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  • Bribe de Mario Rigoni Stern

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    « L’humidité du bois, l’odeur de la terre humifère, les couleurs des feuilles de hêtre, de sorbier, du saule des chèvres, de l’aulne blanc tranchant sur le vert sombre des sapins et la splendeur flamboyante d’un merisier ; lui avec son chien ; et le silence amplifié par les brefs appels des oiseaux de passage, par le battement d’ailes d’une grive, par le tintement argentin du grelot attaché au collier de son chien. Marcher comme ça pendant toute la vie. Toujours. » 

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    « La couverture sur la tête, on marchait en silence ; en sortant de la bouche le souffle gelait sur la barbe et sur les moustaches. Mais l’air, la neige et les étoiles aussi semblaient soudés ensemble par le froid. La couverture tirée sur la tête, on continuait à marcher en silence. On s’arrêta, peut-être parce qu’on ne savait pas où aller. Le temps et les étoiles passaient au-dessus de nous, étendus sur la neige. »

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                 Asiago le pays de Mario Rigoni Stern

     

    Bribe de : Hommes bois abeilles - Mario Rigoni Stern - Editions la Fosse aux ours 

  • Bribes de Mario Rigoni Stern

    L'automne de Mario Rigoni Stern

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    Aube © des âmes et tes yeux

    «  C’est la période où la forêt est magique, par ses silences, ses aubes brumeuses, ses couleurs qui s’estompent en une multitudes de tons vert-brun-jaune que relève par moments une lumière mystérieuse dans le sous-bois pré-hivernal.

    Parfois, on s’arrête pour écouter la clochette, puis le trottinement du chien d’un chasseur solitaire qui passe, s’ éloigne, et disparaît dans la forêt.»

     

    « Les feuilles des érables d’altitude se sont mises à luire comme de l’ambre, et la brise du matin les détache des arbres, et les pose sur le sol. Les sorbiers aux baies rouges, brillantes, attirent  irrésistiblement les grives litornes et les grives draines ; les petits coqs de bruyère  se rassemblent au soleil dans les clairières entre les pins mughos, mais quand le temps se mettra à la neige, ils ne tarderont pas à chercher refuge dans les trous à l’abri du vent.

    Les prés autour des hameaux et les pâturages se sont parés des dernières fleurs : les colchiques de l’automne bleus et violets. »

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    Le Livre : Les Saisons - Mario Rigoni Stern - Traduction Marie Hélène Angélini - Editions La Fosse aux ours

  • Histoire de Tönle - Mario Rigoni Stern

    Un classique en Italie

     

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    © Site officiel de Fulvio Roiter.

     

    Profession : berger contrebandier

    Nom : Tönle Bintarn 

     

    En 1866 sur le plateau d’Asiago, en Vénétie à la frontière du royaume d’Italie et de l’Empire austro-hongrois, Tönle Bintarn tente de faire vivre sa famille. Le troupeau ne suffit pas

    et chaque printemps Tönle s’arrache à tout ce qui fait sa vie, sa ferme qui  « avait un arbre sur le toit : un cerisier sauvage », sa famille, son plateau, et franchit la frontière.

    Cette année il est allé jusqu’à Ratisbonne et au retour pour son malheur, son chargement sur le dos, il bouscule un douanier.

    Cela lui vaut une condamnation par contumace qui va le rendre fugitif pour de longues années. 

    C’est cela la vie de Tönle, l’hiver bien caché au creux de sa ferme, dormant dans le grenier pour avoir une échappatoire au cas où; et sur les chemins de l’Empire Austro-Hongrois 9 mois par an.

    Colporteur, mineur, passeur de tabac, jardinier au Château de Prague, parlant plusieurs langues, ses pérégrinations le portent loin de son Italie natale, il joue à saute frontières et s’enfonce jusqu’aux Carpates, jusqu’en Russie.

     

     

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    Les dangers sont nombreux, les carabiniers bien sûr mais aussi les filous, les crevasses, les tempêtes de neige, les loups et la faim omniprésente.

    Et pendant ce temps la vie s’organise sans lui « Quand il avait pris la clef des champs, sa femme était enceinte de deux mois à peine et il ne le savait pas encore. Maintenant une petite fille était née » lui rapporte de quoi vivre et augmenter le troupeau «  il ôta sa ceinture, la décousit avec son couteau et fit glisser dans sa main les gulden d’argent ».

     

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    Quand l’amnistie de son délit arrive c’est bien tard et très vite là c’est l’attentat de Sarajevo et le plateau d’Asiago va d’un seul coup devenir ligne de front. 

     

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    Asiago pendant les combats

    Dans ce superbe roman, Mario Rigoni Stern ne fait par un récit de la guerre mais de ses conséquences sur Tönle et ses pareils. Des hommes pour qui l’Europe est une réalité, qui sont toujours sur la corde raide un pied dans chaque pays mais qui ne comprennent pas la nécessité de se battre pour ces frontières.

    Tönle est marqué par la fatalité et précipité dans l’Histoire. Fini pour lui les splendides couleurs du plateau d’Asiago, fini les prairies verdoyantes, fini le cerisier sur le toit de sa maison. 

    Récit intense, lumineux et poétique, dans lequel Mario Rigoni Stern a le souci du détail d’un miniaturiste. 

     

    Un petit livre qui trouvera assurément place dans votre bibliothèque

     

     

    Le livre : Histoire de Tönle - Mario Rigoni Stern - Traduction de Claude Ambroise et Sabina Zanon Dal Bo - Editions Verdier poche

  • La météo se joue de nous

    La météo se joue de nous en ce moment, mais où est passé le printemps ? 

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    © ivre de livres

    «  Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais deux huppes amoureuses, deux levrauts dans un buisson, une bergeronnette qui court sur la route, deux écureuils qui grimpent aux branches d’un sapin, le font assurément.

    Si, par ailleurs,  on remarque un frelon bruyant, un papillon appelé aria, un ver de terre, si on entend chanter un chardonneret, c’est bien le printemps même si le lendemain il neige. »

     

    Le Livre : Les Saisons - Mario Rigoni Stern - Traduction Marie Hélène Angélini - Editions La Fosse aux ours

  • Bribes de M Stern

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    «  La joie au coeur, remplissons le creux de notre main d’un peu de myrtilles, et savourons les en pensant que le grand tétras et la grive musicienne les aiment eux aussi.

    Dans les clairières, mangeons également quelques fraises des bois parfumées ou quelques framboises mûres. La lune décroissante n’est pas favorable à la cueillette des champignons, mais si, parmi les myrtilles, il vous arrive d’apercevoir le jaune lumineux des chanterelles, ne vous précipitez pas pour les prendre ; savourez ce moment avec bonheur, comme un don de la nature : le souvenir même de cette cueillette donnera encore plus de goût et de parfum au risotto de votre dîner en famille. »

     

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    Le Livre : Les Saisons - Mario Rigoni Stern - Traduction Marie Hélène Angélini - Editions La Fosse aux ours

  • Le Garçon sauvage carnet de montagne - Paolo Cognetti

    Retour à la montagne

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    C’est un jeune homme, la trentaine tout juste, il quitte la villela douleur accompagne cette évasion.
    « J’avais trente ans et je me sentais à bout de forces, désemparé et abattu, comme quand une entreprise en laquelle tu as cru, échoue misérablement. »

    Il va passer du temps dans une solitude quasi totale pratiquant ainsi une rupture radicale avec sa vie d’avant, plusieurs semaines sans voir âme qui vive, il va ainsi tenter de reprendre pieds dans la vie.

    Il nous invite sur les pentes de sa montagne
    « les pâturages étaient encore en sommeil, teintés des couleurs brunes et ocres du dégel; les montagnes et les vallons ombragés encore recouvert de neige. » pas très loin du Grand Paradis.

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    Paolo Cognetti est un admirateur de Thoreau mais pour autant il ne construit pas sa cabane, non il a pour s’enfouir loin du monde

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    «  une baita en bois et en pierre à deux mille mètres d’altitude, là où les dernières forêts de conifères cèdent la place aux hauts pâturages. »

    Il emporte de quoi lire et écrire, Thoreau bien sûr, Elisée Reclus le géographe  et puis il a en tête des auteurs choisis : Mario Rigoni Stern, Erri de Luca, Charles-Ferdinand Ramuz ...

    Il trace la carte du pays, il a envie comme Reclus de cataloguer la faune et la flore  « une tentative de lire les histoires que le terrain avait à raconter. »

    Il parcourt les pentes, contemple « les nuages gonflés d’eau » et prend avec les aigles « une leçon de voltige » ou entendre le bruit d’éclatement du mélèze frappé par la foudre. A sa suite on surprend le renard dans sa clairière et on l’entend imiter le sifflet des marmottes.

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    Photo © Daniel Nagi

    Après quelques semaines l’envie d’échanger à nouveau avec les hommes revient et lorsque quelqu’un toque à la porte il pleinement heureux, il va faire une rencontre prémices d’une belle amitié.

    Dans sa baita il découvre un livre de poésie et c’est une vraie chance pour nous lecteur que de lire pour la première fois un poème d’Antonia Pozzi, poétesse qui se donna la mort à 26 ans lors de la montée du fascisme en Italie.

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    Dire que j’ai aimé ce livre est peu dire. Ce petit livre se classe dans la catégorie des livres d’ermitages, à côté de Thoreau bien sûr mais il a aussi une parenté très forte avec Mario Rigoni Stern que Cognetti cite souvent et qu’il admire manifestement. 

    C’est un recours aux montagnes comme Thoreau proposait un recours aux forêts, un voyage vers soi-même. Paolo Cognetti met dans cette introspection beaucoup de pudeur et de poésie.

    Et pour vous donner envie de découvrir Antonia Pozzi

    J'ai écumé les monts
    hérissée comme une fleur —
    regardant les rochers,
    les hautes parois
    dans les mers du vent —
    et, chantant à mi-voix, je me souvenais
    d'un ancien été
    où les rhododendrons amers
    prenaient feu dans mon sang.

                              Antonia Pozzi - Névés - La route du mourir

     

    L'avis positif aussi d'Hélène

     

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    Le livre : Le garçon sauvage Carnets de montagne - Paolo Cognetti - Traduit par Anita Rochedy - Editions ZOE