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Résurrection - Leon Tolstoï

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le film des frères Taviani 

 

Le troisième et dernier des grands romans de TolstoÏ, Résurrection, est un peu son testament.

L’histoire que raconte l'écrivain est inspirée d’un fait réel. 

Katioucha Maslova est une jeune fille élevée par ses tantes, jeune fille séduite et abandonnée, elle a donné naissance à un enfant qui est mort aussitôt. La seule voie qui s’ouvre est la prostitution. Lors d’une sordide affaire de mort violente, elle est arrêtée puis condamnée au bagne. Dans le jury de ce procès il y a le prince Dimitri Nekhlioudov qui n’est autre que celui qui l’a jadis séduite et abandonnée. 

Sur la voie de la rédemption Dimitri va tenter de soustraire Katioucha à une sentence trop dure, puis va tenter par tous les moyens de se faire pardonner et de l’aider à survivre pendant le long voyage vers la Sibérie.

 

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Aleksander Sochaczewski

Rédemption, tel est le thème du roman, pour le prince il importe de mettre en adéquation sa foi et ses actes et ses idées. Il est évident que Tolstoï apparait fortement en filigrane de ce personnage. La quête difficile du prince vers un pardon espéré, vers une libération spirituelle est émouvant, il est honteux de son comportement et est prêt à tout abandonner. Est-ce la bonne façon d’obtenir le pardon ? est-ce suffisant ? 

 

Certes certains passages sont un peu trop lyriques et emphatiques à mon goût mais j’ai pris un vrai plaisir à la lecture de ce roman, le style est celui de Tolstoï et ça on ne s’en lasse pas, il peut en quelques lignes vous transporter : la scène la plus forte et la plus splendide se déroule durant la fête de Pâques et est magnifiquement évoquée.

Sa remise en cause d’un certain ordre social, son interrogation sur les privilèges de la noblesse, ses descriptions de l’univers carcéral, des conditions de la mise en oeuvre de la justice sont terrifiantes et expliquent les difficultés qu’il a eu à publier son roman. L’Eglise orthodoxe y a vu blasphème et profanation, moi j’y vois la quête inlassable d’un homme après ses idéaux.

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Cela m’a rappeler le Tchékhov de l’île de Sakhaline. Il y a dans ce roman un souci d’authenticité très fort qui le rend extrêmement attachant. Un grand roman qui vaut d’être découvert.

 

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Le Livre : Résurrection - Léon Tolstoï - Traduit par - Gallimard Pléiade

Commentaires

  • Tolstoï, j'avais un peu deviné. mais Résurrection, je ne connaissais pas. Je vais me faire un programme russe à la retraite mais il y a encore deux ans à attendre

  • @ miriam : à lire en alternance avec Zola :-)

  • C'est sympa de découvrir des titres moins connus d'un si grand auteur. J'ai tant aimé cette littérature mais je l'ai abandonnée pour des récits plus courts et des styles plus incisifs, j'ai du mal à entrer maintenant dans des textes qui demande du temps et de la disponibilité. (je fais une exception pour Proust)

  • @ Luocine : avec le temps pour moi c'est presque le contraire je lis rapidement les romans actuels mais j'aime me perdre pendant des heures dans les grands textes

  • Je l'ai lu il y a fort longtemps, une relecture s'imposerait.

  • @ Aifelle : c'était pour moi une lecture jamais faite et j'en suis heureuse je ne suis pas sûre qu'elle m'aurait plu il y a quelques années

  • Encore un livre que j'ai lu à la fac dans ma "période" russe et que j'avais aimé pour les raisons que tu énonces ici.

  • @ Claudialucia : je vois que nous avons toutes notre période russe, chez moi ça dure dure

  • Pour ma part, c'est l'excellent téléfilm des frères Taviani qui m'a amenée à lire pour la première fois ce roman de Tolstoï. Un souvenir marquant : j'étais en traitement à l'hôpital pendant la période de Noël quand ce film a été diffusé, le soir de Noël si ma mémoire est bonne. L'oeuvre est moins connue que ses autres grands romans, mais comme tu l'expliques bien, c'est un Tolstoï qui vaut vraiment la peine d'être lu.

  • @ Tania : je ne connais pas hélas le film mais j'ai l'intention de réparer ça car tout le monde en dit grand bien

  • Voilà encore un livre que tu me donnes envie de reprendre. C'est vrai que j'ai relu plutôt La guerre et la paix et Anna Karénine, deux livres dont je ne me lasse pas
    Quant au téléfilm des frères Taviani, je vais me le procurer

  • @ nadejda : idem pour moi, mais la curiosité l'a emporté et j'en suis heureuse, en dehors de l'histoire principale la critique du judiciaire et des prisons est digne de tchekhov et j'ai beaucoup aimé le réquisitoire de Tolstoï sur le sujet

  • Il est possible que certaines choses ne passent pas, mais bon, Tolstoi, j'aime! Guerre et paix et Anna karénine, pfou, quels bons romans!

  • @ Keisha : de grands romans même quand le sujet touche beaucoup moins ou ne correspond pas à ses idéaux, il y a une grande force dans son récit

  • @@@@@

    je suis peu présente sur vos blog mais depuis une semaine un mauvais microbe veut ma peau et me cloue au lit avec une fièvre importante alors mon temps de bonus sur l'ordi est très très court

  • Chère Dominique, courage, repose-toi bien.

  • Bonjour Dominique, tout d'abord, j'espère que tu vas vite aller mieux, moi aussi je suis peu présente, mais je dors, je dors et je dors, je ne sais pas ce qui m'arrive mais bon...
    Je ne connais pas le livre, mais j'ai vu le film au début des années 2000 je crois, j'avais bien aimé. Je vais essayer de le trouver à la médiathèque en audio, qui sait, ça me tiendra un bon moment au travail !!! bonne semaine Claude

  • Je devrais prendre le temps de relire Tolstoï. Tout Tolstoï. Mais alors là, la pile de livres en attente de lecture va s'élever quasiment aussi haut que la Tour Eiffel...
    Bonne journée.

  • Il est dans ma PAL celui-ci mais je ne suis pas hyper motivée pour l'en sortir ! Ton billet pourrait me faire revoir ma position.

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