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  • Les Pierres Sauvages - Fernand Pouillon

    Le temps des bâtisseurs

     

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    Au  XII ème siècle un moine mandaté par Bernard de Clairvaux se rend à Notre-Dame de Florielle pour organiser la mise en chantier d’une future abbaye.

    Il arrive par Avignon et les Alpilles et fait halte à Montmajour

     

     

    2001-avril-abbaye montmajour 4.jpg© ivre de livres

     

    « Le jour de la saint Jean de Damas nous nous sommes arrêtés à Montmajour »

     

    Sur le futur emplacement le défrichement de la forêt a déjà commencé. Le chantier est né. Il est le maître d’oeuvre et va dans les mois qui suivent organiser le travail.

    La préparation est ingrate, longue et nécessite l’embauche de tous les corps de métier nécessaires : carriers, forgerons, potiers, bûcherons.

    Il faut en premier lieu construire des bâtiments annexes où loger les moines, les convers et tous les ouvriers. Il faut essarter, labourer, semer, créer potager et verger, pressoir et moulin à huile, bergerie et étable, le nécessaire pour assurer la subsistance de tous. Un jardin des simples pour soigner.

    Un potier est en charge des tuiles qui couvriront les bâtiments. Des charpentiers préparent les longues poutres et solives qui serviront à la charpente.  

     

    Le travail est lent

    « Dans les meilleurs conditions, six années seront consacrées à à l’extraction et à la taille. » les matériaux choisis ne sont pas ceux auxquels les tailleurs de pierre sont habitués, il y a là des pierres fragiles, d’une couleur inhabituelle, des « pierres sauvages ».

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                             Abbaye du Thoronet 

     

    Contre tous il choisit de monter les murs sans utiliser de mortier pour garder toute sa beauté à la pierre, mais cela exige un travail plus difficile, la taille doit être parfaite.

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    Il est alternativement confiant et inquiet mais pour lui « la difficulté est l’un des plus sûrs  éléments de la beauté » il tente de ne jamais oublier les vertus nécessaires « Patience, Persévérance et Humilité ».

     

    Il ne peut oublier son rôle spirituel, faire vivre ensemble des hommes différents, les uns sont de simples ouvriers, les autres voient là une mission de foi.

    Il lui faut  respecter les prérogatives de chacun, ménager la susceptibilité des uns et des autres. Il est garant de la règle de Saint Benoît tout autant que de la bonne avancée des travaux et parfois le souci du chantier le pousse à accepter quelques entorses à la règle sacro-sainte.

    Les accidents, les intempéries, la dégradation de sa santé le font parfois douter de la réussite du projet, doutes et regrets l’assaillent, il aurait voulu avoir le temps pour « Etudier, observer, contrôler, revenir en de nombreux repentirs, afin d’atteindre une perfection certaine. »

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    Ce journal de la construction de l' abbaye du Thoronet est d’une austérité toute bénédictine, le récit est âpre, rude, à l’image du futur édifice. C’est dans le même temps  une chronique très vivante et une méditation sur la volonté qui portait ces hommes pour affirmer la puissance divine par une oeuvre belle, simple, qui rende présent l’invisible.

    Un très beau roman, un acte de foi dans l’architecture, l’art et la main de l’homme.

     

    Si vous voulez en savoir plus sur l'abbaye du Thoronet 

     

    Fernand Pouillon un architecte contreversé 

     

    Le livre : Les pierres sauvages - Fernand Pouillon - Editions du seuil et Points Seuil

     

  • En découdre avec le pré sur Philippe Jaccottet - Miche Crépu

    Sur le pré

     

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    Un petit essai éclatant d’admiration et d’émotion que Michel Crépu fait partager ici dans cet opuscule au titre combattant.

     

    Comment exprimer l’admiration que l’on ressent pour l’oeuvre d’un poète ? Comment raconter la trajectoire qui nous a mené à lui ? 

    Michel Crépu remonte le temps pour se souvenir de sa première rencontre avec Philippe Jaccottet  « Je pris la Semaison et j’entrais ainsi dans cette oeuvre qui ne m’a pas quitté depuis. »

     

    Cette voix nouvelle, cette relation à la nature, à la beauté et au langage de Jaccottet est une expérience forte et un enchantement.

    Il aime dire que les écrits de Jaccottet sont des enquêtes «  le poète Jaccottien tient du détective. Ses promenades, ses rêveries sont des enquêtes »

    Il s’agit des les comprendre, de capter le sens d’un poème, de rendre compte de l’émotion sans tomber dans le dithyrambe ou l’emphase.

    Il nous ouvre les portes de Philippe Jaccottet poète, traducteur et passeur de poésie « De combien de poètes pourrions-nous dire qu’ils ont si bien parlé des autres ? » demande Michel Crépu. 

     

     

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    Son sentiment personnel est fort, il le revendique « Si je cherche à mettre un mot sur l’émotion de mes premières lectures de Jaccottet, c’est l’expression de condition humaine qui me vient à l’esprit et je voudrais bien voir qu’on m’interdise de l’utiliser encore. » 

     

    Il parle d’expérience spirituelle, d’expérience d’enchantement, ce n’est en rien un décorticage de l’oeuvre, une interprétation érudite, non c’est plutôt une transcription de sensations, un parcours en amitié poétique.

    Après toutes ces années de proximité avec le poète ce qui le touche c’est que chez Jaccottet « la simplicité puisse aller ici aussi aisément de pair avec le raffinement, l’élégance »

     

    Au fil des pages vous aurez besoin d’avoir sous les yeux La Semaison ou mon préféré La promenade sous les arbres et bien sûr L’entretien des muses.

    Votre envie de lire Philippe Jaccottet se fera prégnante.

     

    Témoignage d’une « amitié de lecture » ce petit livre rend aussi compte des interruptions ou des éloignements que Michel Crépu a pu connaitre dans sa relation avec le poète  mais qui, toujours, est resté son poète de chevet qui lui donne le « sentiment (…) d’être fortifié ».

     

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    Si vous voulez entendre Philippe Jaccottet, le mieux comprendre, approfondir sa lecture, ce petit livre est celui qu’il vous faut.

     

    Le livre : En découdre avec le pré - Michel Crépu - Editions des Crépuscules