatée, dispersée.
C’est son père dont " La mort expire dans une blanche mare de silence " (Aimé Césaire) va provoquer le retour vers la terre d’origine, vers le bruit, les couleurs, les odeurs de la terre natale.
C’est un retour difficile. Il reprend possession des lieux, il reconnait les rues, les bruits, la vitalité paradoxale de son île " Si on meurt plus vite qu’ailleurs, la vie est ici plus intense " C’est son pays et il y est comme un étranger. Sa soeur est restée, c’est sa blessure secrète :
" Encore plus secrète que ma mère.
A la voir toujours souriante on n’imaginerait pas
qu’elle vit dans un pays ravagé par une dictature
qui ressemble à un cyclone
qui n’aurait pas quitté l’île pendant vingt ans "

Ce roman de l’identité est magnifique et terrible, le fantôme du père est partout présent, les changements sont profonds dans l'île mais la pauvreté, la faim, la peur sont toujours là.
De brefs tableaux, croqués sur le vif, de la vie haïtienne, un poignant constat d’échec "Un fleuve de douleurs dans lequel on se noie en riant." et aussi " Les trois quarts des gens que j’ai connus sont déjà morts (...) Ils vont si vite vers la mort qu’on ne devrait pas parler d’espérance de vie mais plutôt d’espérance de mort."
Un roman qui est comme un cri et qui devrait trouver place dans votre bibliothèque
D'autres avis : Chez AnnDeKerbu sibylline Bénédicte Luocine
Une interview que m'a fait découvrir Colo
Le blog Encres Noires avec une interview de Dany Laferrière
10:23 Publié dans Littérature Francophone | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note






















































































































































































































































Trackbacks
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Commentaires
"Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer" , j'ai bien ri, mais c'est beaucoup moins bien.
J'ai aimé 'L'odeur de café"
Luocine
Écrit par : luocine | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireC'est avec plaisir que j'accepte bien sûr que tu mettes un lien sur ton blog vers ce billet et je ferai de même
Écrit par : Dominique | 25.02.2010
Écrit par : keisha | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 25.02.2010
Luocine
Écrit par : Luocine | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mango | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 25.02.2010
Écrit par : Bénédicte | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 25.02.2010
Écrit par : Alice | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 25.02.2010
Écrit par : Sibylline | 25.02.2010
Répondre à ce commentairemais l'expression de livre "abouti" est bien la bonne
Écrit par : Dominique | 25.02.2010
Écrit par : colo | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireCependant, je ne lirais pas ce Laferrière... Je dois dire que son "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer" m'avait profondément ennuyée...
Écrit par : Choco | 25.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2010
je peux te dire que j’ai adoré ce livre, que si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’ai, après l’avoir lu, envoyé a une connaissance commune du côté de Montréal (eh oui, j’adore ça offrir l’exemplaire que j’ai lu et que j’ai aimé. Chacun son grain de folie) qui au départ, n’était pas très inspiré par le nom de l’auteur. Maladie du libraire surement.
Merci Dominique de me donner l’occasion de changer mon « je vais le lire » habituelle en « je l’ai lu ». Je me sens tout fier…
Écrit par : Armando | 26.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2010
Écrit par : Dominique | 26.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lali | 26.02.2010
Répondre à ce commentaire"l'autre face de la mer" de Louis Philippe d'Alembert
merci à vous de nous parler avec tant de fougue des livres et des auteurs
Écrit par : Double je | 26.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 26.02.2010
En revanche je me suis régalée avec l'interview de Denis Laferrière. on le retrouve bien dans sa manière de parler d'Haïti, juste ce qu'il faut de distance... Cette ardeur de vivre : c'est tout à fait ça.
Je t'envoie par courriel l'édition spéciale du Nouvelliste, journal de référence haïtien.
Écrit par : Rosa | 26.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2010
Écrit par : AnnDeKerbu | 26.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2010
http://encresnoires.blogspot.com/2009/10/paroles-decrivains-haitiens.html
Il s'agit d'un échange entre Dany Laferrière et Lyonel Trouillot, autre auteur haïtien très intéressant. Bonne journée
Écrit par : AnnDeKerbu | 27.02.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 27.02.2010
J'ai lu ce très beau roman à sa sortie et je peux dire que j'ai adoré! Le thème m'a touché personnellement, je vis moi-même loin de mes racines...
Très belle journée
Écrit par : Kenza | 02.03.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : claudialucia | 06.03.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 07.03.2010
Écrit par : claudialucia | 20.04.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 20.04.2010
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