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  • Provence

    Quand je viens dans ce pays, quelque chose se délie en moi, mon inquiétude intérieure prend fin : c’est comme si l’on posait une main ferme et douce sur une blessure qui commencerait à se fermer. C’est une sensation de fraîcheur.(1)
    La Provence donne des leçons d’attachement qui ne sont pas perdues pour celui qui la visite non pas en touriste, mais en ami et qui l’habite au lieu d’y passer. (1)

     

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    La provence de Cézanne


    Le bleu chante, d’une pureté absolue, dans le ciel et sur la mer. Un figuier déplie ses premières feuilles sur la nudité grise des branches. Et une prairie s’étale, pour le jeu des fées, un tapis dont la brise penche les laines les unes sur les autres et les mélange, des pierres fauves et des disques de soleil que couvre et découvre, comme la vague, un champ de marguerites et de boutons d’or. (2)

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    Les Oliviers

    Les oliviers composent d’immenses temples silencieux et sombres ; la vigne avec ses bras noirs tout tordus envahit les champs les uns après les autres ; les terres les plus solitaires portent les forêtes d’amandiers brûlants dans des feutres d’herbes dures, de chardons et de thym qui mélangent sous l’ombre claire les somptueuses couleurs de leurs fleurs bleu-jaune et rouges franchement. (3)

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    Les amandiers



    Les livres
    1 Inspirations méditerranéennes - Jean Grenier - Gallimard
    Idées et visions - André Suarès - Robert Laffont Bouquins
    Provence - Jean Giono - Gallimard

     

  • La lumière prodigieuse - Fernando Marias

    lumière.gifLa lumière prodigieuse - Fernando Marias - Traduit de l’espagnol par Raoul Gomez - Editions Cénomane
    J’ai acheté ce livre car en lisant le 4ème de couverture apparaissait le nom de Garcia Lorca.
    Nous sommes en Espagne, un journaliste en mal de sujet boit verre sur verre dans le bar «  le plus ringard » qu’il ai jamais vu,  il est là pour « l’hommage populaire de l’Andalousie à son poète » le cinquantenaire de la mort de Lorca, il a bâclé le travail car c’est dur de faire du neuf sur le sujet.
    La rencontre d’un vieux mendiant va le tirer de là car abreuvé de Cognac par le journaliste, il livre son secret « En plus Federico García Lorca n’est pas mort en août 1936 »
    Et le vieux raconte l’histoire incroyable : jeune homme et vivant de petits métiers il a découvert sur le bord d’une route un corps sans vie, l’époque est dangereuse et découvrir un corps peut vous envoyer directement au peloton d’exécution
    mais la curiosité est plus forte et il s’approche du corps « Il était évident qu’il avait été fusillé » mais l’homme n’est pas mort.

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    «Rien n'est plus vivant qu'un souvenir.»

    Alors commence une relation entre les deux hommes qui va durer des années, le blessé est amnésique, muet et incapable de se débrouiller seul et le jeune homme le confie à l’asile proche aux bons soins d’une religieuse.
    Les hasards de l’existence vont séparer puis faire se retrouver les deux hommes après trente ans. On peut même croire un moment que l’homme a retrouvé la mémoire « L’homme me regardait. Ses yeux témoignaient qu’une avalanche de souvenirs, ses souvenirs, enfermés pendant presque trente ans, lui revenaient pêle-mêle, avec la violence d’un fleuve sauvage et effréné. » mais est-ce bien la réalité ?

    C’est un roman qui m’a beaucoup plu . Sur fond de mystère et de misère, on accompagne le héros et l’on souhaite voir son protégé retrouvé la mémoire. C’est une belle histoire d’amitié que ce roman et le fantôme de Lorca plane en permanence car après tout « Il n’y avait personne qui puisse prouver qu’il avait vu le cadavre de l’écrivain. »
    Fernando Marias mène de main de maître cette histoire, un bel hommage à un poète universel qui affirmait «Rien n'est plus vivant qu'un souvenir.»

    Un film a été réalisé à partir de ce roman : La luz prodigiosa de Miguel Hermoso dont les critiques parlent comme d’un film « subtil et poétique »

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  • Le Sauvage des Pyrénées - Pep Coll

     

    sauvagedespyrénées.gifLe Sauvage des Pyrénées - Pep Coll - Traduit du Catalan par Edmond Raillard et Juan Vila - Actes Sud
    Tout commence avec la chute d’un chien sur un replat de falaise « une langue étroite et longue de terre vierge, constellée de roches grises et d’arbustes vert foncé. »
    Tura, mais on l’appelle aussi Ventura ou mieux Bonaventura Mir, va élire domicile sur ce replat d’où il domine le village et tout ceux qui le prennent pour un idiot, il est vrai que comme d’autre échange leur droit contre un plat de lentilles, lui Bonaventura a délaissé le confort d’une ferme cossue contre une vie d’étudiant et tout le village rit de lui. Son frère a au passage hérité de la propriété familiale et « emprunté » la fiancée de Ventura, la belle Filomena.
    Il va se construire un domaine, une forteresse, c’est à lui, c’est son bien qu’on se le dise « Habitants de Maulpui (...) je vous fais savoir à tous que j’ai pris la ferme et libre décision de rester vivre sur cette hauteur »

    Malgré toutes les tractations, toutes les tentatives pour l’extraire de son replat, notre héros persiste des années durant et transforme peu à peu la parcelle de terrain en un lieu de vie, il laboure, sème, arrose, cueille et vit bientôt en autarcie.
    De loin en loin il a des nouvelles du village, il regarde tous ces petits insectes se démener, il les reconnait de loin mais n’a nulle envie de se joindre à la fourmilière.
    De temps à autre il a de la visite, il faut du courage aux visiteurs parce qu’ils doivent emprunter des échelles de cordes et parce que Ventura a tourné un peu anarchiste et qu’on ne sait jamais quel va être l’accueil, aussi les visiteurs sont rares.

     

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    Du haut de son perchoir il contemple la bêtise humaine  

    Bonaventura ne s’ennuie pas, il a même mis au point une technique très sûre pour jouer aux échecs avec un membre du village, à distance et de belle façon.

    Mais la vie de Bonaventura va prendre un tour inattendu à la mort de son frère, emporté comme la moitié du village par une épidémie de peste
    Après des années de vie solitaire sur son replat va-t-il être contraint de retourner à la civilisation ?  La presse et les scientifiques s’intéressent de très près au cas de ce fou qui s’est fait ermite ce « sauvage des pyrénées »

    N’hésitez pas à passer quelques heures en Catalogne en compagnie de ce doux dingue de Bonaventura, le héros instruit et érudit qui a choisi de se faire ermite.
    C’est un récit qui prend son temps. Un récit joyeux, drôle et savoureux. Il y a du Rousseau dans ce récit, et Bonaventura est frère en loufoquerie de Don Quichotte et Pickwick.
    Une jolie fable sur l’utopie, la folie et l’amour de la liberté.


    L’auteur
    Pepcoll.jpegPep Coll est né à Pessonada en 1949. Il vit actuellement à Lleida, où il est professeur de langue et de littérature catalanes. Ecrivain, il est aussi l’auteur de scripts pour la télévision, d’articles de journaux ( source l'éditeur)