Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Un Océan de pavots - Amitav Ghosh

ocean.gifUn océan de pavots - Amitav Ghosh - Traduit de l’anglais par Christiane Besse - Editions Robert Laffont
Je me suis embarquée sur l’Ibis, une goélette qui arrivée en Inde après bien des difficultés va repartir vers l’île Maurice, chargée de coolies main-d’oeuvre peu coûteuse, pour remplacer les esclaves que ce bateau négrier transportait jusqu’à l’abolition de l’esclavage par les anglais.
Nous sommes en 1838, en Inde les anglais ont imposé la culture du pavot aux paysans, l’opium récolté et traité dans des factories assure la richesse de l’Angleterre.
Cette goélette va devenir l’espoir, le cap pour une multitude de personnages, l’occasion pour eux d’aller au bout de leurs rêves, de faire le choix d’une vie différente, de changer, de devenir autre.

goélette.jpg

"Cette vision d'un grand voilier sur l'océan"

Pour Deeti qui va tenter de fuir l’Inde et le sort que l’on réserve aux veuves. Le pavot a fait mourir son mari, les a asservi et ruiné, elle va se tourner vers l’unique personne qui lui a un jour témoigné de la compassion : Kalua « De taille inhabituelle et d’une carrure impressionnante »

bucher.jpg

Pour Jodu qui rêve de pouvoir s’embarquer, de retrouver Paulette sa presque soeur qui a grandi avec lui, partagé ses jeux. Il a tout appris « A force d’écouter les voix qui résonnaient sur le pont des grands navires » il rêve de grimper dans les vergues d’un de ces navires.
Pour Neel, le jeune rajah si fier qu’il ne veut pas voir les dettes qui s’accumulent, qui a la naïveté de penser que les anglais le respecte, qui découvre que l’on peut du jour au lendemain passer d’un palais des mille et une nuit à une geôle sordide
Pour Paulette l’Ibis c’est la possibilité de fuir un mariage imposé, orpheline passionnée par l’oeuvre de son père botaniste, grande lectrice de Rousseau et Voltaire, elle se plie mal au destin qu’on lui réserve, aux contraintes religieuses. Mais « une goélette n’est pas un endroit pour une femme » elle va devoir faire preuve de détermination.
Pour Zachary enfin « de taille moyenne, robuste, un teint de vieil ivoire  »  marin d’occasion, capitaine en second d’un navire qui a fait la difficile traversée depuis Baltimore. Sans Serang Ali et sa compagnie de lascars embarquée au Cap, ils ne seraient pas arrivé jusqu’au golfe du Bengale.
Fils d’esclave l’Ibis est pour lui l’occasion de changer, de changer de tout : d’origine, de métier, de destination.

paysan-pavot.jpg

Un océan de pavot


Passionnant, coloré, épicé, porteur des senteurs de l’Inde, ce roman vous emporte de la première à la dernière page. C’est un tableau vivant, chaleureux, violent. Porté par un souffle romanesque qui ne se dément pas tout au long du récit, ce roman m’a rappelé mon impatience à la lecture des romans de Dumas.
L’aventure est au rendez-vous, les personnages qui vous invitent à passer d’une barque sur le Gange, à une soirée brillante au palais du Rajah,d’un bûcher funéraire à une prison sordide, des champs de pavots à la cale d’un négrier.
Tout y est : le valeureux héros, la jeune femme en danger, des lascars dangereux et sympathiques, des hommes sans foi ni loi, bref l’aventure avec un grand A.
Amitav Ghosh dresse le tableau d’une Inde disparue où le blanc fait la loi et où chacun a un destin tout tracé. En conteur exceptionnel il vous tient à sa merci et vous vous laissez éblouir par sa magie.
Pourtant attention, romanesque ne veut pas dire mièvre, le récit, les personnages ne sont pas tendres, on est loin des contes pour enfants.
Cet Océan de pavots et le premier tome d’une trilogie et je vous garantie que je serai au rendez-vous de l’Ibis.


amitav-ghosh-9496.jpgL’auteur
Ghosh est né à Calcutta, au Bengale. Il étudia  à l'Université de Delhi et à l'Université d'Oxford.
Sa dernière œuvre de fiction, The Hungry Tide Le Pays des marées, a été publiée en avril 2004.
Ces romans sont traduits dans de nombreuses langues.
The Circle of Reason Les Feux du Bengale a reçu le Prix Médicis étranger en 1990.

Commentaires

  • Je me souviens n'avoir pas trop accroché aux "Feux du Bengale" peut-être celui-ci me plairait-il davantage ?

  • @ Kathel : je n'ai pas lu "les feux de Bengale" donc comparaison impossible, par contre j'avais bien aimé " le pays des marées" mais celui ci est nettement meilleur (à mon avis )

  • Voilà un certain temps que je n'ai pas lu ce genre de livres, mais pourquoi pas après tout . Je les aimais bien auparavant! Seulement c'est une trilogie et ça me semble redoutable maintenant!

  • @ Mango : une trilogie mais qui à mon avis ne va pas être publiée avec plus d'un titre par an ...ça laisse un peu de temps pour lire

    Ce genre de romanesque j'y ai repris goût par les livres audio : j'ai écouté trois romans de Dumas et j'y ai pris un très grand plaisir et là j'ai retrouvé cette fibre du récit qui court et galope, des personnages hauts en couleur, des rebondissements...

  • J'avais adoré le pays des marées je vais surement lire , un "océan de pavots"
    amicalement
    Luocine

  • @ Luocine : il y a de fortes chances pour que celui ci te plaise, on retrouve tout le talent de conteur, une langue forte et un vocabulaire très particulier car il n'y a pas de glossaire mais cela ne m'a pas gêné, et puis des personnages d'un grand réalisme et doté chacun d'un tempérament particulier

  • oui, je suis d'accord avec toi ! romanesque ne veut pas dire mièvre et les auteurs qui évitent cet écueil nous font de véritables cadeaux ! je note donc celui-ci (d'autant que ce n'est pas le premier avis positif que j'entends).

  • @ La Ruelle bleue : tu peux être rassurée, Ghosh appelle un chat un chat et dieu sait que la vie pouvait être rude à cette époque, rien n'est passé sous silence et en particulier la violence faite aux plus petits et aux femmes et ça sans tomber dans un manichéisme ridicule
    un remarquable talent de conteur

  • Je suis contente que tu fasses un billet sur ce livre car il me tentait depuis sa sortie en librairie. Pas de doute, je vais m'embarquer pour l'Ibis. Merci !

  • @ Cécile : je sais qu'il va te plaire et si tu le lis ne t'arrête pas aux mots indiens qui ne sont pas expliqués en fait cela n'est nullement gênant et on devine assez facilement de quoi il s'agit
    mais pour le romanesque Ghosh est vraiment excellent !

  • Que j'ai envie de lire ce livre! Et ton billet me conforte en ce sens. Je crois que c'est un livre que tu vas conseiller dans ta liste de Noël, non?

  • @ ClaudiaLucia : c'est typiquement le livre à offrir à une mère, une tante, un cousin qui aime l'aventure du grand large, le souflle du romanesque et les parfums de l'orient :-)

  • S'embarquer sur l'Ibis, est à l'antipode de "la croisière s'amuse"... Je plaisante!
    L'Inde est pour moi un pays inconnu et pourtant en ce moment je suis entrain de lire "une vie de choix" de Tahmina Anam, car ce pays m'attire depuis longtemps.
    L'aventure avec un grand A, alors je le note tout de suite!
    A bientôt

  • @ Enitram : loin de la croisière s'amuse en effet :-) Ghosh est très réaliste dans ses description du choléra, de la fumerie d'opium, ou des bas fonds de Bénarès mais par ailleurs il sait rendre aussi la magie de l'Inde

  • Super ton billet à images!!! Et j'ajoute ce livre dans ma wish list!

  • @ Jules : j'aime bien chercher patiemment des images pour mettre tout le monde dans l'ambiance

  • Ca m'a l'air bien intéressant ceci dit jusqu'à présent je n'ai pas vraiment apprécié l'écriture d'Amitav Gosh.

  • @ Agnès : lequel avais tu lu ? si c'est le Pays des marées celui ci est assez différent mais malgré tout on retrouve l'essentiel de Ghosh : le pays, le monde des petits et les couleurs de l'inde

  • Je ne sais pas où j'ai lu un ou plusieurs avis négatif(s) sur ce livre mais je l'avais rayé de mes listes. Ton billet me fait penser que j'ai peut-être eu tort et si je tombe dessus à la bibliothèque, je lui donnerai sûrement une chance (influencable moi? mais non! ;-))

  • @ Zarline : j'ai lu un seul avis négatif d'un blogueur qui disait s'être ennuyé, ce n'est pas mon cas du tout, la seule chose qui peut surprendre c'est l'utilisation de mots dont Ghosh ne donne pas la signification mais pour beaucoup on sait de quoi il s'agit et puis pour ma part j'en ai cherché un ou deux mais en fait j'avais deviné leur signification

  • Décidément, même ton beau billet (encore un voyage!) n'arrive pas à me décider à ouvrir un livre indien... Je ne crois aps en avoir lu... On verra plus tard...

  • @ Maggie : j'ai très peu lu de littérature indienne, "le dieu des petits riens" bien sûr et un seul roman de Seth qui ...m'est tombé des mains, je suis venu à Ghosh par hasard un jour où n'ayant aucun livre sous la main (un désastre) j'ai acheté un poche vite fait et le "Pays des marées" m'a beaucoup plu

  • Il est déjà noté, depuis que je l'ai vu à la bibli. Mais depuis je pense qu'il circule, enfin j'espère, on a un mois pour lire un livre, donc si tout le monde le garde un mois... mais je l'aurai! ^_^

  • @ Keisha : j'ai de bons souvenirs d'attentes patientes pour mettre la main sur un livre, mais quand on l'a enfin ....on part avec le livre sous le bras et il m'est arrivé de commencer la lecture en marchant ...dangereux je confirme ...

  • J'ai lu des avis positifs et des avis négatifs sur ce roman que j'ai prévu d'emprunter à la bibliothèque. J'avais apprécié "Le pays des marées". J'ai aussi prévu de lire "Le palais des miroirs".

  • @ Anna : je trouve que un Océan de Pavot à plus d'ampleur et de souffle que le pays de marées, la trame historique m'a bien intéressée

  • "Le pays de marées" est plus écologique. C'est un beau voyage dans les Sundarbans.

  • Il m'avait beaucoup tentée à sa sortie mais bon, faut bien en laisser tomber de temps en temps... Peut-être en poche un jour

  • @ L'or des chambres : les choix c'est le plus dur à faire

  • Je garde un souvenir très mitigé du pays des marées, j'avais trouvé certains passages mièvres. Depuis, je n'ai pas eu envie de relire cet auteur, pourtant on m'a dit tant de bien du palais des miroirs...

  • @ Delphine : je n'avais pas eu à la lecture du Pays des marées de sensation de mièvrerie, la fresque que trace celui là est loin de toute mièvrerie, c'est romanesque oui mais mièvre non, les réalités de la domination anglaise, de la dureté du travail des hommes, de la violence faite aux femmes tout ça est rendu sans concession

  • Salut, j'ai déniché votre site de manière fortuite par Google et je dois dire que votre sujet est très intéressant. Les infos sont enrichissantes. Un grand merci de le partager avec nous. Perseverez comme cela et j'espère vous relire prochainement avec un sujet aussi agréable. by by.

  • @ Mike : merci de votre commentaire enthousiaste cela fait plaisir
    Dommage que je n'habite pas Nantes pour faire appel à vos lumières

  • Je l'avais noté, j'aime les romans dépaysants et instructifs à la fois, il revient donc en force sur le devant de la scène grâce à toi.

  • @ Hélène : dépaysant il l'est assurément et instructif aussi sans pour autant être pesant, le romanesque en prime

  • J'avais lu Le chromosome de Calcutta et Le palais des miroirs

  • @ Agnès : as tu aimé le chromosome de Calcutta ?

  • Moyennement. C'est intéressant en ce qui concerne l'aspect histoire de la médecine mais l'intrigue laisse un peu à désirer.

  • Je viens d'acheter mon billet pour Delhi: je note celui-ci dans mes prochains emprunts ou achats!

  • Je viens d'acheter mon billet pour Delhi: je note celui-ci dans mes prochains emprunts ou achats!

  • @ miriam : bon voyage par avance, j'ai beaucoup aimé ce livre mais aussi du même auteur : le pays des marées qui se situe au Bengladesh
    j'ai beaucoup aimé aussi sur l'inde un livre que m'avait recommandé Aifelle
    le livre rouge
    http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/05/24/le-livre-rouge-meaghan-delahunt.html

Les commentaires sont fermés.