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La Curée - Emile Zola - Ebook

ebook.jpgLa Curée - Emile Zola – Ebook
Lors d’une chasse à courre lorsque qu’une bête est abattue on jette les restes au chien après le dépeçage, moment violent et sanglant, c’est la curée. La bête dans le roman de Zola c’est le bien public, le peuple, les pauvres, les honnêtes gens, les imbéciles qui vont se faire gruger, vous, moi.
Dans ce second volume des Rougon-Macquart le héros c’est Paris, le Paris du Second Empire, celui que le Baron Haussmann va métamorphoser. C’est le temps de la création des grands boulevards, des Buttes-Chaumont, l’aménagement du bois de Boulogne et de l’hippodrome de Longchamp.
On casse, on rase, on reconstruit " Paris s'abîmait alors dans un nuage de plâtre. " on détruit pour faire la place à des avenues rectilignes moins dangereuses en cas de mouvement populaire.
Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne " Plus d'un quartier va fondre, et il restera de l'or aux doigts des gens qui chaufferont et remueront la cuve. "

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Ce qui importe aux hommes d’état, aux financiers qui peuplent le roman, c’est de s’enrichir, gagner de l’argent. Leurs appétits sont féroces " Des appétits de loup" et la morale est le cadet de leurs soucis " Duper les gens, leur en donner moins que pour leur argent, était un régal "
Les spéculateurs achètent à bas prix et revendent à prix d’or. L’or dans lequel baigne le roman  "un étalage, une profusion, un écrasement de richesses " une  " pluie d’or "

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Rue de Paris temps de pluie- Gustave Caillebote

 

On retrouve le troisième fils des Rougon de Plassans, Aristide, il est monté à Paris pour faire fortune avec l’aide de son frère Eugène Rougon, mais il végète et trépigne d’impatience.
Il va s’employer à trouver l’argent là où il est, sa femme Angèle n’est pas tout à fait morte qu’il songe à la remplacer par une femme qui lui apporte une dote qui lui permettra de se lancer dans les affaires.
Il l’a trouvé : Renée Béraud du Châtel, enceinte après un viol et donc impossible à marier,  Aristide lui est prêt à prendre la fille et la dot, Grâce à la dot de Renée il va faire des placements audacieux et malhonnêtes. Il a désormais l’argent, une belle femme qui attire tous les regards, l’appui de son frère devenu ministre, il est temps pour Aristide de changer de nom, désormais il s’appelle Saccard.
Il fait sortir du collège son fils Maxime beau jeune homme, veule et un peu pervers, qui promène son ennui dans les salons. Son père l’associe parfois à ses affaires d’argent ou de débauche. Le jeune homme a le goût du plaisir, sa jeune belle-mère a goût du " fruit défendu " , le mari ferme les yeux..........

La lecture du premier volume des Rougons était intéressante mais ici c’est passionnant. Zola nous fait entrer dans ce monde de magouilles, de spéculations, de prévarications, on touche du doigt cette richesse. Les descriptions sont magistrales, on voit se faire les transformations urbaines , se construire les demeures des nouveaux riches dont l’or sera la couleur dominante.
" La curée " est également un roman de moeurs qui se veut un tableau de la dépravation d’une classe sociale, le portrait est au vitriol.
Les personnages très sulfureux pour l’époque portent en eux la dégénérescence que Zola va traquer tout au long de son oeuvre.
Les toilettes, les équipages, les bals, les essayages chez les couturiers, les salons féminins : Zola nous montre tout de ce monde de luxure et de turpitude.
Cela  lui valu d’être empêché de publier ce roman dans les  journaux en feuilleton,   Barbey d’Aurevilly  stigmatisait les écrits de Zola " l’indécence voluptueuse, l’indécence polissonne ".
Il fallu attendre Maupassant pour qu’une critique élogieuse soit faite du roman.

Découvrez ou redécouvrez ce livre et faites lui une place dans votre bibliothèque

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Complément : il existe une adaptation cinématographique. Roger Vadim réalisa le film avec Jane Fonda et Michel Piccoli, Maxime était joué par Peter Mac Enery acteur oublié aujourd’hui.

Commentaires

  • Un roman qui permet de découvrir un Zola loin des mines, des cafés et du misérabilisme social. L'écriture fait même parfois penser au symbolisme (les scènes dans la serre, par exemple). A découvrir.

  • @ voyelle et consonne : je n'avais pas fait le rapprochement avec le symbolisme mais effectivement tu as raison, il y a quelque chose d'un peu vénéneux dans les rapports entre maxime et renée

  • Tu vas finir par me convaincre de relire cette série, pas tous mais celui là surement. Bon, en 2011...

  • @ Keisha : c'est l'objectif que je me suis fixé mais ....sans date, j'en profite pour utiliser mon ebook et cela me permet une lecture un peu partout
    je termine le 3ème en ce moment on verra pour la suite !

  • C'est avec ce volume que j'ai vraiment accroché aux Rougon-Macquart. Je l'avais trouvé éblouissant! Tout se précise aussi dans les conflits, transmissions et divisions des alliances et influences familiales! Mais j'en ai aimé d'autres aussi ! Je me souviens de La faute de l'abbé Mouret et de L'œuvre en particulier. Quel écrivain!

  • @ Mango : je vais les lire dans l'ordre et doucement sans en sauter aucun
    Mais effectivement quel écrivain !

  • Je n'ai jamais lu "La Curée", mais ton excellent billet me donne envie de la lire. Emile Zola est très cru dans ses descriptions, mais il est passionnant.

  • @ Alicia : j'ai beaucoup aimé , le roman respire la volutpé aussi bien celle de la chair que celle de la richesse

  • Moi aussi, ça me donne envie de relire toute la saga de Balzac !! Bon ça va pas être pour tout de suite tout de même...

  • @ Choco : oui faire les choses qu'on sait longtemps promis , là je suis en route

  • Oui, c'est un grand bonhomme, Zola! Même maintenant il choque encore certains! De plus, sa vision sociale est toujours d'actualité quand je pense à tous ceux qui construisent ou laissent contruire en zone inondable, à notre littoral défiguré par le béton etc...
    "Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne ".

  • @ Claudialucia : je l'ai trouvé totalement moderne dans cet aspect du roman, ce qui l'est un peu moins c'est la notion de turpitude sexuelle qui elle a beaucoup évoluée et certaines expressions font sourire aujourd'hui, mais le côté vénéneux de certaines relations restent très très bien décrit

  • Moi j'inverse : La Curée est intéressant mais La Fortune m'avait passionnée par le brio de l'organisation, de la mise en place des sagas familiales, des courants politiques du XIXème siècle... La Curée est "seulement" sociologique et politique...

  • @ Rosa : un ressenti assez différent donc mais par contre un intérêt commun apparemment

  • @ Rosa : un ressenti assez différent donc mais par contre un intérêt commun apparemment

  • Comme Keisha tu me donnes vraiment envie de les relire, je crois que j'en aurai une autre perception aujourd'hui. Et où il est le Zola actuel ? je crois qu'il ne manquerait pas de matière.

  • @ Aifelle : ce n'est pas pour moi une relecture, en tout cas pour ces deux premiers tomes car je ne les avais jamais lu
    Zola est tout à fait actuel dans ce roman et sa critique de la spéculation, on a l'impression d'être aujourd'hui

  • La spéculation immobilière, un sujet qui reste bien actuel !
    Je n'ai pas lu "La Curée", ce billet m'y encourage.

  • @ Sibylline , comme les bons élèves je les lis dans l'ordre , je termine "le ventre de Paris " un billet dans quelques temps , je suis paresseuse

  • Ce que je trouve démodé en Zola, c'est son parti pris scientifique un peu réducteur de vouloir réduire l'individu à l'hérédité même si cela s'explique par l'enthousiasme propre à son époque pour les découvertes scientifiques. (ce qui est bien légitime et montre un esprit ouvert). Mais cela donne une démonstration parfois lourde, outrancière jusque dans son style . Ceci dit son talent permet de tout faire passer...

  • @ Claudialucia : c'est le côté dépassé de ses romans, mais reste l'analyse de la société et là rien n'est démodé, le profit au dessus de tout reste une belle analyse

  • Tout à fait d'accord. De plus il a un réel talent épique quand il décrit le peuple et il y a un souffle qui passe dans certains de ses romans.

  • Je suis en train de finir Nana et moi aussi bientôt un com'.
    J'avais commencé dans l'ordre et puis une fois lancée, je préfère sauter de celui qui me tente le plus au suivant. ;-)

  • @ Sibylline : je fanfaronne mais je ne sais pas si je tiendrai jusqu'au bout dans le bon ordre ...

  • C'est un Zola qui m'a laissé un particulièrement bon souvenir, à l'inverse du "ventre de Paris" ou de "Germinal": plus sobre, plus maîtrisé, sans trop d'outrances justement...

    J'attends en tout cas avec impatience ton prochain billet sur les Rougon-Macquart, c'est une belle idée de les lire dans l'ordre!

  • @ fée Carabine , je viens de terminer "le ventre de Paris" mais je prends mon temps pour les billets

  • J'ai prévu de relire "La curée", mais pas avant la rentrée prochaine, grâce à une lecture commune avec Liliba ! Et en lisant ton billet, il me tarde vraiment de retrouver Zola et ses descriptions détaillées, ciselées de la société française au 19e Siècle ... Plus j'avance en âge, plus j'apprécie cet auteur qui nous montre le vrai visage d'une certaine société, la nôtre !

  • @ Nanne , je crois que nous lisons tellement différemment avec le temps que beaucoup d'oeuvres mériteraient d'être relues , je me régale à mon parcours avec Zola

  • Je me suis "enfilé" les Rougon-Macquart il y a quelques années et avec la Curée j'avais adoré la découverte du Paris remanié par Hausmann et toutes les magouilles et spéculations qui ont entouré ces grands travaux ! Et puis Zola, c'est Zola... Je suis fan !

  • @ Phil : ce Paris de l'argent est vraiment passionnant à une période (mais est ce très différent ?) où la spéculation allait un train d'enfer

  • "Plus j'avance en âge, plus j'apprécie cet auteur qui nous montre le vrai visage d'une certaine société, la nôtre !"
    Tout à fait d'accord avec Nanne et moi, ancienne prof, j'apprécie que Zola sorte des salles de classe. Oui, c'est l'écrivain de la maturité

  • @ Rosa : je ne peux pas accuser un prof de m'avoir dégoûter car je n'ai jamais étudié Zola de façon suivie, c'est plutôt que je l'ai lu certainement trop tôt pour l'apprécier et aujourd'hui je rattrape le temps perdu avec délectation

  • Un des mes Zola préférés ! bien que je ne sois pas fan de l'auteur (j'en ai abandonné la plupart avant de les avoir terminés, je n'y peux rien, il m'agace souvent !), celui-ci m'a toujours ravie.

  • @Melmelie : Pour moi il s'agit pour la plupart des romans de Zola d'une première lecture et celui ci m'a comblé

  • "La curée" d'E. Zola : un roman que je n'ai pas lu mais il me semble d'une grande actualité d'après le compte-rendu que tu en fais; je pense à la Chine aux GO de Pékin qui ont rasé des quartiers et à l'expo de Shanghai qui fait de même...

  • @ Patricia : oui il y a des airs de famille au delà des frontières !
    Je pense aussi au fameux "trou des halles" quand les halles sont parties à Rungis et à la spéculation qui a suivie

  • Très bon billet, merci pour vos idées et je partage moi aussi pleinement votre opinion... Permettez-moi d'insister, votre billet est réellement très bon, votre blog m'a ouvert les yeux ! PS : Je vais prendre un peu de temps pour réfléchir à tout ça quand même.

  • @ Pronostic : réflechissez tout à votre aise et revenez me voir pour la suite

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