03.01.2011

Vous n'en avez pas fini avec la lecture

Un livre pour bien démarrer l'année

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J’avoue j’aime ce genre de livre, j’aime confronter mes impressions et mes agacements. J’aime par quelques mots me souvenir d’un livre lu avec bonheur, éprouver l’envie irrépressible de le rouvrir. Quelques mots qui à eux seuls me font revoir une scène, un paysage, et à nouveau savourer le livre en question.
Michel Crépu fait partie des accompagnateurs de ce genre de promenades littéraires, comme Maxime Cohen, comme Charles Dantzig quand il ne bâcle pas ou comme Angelo Rinaldi.

Chez Crépu j’aime l’éclectisme des chroniques, le parti pris et surtout la formidable diversité qui va de Soljenitsyne à Jaccottet, de Plotin à Pline le Jeune, de Roth à Dumas.
J’ai aimé les petits à côtés : musique, métro, campagne, qui parsèment le journal, ils rendent le ton moins cérémonieux, moins sérieux et témoignent de la formidable liberté de Michel Crépu.
J’aime aussi cette honnêteté qui lui fait dire qu’il n’aime pas vraiment Stendhal et parlant de L’homme sans qualité de Musil " Je n’ai jamais eu la patience — je veux dire le désir — de le lire jusqu’au bout " ou encore en réaction à une certaine intelligentsia parisienne qu’il aime Le Clézio.

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Un chemin vers les livres


J’aime ses petites phrases qui font mouche et qui me plaisent même quand elles visent des auteurs que j’aime "l'abbé Onfray" et dont il se moque et plus encore quand elles m’invitent à lire ceux qui font partie de ses amis de toujours : Pline le Jeune, Voltaire, Bossuet.
J’ai partagé son admiration quand il propose " Ecoutons avec l’auteur de Walden ou la Vie dans les bois un arbre s’effondrer " ou quand il parle de " La colossale traduction du Zibaldone de Léopardi " qui fait partie des livres que j’ouvre souvent. Et il m’a amusé quand il décide de faire un jour une "Orgie soudaine de Dumas ".
Cet homme lit toujours et partout : dans les trains, les avions, en Bourgogne ou à Istanbul. Il emprunte les voies du moment  : Littell, Houellebecq, Roth, mais aussi des chemins de traverse vers les auteurs qu’il aime, qu’il lit et relit au fil des années : Chateaubriand, Sainte Beuve, ou Proust.

Ce journal littéraire publié dans la Revue des deux mondes au fil des mois et rassemblé ici nécessite en même temps l’achat d’un petit carnet pour noter toutes les références accumulées au fil des pages ( pour moi ce n’est pas moins de 20 titres notés) et rassemblées sur onze pages de bibliographie.
C’est dire qu’avec ce livre vous n’en avez pas fini avec la lecture

Le livre : Lecture Journal littéraire 2002-2009 - Michel Crépu - Editions Gallimard - 2009

crepu.jpgL'auteur : Critique littéraire et directeur de la Revue des deux Mondes, Michel Crépu est aussi écrivain, à la fois romancier et essayiste. Il a notamment publié Le Tombeau de Bossuet qui a reçu le Prix Fémina de l'essai et le Grand Prix de l'Académie Française.
Il participe au Masque et la Plume.

23.05.2010

Avec Tolstoï - Dominique Fernandez

avectolstoi.gifAvec Tolstoï - Dominique Fernandez - Editions Grasset
Passion Russie, c’est ainsi que j’aurais pu intituler ce billet,  c’est Dominique Fernandez qui nous invite auprès du
"plus puissant romancier de tous les temps". Sa lecture à 15 ans de Guerre et Paix l’a laissé à jamais amoureux de la Russie et de Tolstoï " un Zola, aussi puissant mais mille fois plus artiste, qui aurait trempé sa plume dans l'encre de Flaubert..."
Dominique Fernandez, sans faire oeuvre de biographe, il revient sur différents épisodes de la vie de l’écrivain, sa jeunesse libertine, son mariage et ses malentendus, sa révolte contre la richesse, celle d’un homme qui se reproche sans cesse de " mener une vie contraire à ses idées " et nous fait bien sentir le contraste violent entre sa vie réelle et sa soif d’absolu.
Il revient en détail sur les romans et les nouvelles avec un grand talent pour nous les rendre proches, intelligibles, accessibles, en faire ressortir les détails, les particularités.
Rien d’étonnant de consacrer de longues pages à Guerre et Paix, "le plus complet des romans jamais écrits"
Quand on parle de littérature russe il est fréquent d’opposer Tolstoï et Dostoievski, Georges Steiner l’a fait avec érudition et brio, et Dominique Fernandez se livre aussi à l’exercice.
Il trouve que Dostoievski est en permanence dans l’outrance alors que pour lui Tolstoï a "cette qualité unique dans la littérature romanesque de dire tout ce qui est et seulement ce qui est".

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Guerre et Paix au cinéma


Rien d’étonnant de consacrer de longues pages à Guerre et Paix, "le plus complet des romans jamais écrits"
Il n’hésite pas à en dévoiler les faiblesses  (le livre IV) mais cela ne diminue en rien son admiration  "Je ne crois pas que, dans toute l'histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire"
Il aime la capacité de Tolstoï à nous rapprocher de ses personnages en quelques mots, sa facilité à parler comme eux et il nous fait partager cela dans plusieurs exemples par lesquels il nous montre que " Tolstoï lui seul s’assied tranquillement au gouvernail et raconte ce qui arrive, sans grossir les événements, sans dire plus que ce qui est, sans se mettre en valeur par des recherches d’écriture, sans chercher d’aucune façon à paraître original. Il reste de plain-pied avec la vie, avec les choses, avec nous ".

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Greta Garbo la sublime



Les pages consacrées à Anna Karénine sont passionnantes, il admire l’écriture " Il ne dépose jamais sa plume fine pour souligner au fusain. Il ne cherche pas à frapper, à retenir. Il nous éloigne peu à peu du rivage et, captivé par l’immensité de la haute mer dont le spectacle change sans cesse tout en demeurant le même, nous ne pensons plus au but du voyage "
Fernandez présente aussi les écrits derniers, ceux où l’auteur devient un peu trop prédicateur aveuglé par ses tourments religieux et moraux.

Depuis son roman sur la mort de Tchaïkovski et son Dictionnaire amoureux on connaît la passion de Dominique Fernandez pour la Russie et Tolstoï en particulier. J’aime beaucoup qu’on me parle de mes écrivains préférés, j’aime les lire bien entendu, mais j’apprécie également qu’un autre me les dévoile, me permette parfois de les lire autrement ou attire mon attention sur l’aspect d’une oeuvre que je n’ai pas su voir.
Cet excellent livre est une belle réflexion sur la création littéraire et le cheminement qui va d’Homère à Tolstoï et des tragiques grecs à Dostoïevski.


fernandez.jpgL’auteur
Dominique Fernandez est né à Paris en 1929. Ecole Normale Supérieur, agrégation d'italien, doctorat ès-lettres. Il écrit régulièrement pour le Nouvel Observateur. Il a obtenu le prix Médicis en 1974.
Il publie  L'Art de raconter en 2007 et Ramon la biographie de son père en 2009. ( source l’éditeur)

Une interview de Dominique Fernandez

 

 

Les livres dans le livre
Tolstoï ou Dostoïevski - Georges Steine - 10/18
Tolstoï - Henri Troyat - Fayard
La délivrance de Tolstoï - Yvan Bounine - Editions de l'oeuvre
Guerre et Paix
Anna Karénine
Maître et serviteur

Le Père Serge
Résurrection

01.05.2010

L'apprentissage de la marche - Jean-Louis Hue

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Une nouvelle rubrique pour ce blog, le printemps incite aux changements, je n’avais aucunement la fibre ménagère alors plutôt que de faire du rangement j’ai décidé de faire du neuf.

En fait j’ai trouvé mon idée sur deux blogs, une image sur l’un et un commentaire sur l’autre.
Un petit échange avec Macile, à propos de Maria Grubbe de Jacobsen, a servi de déclic. J’ai lu ce livre parce qu’un auteur m’en avait parlé dans un livre, l’auteur en question c’est Rainer Maria Rilke dans ses Lettres à un jeune poète.
Parfois un livre  parle de livre et vous emporte  par étape à la découverte d’un autre, autre auteur, autre genre, autre monde.

Parfois il est très difficile de retrouver la trace de ce pont créé entre deux auteurs, mais il y a des livres qui sont là pour vous ouvrir de nouveaux chemins, livres consacrés aux livres, exercices d’admiration, recueil de critiques, anthologies de toutes sortes.
De temps en temps je vous présenterai un de ces livres et j’ai choisi pour illustrer le genre une photo vue chez In Cold Blog qui m’a plu : le chemin parmi les livres, ce sera le titre de cette rubrique.

L’apprentissage de la marche - Jean-Louis Hue - Editions Grasset
Le premier de la série, un précis d’apprentissage de la marche à travers la littérature, et pas n’importe laquelle, sont au rendez-vous : Rousseau, ça bien sûr tout le monde le devine, Thoreau l’infatigable, Stevenson et Modestine, Basho au Japon, et beaucoup moins connus comme illustres marcheurs : Pétrarque , Flaubert, Wordworth et plus surprenant encore Louis XIV en ses jardins.

 

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Sur les pentes du Ventoux avec Pétrarque

Jean-Louis Hue invite à mettre nos pas dans les leurs, à flâner à leurs côtés, à grimper sur les sommets en peinant derrière eux car tous ces hommes étaient de redoutables marcheurs, des étapes de plus de cinquante kilomètres étaient chose courante.
Accompagnez le pour une petite balade en forêt de Fontainebleau ou carrément plus ambitieux pour Compostelle. Randonnez en pays camisard avec Modestine et la pipe de Stevenson.

 

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Le Pont de Montvert du chemin de Stevenson


Vous ferez la route avec lui et au de retour, dans un fauteuil avec un breuvage à portée de main, vous irez retrouver Pétrarque ahanant sur les pentes du Ventoux, Flaubert et Maxime Du Camp par les champs et par les grèves de Bretagne soignant le soir leurs ampoules avec du suif , Jacques Lacarrière sillonnant la France du nord au sud.
Jean-Jacques Rousseau disait « la félicité est une question d'altitude» alors n’hésitez pas et grimpez derrière Saussure sur les pentes du Mont Blanc.
Un livre de bonne santé, savourez le et  prenez votre temps car comme le dit l’auteur « L'art de marcher est l'aboutissement d'une longue patience...»

 

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L'ile Saint Pierre du lac de Bienne


chemindelivres.jpgLes livres dans le livre
Rousseau - Les Confessions et les Rêveries du promeneur solitaire - GF
Pétrarque - L’Ascension du Ventoux - Mille et unes nuits
Stevenson - Voyage avec un âne dans les Cévennes - 10/18
Thoreau - Les forêts du Maine - José Corti
Lacarrière - Chemin faisant - Fayard
Flaubert - Par les champs et par les grèves - Droz