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Rechercher : la petite lumière

  • Bribes romantiques

    J’ai presque de l’humeur contre la nature qui semble prendre plaisir à nous faire perdre patience.

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    Les mélèzes, les bouleaux, deux pieds de lilas que nous avons au jardin, les rosiers et les haies d’aubépines portent à peine quelque verdure, tout le reste est sombre et dort presque comme en hiver, sauf quelques hêtres qui, plus printaniers que leurs frères commencent à se nuancer sur la masse noire de la plantation qui borde l’étang.

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    Il est doux de poursuivre une lecture passionnée jusques sous la chute du jour. Dans les lueurs du déclin, sous cette lumière où pénètrent déjà les ombres subtiles et le silence de la nuit, les lignes rêveuses parlent avec plus d’intimité; elles paraissent plus solitaires, plus recueillies, leurs pensées s’insinuent avec plus de charme et font mieux dans l’âme l’entrée furtive et muette des rêves.

     

    Le livre : Oeuvres  Maurice de Guérin  Editions Classiques Garnier 

  • Bribes de Dickens

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    Les lumières brillantes des magasins, où les branches et les baies de houx pétillaient à la chaleur des becs de gaz placés derrière les fenêtres, jetaient sur les visages pâles des passants un reflet rougeâtre. Les boutiques de marchands de volailles et d’épiciers étaient devenues comme un décor splendide, un glorieux spectacle, qui ne permettait pas de croire que la vulgaire pensée de négoce et de trafic eût rien à démêler avec ce luxe inusité. Le lord-maire, dans sa puissante forteresse de Mansion-House, donnait ses ordres à ses cinquante cuisiniers et à ses cinquante sommeliers pour fêter Noël, comme doit le faire la maison d’un lord-maire.

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    « Un joyeux Noël, Bob ! dit Scrooge avec un air trop sérieux pour qu’on pût s’y méprendre et en lui frappant amicalement sur l’épaule. Un plus joyeux Noël, Bob, mon brave garçon, que je ne vous l’ai souhaité depuis longues années ! Je vais augmenter vos appointements et je m’efforcerai de venir en aide à votre laborieuse famille ; ensuite cette après-midi nous discuterons nos affaires sur un bol de Noël rempli d’un bischoff fumant, Bob ! 

     

    Le livre : Conte de Noël - Charles Dickens

  • Le Pinceau de Monet

    « Il était né palette en main, et ne concevait pas la vie autrement que devant une toile pour y inscrire les passages d’énergie lumineuse »

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    « J’ai souvent raconté comment, un jour, j’avais trouvé Monet devant un champ de coquelicots, avec quatre chevalets sur lesquels, tour à tour, il donnait vivement de la brosse à mesure que changeait l’éclairage avec la marche du soleil. Dès la jeunesse, nous avions eu les murailles blanches de Vétheuil, se réfléchissant, à travers le brouillard, dans les brumes du fleuve, et mêlant l’air, la terre et l’eau en des gammes de reflets que nous retrouverons quarante ans plus tard, plus savantes, sinon plus géniales, dans le spectacle des Nymphéas. C’est l’entrée en scène des développements, des achèvements d’éclairage que vont manifester tour à tour les meules, les peupliers, les cathédrales, la Tamise, aux heures changeantes où se joue la diversité des drames de la lumière sous l’embrasement du soleil »

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    Le Bassin aux nymphéas et le pont japonais, 1899.

    Princeton University Art Museum

     

    Le livre : Claude Monet - Georges Clemenceau - Editions Parkstone international numérique

  • Bribes d'hiver

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    Je m’en retourne à mes jardins d’hiver.

    « L’hiver est une maison de verre. On ne voit plus briller dans les arbres ce vieil or, cet oranger et ces bruns chauds, ce jaune vif et ce rouge d’automne qui accrochaient encore aux branches un peu du soleil et des désirs de l’été, quelque chose comme la lumière tardive de l’amour »

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    « À présent, le grand tilleul est d’un noir nu : un tronc et quelques branches, de pauvres raisons d’être. Mais il y a encore, jusqu’au cœur de l’hiver, dans les nids déserts des oiseaux, les brindilles de leur chant et la mémoire de leurs envols. Désormais, il faut s’obstiner à chercher dans les mots un peu de chaleur, puisque c’est par là que passent les choses humaines, les joies et nos affaires de cœur »

    Le livre : Le Jardin sous la neige – Jean-Michel Maulpoix- Éditions Mercure de France

  • Un Tableau un livre et Van Goyen

     

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    Paysage avec deux chênes –  Rijksmuseum Amsterdam

    « C’est l’année (1645) ou Jan van Goyen peint avec la palette la plus retenue et la plus inspirée Vue d’une ville et d’une rivière.
    Le même artiste peignait en 1641 le rayonnant Paysage avec deux chênes traversé par un rayon de soleil.

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    Vue d’une ville et d’une rivière – Musée de Quimper


    L’homme qui a su faire ces deux tableaux où la lumière retenue ou délivrée est si présente est né en 1596. »

     

    Le Livre : Au jour le jour 2000/2005 – Paul de Roux – Editions le Bruit du temps
    Les Tableaux :
    Paysage avec deux chênes – Jan van Goyen - Rijksmuseum Amsterdam
    Vue d’une ville et d’une rivière – Jan van Goyen – Musée de Quimper

  • En si bon chemin vers Compostelle - Léo Gantelet

    En si bon chemin vers Compostelle - Léo Gantelet - Editions l’Astronome
    compostelle.gifIl y a des rêves que l’on traîne avec soi longtemps, personne ne sait si on pourra un jour les réaliser mais qu’importe car en leur compagnie la vie est plus douce
    Aller à Saint Jacques de Compostelle, faire ce chemin mythique est un rêve que j’ai en moi depuis très longtemps, depuis une fameuse émission de Bernard Pivot où il avait invité Pierre Barret et Jean Noël Gurgand qui avaient « fait le chemin » et publié un livre toujours disponible et passionnant : Priez pour nous à Compostelle.
    Depuis j’ai engrangé au fil des années une jolie bibliothèque sur le sujet, je ne suis jamais partie mais je n’ai jamais cessé de rêver.
    Le livre de Léo Gantelet était devenu indisponible et je courais après depuis longtemps, il vient d’être réédité pour mon plaisir.
    Léo Gantelet est Haut Savoyard, il a un parcours original, il est passé de l’informatique à l’ouverture d’une galerie d’art, aussi lorsque sur un coup de tête il décide de partir à Compostelle son entourage le prends très au sérieux.
    Assez classiquement on assiste à ses préparatifs, son souci des détails pratiques en particulier le poids du sac à transporter sur 1900 km, ou le choix des chaussures mais aussi une préparation physique peu convaincante à vrai dire.

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    Photo du site Santiago chemin de lumière

    Le récit de Léo Gantelet est très agréable à suivre, il écrit simplement et sait donner de la saveur à ses anecdotes, il fait vivre avec sympathie les personnages qui croisent sa route ou qui font un bout de chemin avec lui.
    La traversée de l’Aubrac, le passage des Pyrénées, les longues heures en Castille, j’ai pérégriné avec lui avec bonheur et envie.
    S’il entre dans vos projets de vous lancer à votre tour prenez le temps de lire ce livre et rangez le dans votre bibliothèque en attendant le grand jour.

     

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    Photo du site Santiago chemin de lumière

    Merci à Léo Gantelet qui a eu la gentillesse de mettre un aimable commentaire à ce billet  vous pouvez le retrouver sur son blog

     


    Deux autres excellents bouquins sur le sujet :  Retour à Conques et Le grand chemin de Compostelle de Jean Claude Bourlès chez Payot