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L'Entreprise des Indes - Erik Orsenna

entreprise.gifL’Entreprise des Indes - Erik Orsenna - Editions Stock/Fayard
J’ai entamé ce livre avec plaisir mais celui-ci s’est émoussé au fil des pages. Dommage.
Ni biographie, ni roman historique, ce récit à la première personne est conduit par Bartolomé Colomb, le frère, celui qui n’a pas été du premier voyage et qui finit ses jours sur l’île d’Hispañola.
Il va raconter les quelques huit années où les frères vivent à Lisbonne et tentent d’asseoir leurs connaissances en cartographie et mathématiques pour convaincre le roi du Portugal de financer leur voyage vers les Indes. Bartolomé a participé à l’Entreprise, le nom que Christophe Colomb donne à son projet, mais lui n’est pas un aventurier, c’est un homme d’études " Quelqu’un qui s’arrange pour vivre à l’écart de la vie et de ses horreurs.”
Son récit dresse une fresque de l’Europe de l’époque, de ce Portugal qui veut se hisser au rang des grandes nations et cette Espagne aux prises avec : les arabes, l’expulsion des juifs et l’Inquisition.

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Les cartes de l'époque

J’ai aimé les descriptions du travail de cartographe, les fausses cartes dessinées pour tromper l’adversaire, la fièvre qui s’empare des savants qui doivent nommer les plantes et animaux rapporter par les caravelles de retour d’Afrique, les aventures de Bartolomé ( réelles ?) pour rapporter à Lisbonne Le fameux Devisement du monde devenu un livre imprimé
Pourtant je me suis lassée assez vite, ni livre d'historien, ni vrai roman,  on voudrait s’attacher aux personnages mais hélas cela manque de souffle, l’accumulation d’anecdotes ne fait par un roman même lorsqu'elles sont bien racontées.

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Commencé par cette interrogation " Pourquoi cette curiosité, pourquoi cette fièvre des découvertes se sont-elles soudain muées en la plus terrible des cruautés ?" Orsenna ne revient sur le sujet qu'en quelques lignes en toute fin du livre.
Un mérite pourtant, celui de faire connaître le sermon prononcé par le frère Antonio de Montesinos qui du haut de sa chaire prend fait et cause pour les indiens et fustige les conquérants bien avant les écrits de Las Casas.

" Vous êtes tous en état de péché mortel à cause de la cruauté et de la tyrannie dont vous usez à l’égard de ce peuple innocent. Dites-moi en vertu de quel droit et de quelle justice maintenez-vous ces Indiens dans une servitude si cruelle et si horrible? Qui vous a autorisés à faire des guerres aussi détestables à ces peuples qui vivaient si paisiblement dans leur pays, où ils ont péri en quantité infinie? " Sa voix hélas n’a pas été entendue.

Je ne suis pas au diapason des critiques qui trouvent le livre érudit, poétique, flamboyant... pour ma part je dirai que certains passages sont excellents mais que l’ensemble est confus et que pour moi le compte n’y est pas.

Commentaires

  • J'ai écouté Busnel et Orsenna en parler jeudi dernier à La Grande Librairie. Ça semblait intéressant sur certains points, la cartographie, notamment (qui apparemment t'a beaucoup plu)... A voir donc, si un jour il me passe entre les mains.

  • Dommage en effet car le thème est vraiment intéressant! En tout cas j'apprécie les illustrations que tu as trouvées!

  • @ Mango , je prends beaucoup de plaisir à chercher des images

  • Moi aussi j'avais regardé la Grande Librairie,. ..je n'avais pas été emballée pour les raisons que tu énonces. On ne peut être bon en tout et Orsena touche tant de sujets différents... Dommage en effet. La photo de la carte est surprenante et belle.

  • @ Colo ; j'avais gardé un bon souvenir de son livre sur Le Nôtre , mais là effectivement on retrouve le touche à tout et du coup à rien...
    La cartographie est quelque chose qui me fascine un peu d'où mon achat, j'ai appris un peu sur cet art durant cette période mais de façon un peu superficielle

  • @ In cold blog : dommage, le sujet était ambitieux et attirant mais ...

  • J'ai beaucoup entendu Erik Orsenna à la radio ces jours-ci, il parle vraiment très bien de son livre, je me serais facilement laisser tenter. Il vient d'ailleurs dans ma librairie en juin, mais je ne serai pas là. Je vais attendre et le prendre éventuellement à la bibliothèque.

  • @ Aifelle : je suis curieuse de connaitre ton point de vue, j'ai comme toi été intéressé par Orsenna à la radio, son livre n'est pas mauvais mais tout simplement décevant

  • Je n'étais d'emblée par très accrochée et ton billet me dit que je peux passer à autre chose sans regrets...

  • @ Gwenaelle : passe mais là attention tu ne passe pas par la case départ et donc tu ne touches pas 20 000 francs (euros peut être ?)

  • J'ai passé un bon moment de lecture chez toi en lisant plusieurs de tes derniers billets. De beaux voyages, merci !

  • @ Theoma : le voyage en chambre, une variété que je pratique beaucoup.

  • J'ai justement acheté le livre après avoir vu l'émission La Grande Librairie, il est en attente, et ton billet va freine un peu mon élan...
    Très belle soirée et bon week-end

  • @ Kenza , je suis curieuse d'avoir ton avis, tu feras peut être une lecture toute différente de la mienne

  • La question initiale, soulignée dans ce billet, est si forte qu'elle appelle en effet des réponses plus profondes que des anecdotes : "Pourquoi cette curiosité, pourquoi cette fièvre des découvertes se sont-elles soudain muées en la plus terrible des cruautés ?" Une attente déçue ?

  • @ Tania : oui déception car la période est effectivement très effervescente et il n'est pas simple de faire un tableau mais à trop vouloir embrasser ...il y a de tout un peu et surtout aucune piste de réflexion c'est dommage

  • Voilà un livre que n'est pas sans éveiller ma curiosité.

    Pour ce qui est de la cruauté lié aux découvertes, il faut savoir, qu'une grande partie de celles-ci avaient une raison et un acteur important dont on parle si peu quie s'appelait "l'expansion de la foi" et les ceux qui portaient cette lourde mission n’ont pas été toujours très conciliants ni très tendres avec ces peoples qu’il fallut convertir de force, souvent par la peur. Certes ça n’explique pas tout mais c’est déjà un débout…

  • @ Armando : les convictions quelles soient politiques, religieuses, morales sont le pire des combustibles à la cruauté, la violence, la tyrannie, voir Calvin, les talibans ou bien d'autres les conquistadors de tous poils !

  • Dommage, un livre que j'avais dans ma Pal et que je comptais lire en août... bon, je le garde sous la main quand même, et en ferais quand même une critique. L'aspect sur la cartographie, je pense que je vais adorer, on verra pour le reste !

  • @ Sébastien : méfiance car mon avis n'est pas du tout partagé alors... j'ai aimé certains passages mais je l'ai trouvé globalement décevant

  • Cette fois je ne suis pas d'accord avec toi.J'y reviens rapidement car je l'aurai très vite fini.Je suis beaucoup plus enthousiaste.

  • Je l'ai lu il y a 3 ans... J'ai aimé... mais aujourd'hui il ne m'en reste presque rien :s

  • j'avais trouvé le livre un peu faiblard

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