19.04.2009
Le Vésuve - Martial
Le Vésuve
Vésuve qu’ombrageaient jadis les pampres verts
Dont les pressoirs croulaient de grappes purpurines
Où de Nysa bacchus délaissait les collines`
Où dansaient autrefois les satyres pervers
Mieux qu’à Sparte, Vénus aimait chez toi descendre,
Hercule de son nom faisait gloire à ces lieux
La flamme a tout détruit, tout recouvert de cendres
Avoir eut ce pourvoir est le remord des dieux
Le poète Marcus Valerius Martialis est plus connu pour ses vers licencieux mais j’aime cette évocation de la colère du Vésuve et l'idée du remord des dieux.

Hic est pampineis uiridis modo Vesbius umbris,
presserat hic madidos nobilis uua lacus:
haec iuga quam Nysae colles plus Bacchus amauit;
hoc nuper Satyri monte dedere choros;
haec Veneris sedes, Lacedaemone gratior illi;
his locus Herculeo nomine clarus erat.
Cuncta iacent flammis et tristi mersa fauilla:
nec superi uellent hoc licuisse sibi.
"La flamme a tout détruit, tout recouvert de cendres " dit Martial, pour témoin Pline qui fait le premier récit d'une catastrophe naturelle : les lettres 16 et 20 du livre VI de Pline le jeune
"Pendant ce temps, des flammes très larges et de gros incendies luisaient en plusieurs endroits du mont Vésuve; leur éclat et leur clarté étaient avivés par les ténèbres de la nuit. Lui répétait pour calmer leur effroi que c'étaient des feux abandonnés dans la frayeur par des paysans et que c'étaient des fermes désertées qui brûlaient dans la solitude." Lettre 16

" Ça brillait un peu à nouveau, mais pas comme le jour, comme l'annonce d'un feu qui approche. Et du moins le feu ne s'avança pas particulièrement loin; de nouveau ce furent les ténèbres, de nouveau ce furent les cendres, abondantes et lourdes. Nous levant sans cesse, nous nous secouions pour les faire tomber; sans quoi nous serions recouverts et même écrasés sous leur poids.
Enfin, ce nuage, pour ainsi dire affaibli en fumée ou en brouillard, disparut; ce fut bientôt le jour véritable; même le soleil se mit à briller, jaune pourtant, comme il est d'habitude lors d'une éclipse. Tout à nos yeux en désarroi se présentait transformé et recouvert d'une profonde couche de cendres, comme de la neige." Lettre 20

Et pour les amoureux des langues anciennes la version originale :
" Interim e Vesuvio monte pluribus locis latissimae flammae altaque incendia relucebant, quorum fulgor et claritas tenebris noctis excitabatur. Ille agrestium trepidatione ignes relictos desertasque uillas per solitudinem ardere in remedium formidinis dictitabat." Lettre 16
" Paulum reluxit, quod non dies nobis, sed aduentantis ignis indicium uidebatur. Et ignis quidem longius substitit; tenebrae rursus cinis rursus, multus et grauis. Hunc identidem adsurgentes excutiebamus; operti alioqui atque etiam oblisi pondere essemus.
Andem illa caligo tenuata quasi in fumum nebulamue discessit; mox dies uerus; sol etiam effulsit, luridus tamen qualis esse cum deficit solet. Occursabant trepidantibus adhuc oculis mutata omnia altoque cinere tamquam niue obducta." Lettre 20

07:13 Publié dans Littérature grecque et latine, Poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note






















































































































































































































































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Commentaires
Écrit par : Aifelle | 19.04.2009
Répondre à ce commentairePourtant j'ai une passion pour les textes antiques ...au secours monsieur Freud !
Écrit par : Dominique | 19.04.2009
Répondre à ce commentairefont trembler la terre
et enfler les eaux
recouvrant les tombeaux
de cendres et de pleurs
Écrit par : pierre | 19.04.2009
Répondre à ce commentaireIl m'amuse l'idée que les Dieux puissent avoir des remords. Après tout pourquoi pas?... S'ils ont des remords, alors ils peuvent aimer aussi ...
Écrit par : dubleudansmesnuages | 21.04.2009
Répondre à ce commentaireRavie de vous avoir donné à regoûter Juvénal !
Au plaisir !
Servanne
Écrit par : Servanne | 23.04.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : miriam | 09.02.2011
Répondre à ce commentairePour info le poète Martial qui a surtout fait dans la poésie érotique et coquine est là très lyrique et puis Pline c'est incontournable sur le sujet
Écrit par : Dominique | 10.02.2011
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