18.12.2011
Vies de Job - Pierre Assouline
Parcours dans le monde de la Bible deuxième étape

Job et sa femme- Georges de La Tour
Tout le monde connait Pierre Assouline, son blog, ses critiques, ses livres. Je ne suis pas une inconditionnelle, si j’aime ses biographies je n’apprécie pas vraiment ses romans, venant de terminer le livre de Meir Shalev j’ai enchainé avec Vies de Job c’est tout le plaisir des ricochets dans les lectures.
En choisissant la forme du roman Pierre Assouline s’offre la liberté totale, il ne fait ici ni oeuvre d’historien, ni de philosophe, mais oeuvre d’homme pour qui Job aujourd’hui est une figure obsédante et universelle. Partons sur les traces de Job, un peu partout dans le monde, dans la littérature, la peinture ou le théâtre.
Job par Gerard Seghers
" Ce livre que l'on garde autant qu'il nous garde, les juifs l'ont judaïsé, les chrétiens l'ont christianisé, les musulmans l'ont islamisé, les poètes l'ont poétisé."
Parlons d’abord du livre de Job lui-même, vous le trouverez dans toutes les bonnes Bibles, un livre assez court et qui hante énormément de lecteurs, croyants ou non : Julien Green le portait en permanence sur lui dans un petit exemplaire relié nous dit Pierre Assouline.
Job c’est l’homme dépossédé de tout : ses enfants, son troupeau et tous ses biens. Il est atteint dans sa chair même et se retrouve seul sur un tas de cendres. Il survit, il résiste et cherche à comprendre.
C’est un juste souffrant, "il est droit de coeur, intègre craignant-Dieu " et pourtant il se débat dans la nuit et la solitude, il ne comprend pas où est sa faute, il exige des explications !
Cette histoire, cette parabole qui hante l’auteur va entraîner celui-ci à la recherche de Job, pour s’en approcher au plus près car Pierre Assouline a la conviction que cet homme qui n’a jamais existé, cet homme est toujours vivant parce que son influence est toujours présente et qu’aujourd’hui encore il aide les gens à survivre.
Une version fleurant bon le Québec
La recherche est celle d’un journaliste, une véritable enquête qui le conduit auprès des exégètes, des chercheurs, des théologiens, chrétiens ou juifs. Il va comparer des textes, comparer les traductions et tirer patiemment le fil de ce livre qui est sans doute antérieur à la Bible car on en trouve trace dans des textes mésopotamiens et même indiens.
Il va faire un séjour dans un monastère, fouiller la bibliothèque de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem et interroger les érudits qui « lisent la Torah mieux que bien des juifs »
Son enquête autour de ce « un craignant-Dieu » le porte vers la philosophie et par exemple le thème de la souffrance développé par Marcel Conche dans Orientation philosophique. Mais il va aussi inviter à une promenade littéraire parmi ceux que le livre de Job a inspiré ou questionné : Kafka, Camus, Unamuno...
Roman ou bien sûr car Assouline s’accorde une grande liberté de cheminement qui laisse parfois la place à un livre très personnel qui le dévoile avec pudeur et émotion
« La mort de mon frère m’a éloigné de Dieu, celle de mon père m’en a rapproché »
Le témoignage de sa présence auprès de François Nourissier dans les dernières semaines de sa vie ou de ses échanges avec Carlos Fuentes qui a vu mourir ses deux enfants ou cette cette confidence qu'il livre : pendant un an et trois fois par jour Pierre Assouline a récité le kadish pour son père disparu.

Job sur le fumier - Jean Fouquet
" On y trouve toutes les qualités du style ancien, la concision, la tendance à l'énigme, un tour énergique et comme frappé au marteau" Ernest Renan cité par Pierre Assouline
C’est ce mélange qui m’a rendu ce livre très proche, je l’ai trouvé grave et intense, les digressions aidant à ne pas s’appesantir. Job fait déormais partie de la " famille de papier " de l'auteur et de la mienne.
C’est un livre auquel je reviendrai moi l’incroyante absolue, parce que c’est un livre qui touche tous les hommes bien au-delà de leurs croyances ou de leur appartenance à une religion.
Le livre : Vies de Job - Pierre Assouline - Editions Gallimard
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04.12.2011
le Rêve du Celte - Mario Vargas Llosa
Au coeur de l'Afrique : du roman au réquisitoire
Episode 2 Le réquisitoire

Mon intérêt pour Roger Casement remonte à bien des années, au détour d’une émission de radio j’ai entendu parler de cet homme, de sa lutte au Congo contre les abus de la colonisation mais je n’avais jamais rien lu à son propos.
A la parution du roman biographique de Mario Vargas Llosa c’était pour moi une évidence et un désir fort de lire ce livre, de retrouver la personne de Roger Casement et son destin tout à fait extraordinaire.
Cette biographie romancée commence dans les geôles anglaises à l’heure ou Roger Casement attend son recours en grâce après une condamnation à mort pour trahison.
Enfant de Dublin, il est marqué par la religion et l’aventure, protestant par l’éducation mais catholique par sa mère, il écoute avec passion les récits de son père qui a passé plusieurs années à combattre en Inde et en Afghanistan.
Il rêve enfant « l’Afrique, un continent dont la seule mention emplissait sa tête de forêts, de fauves, d’aventures et d’hommes intrépides ». Ses héros sont Stanley et Livingstone.
A vingt ans il s’embarque avec un âme de croisé, il va participer « à l’émancipation des africains et en finir avec leur retard, leurs maladies et leur ignorance » et quand il est retenu pour participer à une expédition au Congo avec Henry Morton Stanley, il touche au paradis...Il est aisé de comprendre pourquoi il deviendra ami avec Joseph Conrad.
Une sanction : la main coupée
Très vite il a des doutes sur la colonisation, il a du mal a accepter ce qu’il voit, le mépris, les droits bafoués, son héros est un coquin dénué de scrupules, on pille, on fusille, chicotte (fouet en peau d’hippopotame) dans une main l’évangile dans l’autre !
Les africains esclaves construisent des routes pour acheminer la sève d’hévéa, l’or noir. La situation va s’aggraver quand le roi Léopold II devient « propriétaire » du Congo et construit une fortune colossale en pillant le pays et décimant la population.

l'esclavage
Le chemin est long entre le jeune idéaliste de 20 ans et le Consul de sa majesté envoyé au Congo en 1903 pour faire un rapport qui portera son nom. Le gouvernement britannique s’inquiète des dénonciations faites par des associations, des missions, des églises quant aux conditions d’extraction du caoutchouc. C’est en homme intègre et déchiré qui va établir son rapport, il note tout, interroge tout le monde, promet protection aux africains qui acceptent de témoigner. Le constat est effrayant « Des bourgs décimés, des chefs de tribu décapités, leurs femmes et leurs enfants fusillés. » Les raids sur les villages pour trouver de la main d’oeuvre, les corps mutilés par la chicotte, les mains coupées, les viols.
Son rapport au Foreign Office eu un retentissement important « La presse, les églises, les secteurs les plus avancés de la société anglaise » sont horrifiés par les révélations du rapport et le roi Léopold sera contraint de « faire don » du Congo à son pays.
les indiens du Putumayo
C’est son intransigeance, son intégrité qui vont le mener sur un deuxième terrain d’observation au chez les indiens du Putumayo, cet épisode est nettement moins connu que son action en Afrique, là les intérêts et la responsabilité de la Grande-Bretagne sont patents, la Peruvian Amazon Company appartient à un Péruvien mais elle est côtée à la Bourse de Londres et de nombreux hommes d’affaire britanniques y ont des intérêts. Cruauté,exactions, esclavage des indiens, le tableau est identique, l’Amazonie présente un tableau similaire et Roger Casement parfois au péril de sa vie, va accomplir ici aussi son devoir : dénoncer et combattre cette barbarie au service des intérêts financiers de son pays.
Comment un homme de cette envergure, reconnu, admiré, devenu Sir Casement, peut finir dans une prison anglaise ? Je vous laisse découvrir la dernière partie de la vie de Roger Casement, son combat pour une Irlande libre qui va le porter vers des solutions extrêmes. Va être portée à la connaissance du public son penchant pour les jeunes garçons et livrer ainsi à l’opprobre et à l’oubli ce défenseur des droits de l’homme.
C’est un livre magnifique que je vous invite à ajouter à votre bibliothèque, le style ample de Mario Vargas Llosa est à la hauteur du personnage. Le talent de conteur sert magnifiquement le combat de Roger Casement sans cacher ses faiblesses. La construction est certes classique mais le style est flamboyant, l’Afrique et l’Amazonie sont restituées de très belle façon grâce au souffle romanesque de Vargas Llosa.
Le livre : Le Rêve du Celte - Mario Vargas Llosa - traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan et Anne- Marie Casès. Editions Gallimard.
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06.11.2011
La Colombe poignardée - Pietro Citati
A la recherche de Proust Episode 2

Vous n’avez jamais lu La Recherche, vous avez été tenté mais ... vous avez commencé et vous êtes enfui à toutes jambes ....Voilà un livre fait pour vous.
Après le témoignage de Céleste, une analyse subtile qui déclenche l’envie de lire Proust ou apporte un plaisir renouvelé à sa lecture.
Essai d’un érudit, d’ un esthète, d’un admirateur intransigeant, d’un écrivain d’un rare talent. Je vous assure que je n’exagère pas du tout.
Le livre se divise en deux temps distincts, les premiers chapitres ont la forme de la biographie, mais une bio sautillante car le respect de la chronologie n’est pas le fort de Pietro Citati.
Ce qui l’intéresse et qui du coup intéresse son lecteur ce sont les à côtés, les moments clé de la vie de Proust, ceux qui ensuite vont se retrouver dans son oeuvre et servir de trame à la Recherche.
Pietro Citati nous invite à découvrir un homme pour qui le bonheur est le centre, l’essence même de son écriture.
Je vous vois tressauter derrière votre écran ! quoi Proust amateur de bonheur ! lui qui dissèque pendant des pages sa quasi agonie lorsque sa mère ne lui donne pas le baiser du soir ?
Oui ce Proust là, dont Pietro Citati nous dit que son envie de bonheur était tellement intense qu’elle en était douloureuse. D’une façon inattendue il rapproche Proust de Tolstoï dans cette course effrénée vers la vie et le bonheur.
A travers des anecdotes, des épisodes de la vie de Marcel Proust il donne à voir cette réalité. Les relations avec sa mère, qui refusait tout ce que son fils était « l’emphase, l’exagération, la tragédie, le dévoilement de soi » les relations avec les autres qui toutes étaient blessure car « la douleur est l’arme véritable pour pénétrer dans le coeur des autres. »
On voit Proust au travail, Proust en pleine crise d’asthme, Proust devant les tableaux de Chardin ou de Vermeer, Proust se gorgeant de musique.
Pietro Citati nous invite dans son intimité avec ses amis, ses amants : Reynaldo Hahn, Antoine Bibesco, Anna de Noailles.

La seconde partie Autour de la recherche est une analyse de l’oeuvre, une recherche sur la Recherche, en découvrir les mécanismes, en comprendre les rouages. Voir se construire cette cathédrale somptueuse :
« La Recherche est une oeuvre unique. Si nous lisons Wilhelm Meister, Crime et Châtiments, Anna Karénine, les Démons ou L’homme sans qualités, nous découvrons que l’oeuvre grandit d’abord comme un arbre ou un taillis, sans posséder encore une architecture, ou une théorie sur elle-même. »
Pour la Recherche il en va autrement « Toute l’énorme masse narrative s’y dissimule, comme un germe qui deviendra arbre, forêt, continent. »
Proust voulait écrire un roman avec des « essences » des « gouttes de lumière » et son oeuvre « tente de réunir en elle toutes les traditions la littérature. »
Effort prodigieux de Marcel Proust car nous dit Pietro Citati
« Pour écrire un livre aussi démesuré, Proust avait l’impression de devoir se multiplier. Il lui fallait faire appel à tous ses sens : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher »
Proust l’écrivain du temps « Nous connaissons tous le temps, tous nous vivons immergés en lui, et nous entendons le lent bruissement qui l’accompagne et nous enveloppe tandis que nous pénétrons en lui » mais quelle différence avec d’autres écrivains du temps « Stevenson reproduit sa légèreté rapide, Flaubert sa continuité monotone, Hardy sa laborieuse épaisseur, Proust la mélodie des événements. »
Ce livre est un monument d’admiration pour un auteur, le Proust portraitiste, le Proust maître du dialogue, le Proust ironiste mais aussi le ténébreux et presque frère de Dostoïevski.
Je vous laisse en compagnie de Citati qui je l’espère finira de vous convaincre de glisser ce livre dans votre bibliothèque.
« Nous sommes parvenus ici, vers la fin du temps retrouvé; nous avons lu des milliers de pages, sans comprendre les signes, les indices, les avertissements, les révélations inachevées, les clartés dans l’ombre; des épisodes entiers reçoivent maintenant leur signification : nous n’avions même pas compris les premières pages ; il nous faut maintenant revenir en arrière, déchiffrer Longtemps je me suis couché de bonne heure , puis relire tout le livre, tandis que Marcel commence à écrire le sien. »

Le livre : La Colombe poignardée - Pietro Citati - Editions Gallimard 1997 également en Folio
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02.11.2011
Monsieur Proust - Céleste Albaret
A la recherche de Proust Episode 1
"A Céleste, affectueusement, son vieux Marcel"
En 1913 une toute jeune femme épouse un homme taxi de son état, son principal client lui adresse un télégramme de voeux pour son mariage « Je fais des voeux de tout mon coeur pour votre bonheur et celui des vôtres » , en 1922 les derniers mots écrits de cet homme il les lui confiera « à l’heure où sa plume a cessé de courir sur le papier ».
En 1913 Marcel Proust entra dans la vie de Céleste Albaret pour n’en plus ressortir.
De simple commissionnaire qui porte les ouvrages dédicacés chez les amis et relations de l’écrivain, elle devient une présence indispensable.
Elle l’accompagne lors de son dernier séjour à Cabourg mais au retour Marcel Proust lui annonce :
« Ma chère Céleste, il y a une chose que je dois vous dire. J’ai fait ce voyage à Cabourg avec vous, mais c’est fini : je ne ressortirai jamais plus »
La voilà enfermée avec l’écrivain pour neuf années, installée comme lui dans une vie de recluse.

Céleste guette les coups de sonnette, prépare « l’essence de café » et l’assiette avec le sacro-saint croissant, et elle attend que Proust l’appelle.
Elle est l’obéissance même, Proust lui conseille de lire, elle lit et y prend plaisir « Je me souviens même qu’il m’a conseillé Les Trois Mousquetaires. Je l’ai lu et cela m’a passionnée ».
Elle répond à toutes ses envies, commande le plat que l’écrivain réclame mais qu’il ne touchera pas car dit-elle
« Il était fin gourmet ou plutôt l’avait été. Je voyais bien que ses envies le prenaient comme des coups de souvenir »
Elle lui prépare ses boules d’eau chaude, s’occupe de la garde-robe, mais jamais au grand jamais ne vois Proust à sa toilette, c’est le domaine interdit de cet homme d’une pudeur presque maladive.
Mais bientôt voilà Céleste et Proust qui « entrent dans l’habitude de la conversation » , elle l’attend lorsqu’il rentre de soirée avec « l’air d’un jeune prince qui revient du bal de la vie. »
Jamais elle ne s’assoit dans cette chambre , elle l’écoute debout à côté du lit raconter les bals, les souvenirs de vie mondaine, son duel, ses années de jeunesse.
L’écrivain construit son oeuvre « Il faisait le tri de ce qu’il pensait (...) je suis sûre qu’il essayait sur moi, pour mieux voir ce qu’il écrirait »
C’est elle qui souffle à l’écrivain l’idée des béquets qui permettent de faire des rallonges au manuscrit, elle qui courre à la librairie pour trouver l’ouvrage que veut lire Proust. Elle assiste à la « course aux personnages » , à l'édification de l’oeuvre.
La librairie où courrait Céleste
Elle devient une confidente, qui sait tout de la vie du maître, qui peux parce qu’elle en a la preuve, affirmer qu’André Gide « avec ses airs de faux moine » a refusé le roman de Proust sans l’avoir lu, qui a vu Gaston Gallimard faire antichambre « Ce M. Gallimard est un peu papillon, maintenant qu’il a vu la fleur, il voudrait se poser. Laissons le voleter encore un peu. »
La chambre de Proust au Musée Carnavalet © Cécile Debise
Céleste est près de lui quand il est « pâle comme un mort, penché sur sa fumigation et cherchant désespérément à respirer ».
Elle est un coeur simple comme la Félicité de Flaubert, capable de tout sacrifier, confidente, rempart protecteur entre le monde "Il y a des moments où je me sentais comme sa mère et d'autres, comme sa fille."
Témoin privilégié, c’est un témoin émouvant, drôle, cruel parfois, sincère dans son admiration sans limite de l’homme. Elle ferme les yeux sur les défauts, sur les amours interdites, sur la tyrannie de Proust dont elle rit.

"C'est ainsi qu'il était quand il me parlait de son lit"
Pendant des années elle refusa tous les interviews, toutes les propositions de livre, elle se décide sur le tard à raconter "parce que trop de choses fausses ont été écrites par des gens que ne l'ont connu que par les livres "
Elle l’éternelle admiratrice comblée car dit-elle « C'est grâce à la gentillesse et à la bonté de Monsieur Proust, je puis vous le dire, que je suis devenu quelqu'un »
Si vous aimez Proust, si vous voulez le voir sous un jour très humain, parfois naïf mais toujours émouvant c’est le livre indispensable.
Il vous fera pénétrer dans une chambre sombre, enfumée et apercevoir une silhouette pâle assise dans le lit entourée de ses carnets, cachés sous des châles, avec à ses côtés une cafetière d’argent, un croissant posé sur une soucoupe..........
Nous ne nous sommes pas donné le mot mais Keisha est elle aussi séduite par le monde de Proust
Le livre : Monsieur Proust - Céleste Albaret - Editions Robert Laffont
04:38 Publié dans Biographies, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note
13.10.2011
En la forêt de longue attente - Hella Haasse
En remontant les siècles : an 1394...

Après un concile vengeur, une reine au pied trop grand, voici le prince poète.
Comme pour la troisième fois je vous embarque dans un roman historique il est juste que je vous donne un coup de pouce. Je vais jouer le Petit Mourre
La méchante Isabeau de Bavière qui livre la France aux anglais, les Armagnacs et les Bourguigons, Azincourt et Henry V et bien entendu la Pucelle d’Orléans...Vous y êtes ? mais si ...cent ans...la fameuse guerre ....Ah je vois votre oeil s’éclairer, suivez moi.

Isabeau entrant dans Paris par Jean Fouquet
1394 le XV ème siècle va s’ouvrir. c’est la date de naissance de Charles d’Orléans prince des poètes et roi de la mélancolie. Vous me direz que vient-il faire ici ? Et bien sa vie est totalement liée à cette fameuse guerre de cent ans.
Par son père d’abord Louis d’Orléans, poète lui même, grand séducteur devant l’éternel et soucieux du bon état du royaume de France qui est hélas aux mains de son frère Charles VI atteint de démence, c’est de fait sa femme qui gouverne la fameuse Isabeau dont Louis fera sa maîtresse pour le bien du royaume bien entendu.
Vous l’avez compris ce n’est pas l’enfance de tout le monde. Heureusement pour Charles d’Orléans sa mère Valentine Visconti, l’aime et le soutient, avec elle il explore le monde de la musique, des livres et des poètes.
Cette mère toute d’amour est pourtant accusée de vouloir la mort du roi et est donc renvoyée sur ses terres loin de la cour. Lorsqu’elle meurt Charles a douze ans et le voilà propulsé à la tête de la famille d’Orléans.
Il partage ses jeux avec son demi frère Dunois, un rien bâtard mais promis à un bel avenir comme compagnon d’armes de Jeanne d’Arc !
On lui trouve une épouse, elle a déjà un long parcours puisque mariée au roi d’Angleterre, Isabelle est aujourd’hui une toute jeune veuve et mourra très jeune en donnant à Charles une fille.
Une époque difficile toute de combats perdus, de serments non tenus, de traîtrise. Les temps où la noblesse française ne luttait pas pour le bien du royaume mais pour augmenter ses possessions, enrichir ses domaines !
Que peut faire dans ce milieu un jeune homme épris de poésie, de douceur et de calme ? Qui rêve de troubadours et de trouvères et qui doit prendre les armes contre son gré ?
Il erre dans cette « Forêt de longue attente » qu’en son temps son père déjà avait arpentée. Un lieu imaginaire qui le tient à l’abri de la violence, des guerres civiles et de la mort.
Mais l’histoire le rattrape et lors de la bataille d’Azincourt il est fait prisonnier. Prisonnier il le restera 25 ans ! otage attendant le paiement d’un rançon que personne n’est pressé de payer.

Henry V à Azincourt (Lawrence Olivier)
Pendant toutes ces années la poésie sera sa fidèle compagne. « En regardant vers le pays de France » une poésie qui porte le souvenir de ce prince jusqu’à aujourd’hui, une oeuvre véritable née dans les geôles anglaises.
La tour de Londres - British Muséum
Si vous voulez cheminer aux côtés de ce prince poète suivez Hella Haasse, elle restitue à merveille la dureté de l’époque. Elle retrace avec un talent fou la vie de ce prince né à Amboise et mort à Blois qui dut se dépouiller de tous ses biens pour retrouver la liberté.
Qui fut toujours du côté des plus humbles, qui croisa François Villon et ses « frères humains » et qui arpente encore cette forêt de longue attente.
Un grand roman historique, magnifiquement écrit et traduit, un roman riche et ample qui prendra place dans votre bibliothèque.
L'avis de ClaudiaLucia et son billet où vous trouverez une galerie de portraits
Le livre : En la forêt de longue attente - Hella S. Haasse - Traduit du néerlandais par Anne Marie de Both -Diez - Editions du Seuil 1991 ou Points Seuil
Les poèmes de Charles d’Orléans Gallimard Poésie
Quelques poèmes de Charles d’Orléans
En la forêt de Longue Attente
Chevauchant par divers sentiers
M'en vais, cette année présente,
Au voyage de Desiriers.
Devant sont allés mes fourriers
Pour appareiller mon logis
En la cité de Destinée ;
Et pour mon coeur et moi ont pris
L'hôtellerie de Pensée.

Les très riches heures du Duc de Berry
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau,
Qu'en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau!"
De vent, de froidure et de pluie
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau
Le temps a laissé son manteau.
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09.10.2011
Berthe au grand pied - Martina Kempff
En remontant les siècles : an 741

Bertrade ou Berthe de Laon dite Berthe au Grand Pied
Le jardin du Luxembourg - Paris - France
Amateurs de romans historiques vous avez tapé à la bonne porte!
Avant l’an mil les rois occupaient les chroniques qui se transmettaient de bouche à oreille, viols, mariages, adultères étaient (déjà) très à la mode.
Saviez vous que la mère du grand Charlemagne eut une jeunesse quelque peu aventureuse. Mais au fait la mère de Charlemagne vous la remettez ? Berthe ! Berthe au grand pied.
D’ailleurs ce n’est pas vraiment son nom, si on veut être exact c’est de Bertrade de Laon qu’il va s’agir ici.
En plein VIII ème siècle, au temps des maires du palais, des luttes fratricides pour le pouvoir.
Sa voie est toute tracée, elle doit épouser Pépin le Bref, les unions de l’époque avaient peu avoir avec les sentiments mais tout à voir avec le tracé des frontières, l’accroissement des domaines, le maintien ou la naissance des dynasties.
C’est à ce moment qu’intervient Martina Kempff.
Bertrade à qui l’on a promis qu’elle serait un jour « épouse et mère de rois » est pour le moment victime d’un complot ourdi par Liutberga sa sœur de lait. Evincée, contrainte de prendre la fuite, Bertrade trouve refuge auprès de Bertrade l’Ancienne son aïeule. Elle vit à ses côtés à l’abbaye de Prüm.
Abbaye de Prüm dans le Palatinat allemand
Le roman nous raconte sa survie auprès des plus humbles où elle va apprendre l'art de guérisseuse, son parcours de l’abbaye au lit de Pépin le Bref, sa conquête du pouvoir. Son ambition est non seulement de reconquérir sa place mais de faire couronner Pépin roi des Francs. Elle a appris auprès de son aïeule à diriger une abbaye, elle va mettre son savoir au service de la couronne.
Sacre de Pépin le Bref par le pape Etienne III à Saint Denis, François DUBOIS
Musée National du château et des Trianons de Versailles.
L’époque est rude, trahisons, batailles, meurtres, luttes fratricides, négociations diplomatique, la dynastie carolingienne est en train de naître, l’Empire d’occident prend forme.
Un roman très réussi qui allie la savoir faire de conteuse de Martina Kempff et la réalité historique dont l’auteur remplit les blancs avec une grande habileté.
Bertrade apparaît comme une femme avide de pouvoir et pleine d’amour pour ses enfants, sachant faire preuve de diplomatie, de ruse et douée d’une vitalité extraordinaire. Discutant d’égal à égal avec les rois ou les papes, participant aux tractations politiques de l’époque.
Quel portrait attachant et flamboyant de cette femme qui fut sans doute une grande reine.

Martina Kempff tient le pari d’allier histoire et roman de la plus belle façon qui soit; elle a publié plusieurs autres romans historiques, j’espère que les éditions Actes Sud nous donnerons les traductions.

Le Livre : Berthe au grand pied - Martina Kempff - Traduit de l'allemand par Claude-Cyrille Laurent - Editions Actes Sud
L’auteur : Martina Kempff, journaliste allemande, a publié son premier roman historique en 1988. Depuis elle a publié de nombreux romans historiques dont des policiers.
05:00 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Allemande | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note
01.09.2011
Le Grand siècle volume 1
Le Grand Siècle Volume 1

J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique
La ville et la campagne, enfin tout ;
il n’est rien qui ne me soit souverain bien
Jusqu’au sombre plaisir d’un coeur mélancolique
Notre culture poétique, nos réminiscences scolaires, sont imprégnés des oeuvres de cet homme. Parfois incapables de dire les textes en leur entier, nous les reconnaissons pourtant dès les premiers mots.
L'auteur est une mine pour les professeurs en mal de sujets de dissertation...
La Fontaine est c’est homme là, l’homme qui aime Boccace, l’Arioste et par-dessus tout Montaigne.
L’homme dont les amis s’appellent Madame de Sévigné, La Rochefoucauld, Madame de La Fayette. Un écrivain lié à la vie intellectuelle et politique de son temps.
Laissez vous emporter par la plume savante de Marc Fumaroli, vous découvrirez un La Fontaine inconnu, un homme qui « a été l’objet d’amitié encore plus que d’admiration », dont Léon-Paul Fargue disait : « un ami de tout les instants ; qui pénètre le coeur sans le blesser. »

Ici pas de parcours biographique classique, on est d’emblée confronté à l’évènement majeur pour La Fontaine : l’arrestation de Nicolas Fouquet, son mentor, le mécène auprès de qui il fit ses premières rimes.
Immédiatement le ton est donné car La Fontaine bravant l’autorité toute neuve de Louis XIV, va tenter de défendre Fouquet avec une belle détermination et un certain courage.
Vaux le Vicomte
La Fontaine était en bonne compagnie à Vaux le Vicomte comme pensionné du surintendant, tout ce que la France comptait d’artistes de valeur est là, Poussin et Le Nôtre, Molière et les frères Corneille.
Le procès de Fouquet que La Fontaine estime inique est pour lui l’occasion de s’élever avec talent contre l’arbitraire royal. On peut presque dire que le procès, voulu par Louis XIV, a participé à la naissance de l’écrivain !
L’homme se fait ainsi quelques ennemis et en particulier Colbert qui a maintenant la haute main sur les largesses en faveur des écrivains.
La Fontaine va passer sa vie sans être admis à la cour et revendiquant de manière très prudente mais permanente, la liberté de l’artiste face à l’autorité de l’Etat.
Son langage, ses écrits seront donc un perpétuel pied de nez aux grands, aux vaniteux, un pied de nez teinté d’érudition, d’inspiration des poètes antiques, préférant l’insinuation et la malice à la diatribe hargneuse.
Ses amis seront en même temps ses soutiens financiers, Madame du Bouillon, Madame de la Sablière permettent à son talent de s’épanouir tout en lui assurant une indépendance d’esprit, soutiens qui lui permettront de n’avoir jamais à glorifier le roi comme le fera un Racine avec son apologie de Louis XIV.

On voit se dessiner le portrait d’un homme qui a le goût du bonheur, qui aime le « gai savoir ».
Ses contes puis ses Fables vont le rendre célèbre, même Colbert finira par s’incliner en l’acceptant à l’Académie Française.
Le poète que l’on imagine la fleur à la bouche, dilettante de génie, volage à l’occasion est en fait nous dit Marc Fumaroli un philosophe épicurien, adepte de l'amitié à la manière d’un Montaigne
« En dépit de la douceur que La Fontaine avait imprimée à sa prose et à sa poésie, il était clair qu’elles émanaient d’une arrière boutique toute franche construite sur le même modèle que celle de Montaigne. »

C’est l’indépendance conservée qui va lui permettre de composer ses fables« quintessence de poésie, fruit de l’expérience d’un artiste qui n’avait écrit qu’après avoir passé la quarantaine : une goutte de miel, un grain d’encens, qui donnait saveur et parfum à tout le livre »
Des textes simples en apparence, mais c’est une simplicité trompeuse :
« J’ai fait parler le loup et répondre l’agneau.
j’ai passé plus avant : les arbres et les plantes
Sont devenues chez moi créatures parlantes. »

Les mots sont parfois féroces vis-à-vis du pouvoir mais comment pourrait-on le reprocher à la fourmi, la cigale et autre belette.
Le ton est parfois cinglant, cruel, la langue est d’une telle élégance qu’elle sert de masque aux propos.

Ses amis s’amusaient à mettre un nom derrière l’animal, à deviner la cible des attaques, riant des ruses de La Fontaine pour dire sans dire et mettre les rieurs de son côté.
Superbe livre, où Marc Fumaroli sait nous faire le tableau de cette période qui est un tournant important dans la vie politique de la France, pour lui La Fontaine est le dernier des poètes de la Renaissance, à la sortie du livre les critiques ont vu en lui un Saint Simon moderne et cela lui va bien.
A côté des Fables, faites une place à ce livre dans votre bibliothèque

Le livre : le poète et le roi - Marc Fumaroli - Editions De Fallois 1997
Visiter Le Musée Jean de la Fontaine
05:03 Publié dans Biographies, Littérature Française | Lien permanent | Commentaires (42) | Envoyer cette note
01.08.2011
La Femme d'un génie
Depuis plusieurs mois je vagabonde ene Russie, l’écoute de Maître et serviteur, le témoignage de Tatiana Tolstoï ou l’hommage appuyé de Dominique Fernandez, il me restait à lire Sofia Tolstoï, qui mieux qu’elle pouvait restituer cette époque, le domaine Iasnaïa Poliana, la vie du créateur d’Anna Karénine ?

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12.07.2011
Lincoln - Gore Vidal
Un grand saut par dessus l’Atlantique, après le Pays de Galles je vous propose l’Amérique de Scarlett O’Hara ....

05:09 Publié dans Biographies, Histoire, Littérature Américaine | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
04.07.2011
Qu'elle était verte ma vallée - Richard Llewellyn
Pour démarrer la série des lectures de l’été j’ai choisi le Pays de Galles, ses terrils, ses mines et ses chants

Une fois n’est pas coutume c’est un film qui m’a décidé à lire ce livre, le film est superbe et le livre magnifique. J’ai vu le film de nombreuses fois et lu ce livre à plusieurs reprises ma première lecture remonte à 1995 ...hier ...
Il vous faudra fouiller dans les bibliothèques car ce livre est aujourd’hui indisponible, j’espère que vous tomberez sous son charme si ce n’est pas déjà fait.
Le Pays de Galles quand la reine Victoria règne encore, quand les paysans se transforment en mineurs, quand le village ne craint pas d’être enseveli par une montagne de scories, le Pays de Galles quand la famille Morgan entre en scène.
Entrons chez Huw Morgan le héros du livre, entrons dans sa maison pour y être accueillis par sa mère qui comme chaque jour est aux fourneaux. Ils sont assis autour de la table, le père qui va découper la volaille, les cinq frères dont Ivor est l’aîné, tous mineurs, les deux soeurs de Huw. Bientôt s’ajoutera à la famille Bronwen la femme d’Ivor.
Les femmes de mineurs le samedi « s’installaient sur une chaise, devant leur porte, et attendaient le retour des hommes, gravissant la colline. »
Les tabliers des femmes s’emplissaient de pièces d’or durement gagnées au fond de la mine. Le dimanche était réservé au temple, à la lecture de la Bible. Parfois le père et ses garçons allaient assister à un match de rugby et Huw lui courait acheté du toffee avec son argent de la semaine.
La vie était belle et les conflits avec la direction de la mine finissaient par s’arranger, alors s’élevaient les chants des villageois « voix sonores, s’envolant en multiples harmonies »
Un chant gallois
Huw Morgan se souvient des images et des sons de son enfance, de son amour pour la femme d’Ivor son frère aîné, amour d’enfant oui mais ne riez pas de lui car « prétendre qu’un enfant puisse être amoureux peut sembler absurde. Mais que vous le croyez ou non, j’ai été cet enfant et personne sinon moi n’a su ce que j’éprouvais »
Huw est un enfant sage, qui craint et admire son père et ses frères, regardez le vivre au quotidien dans ce village qui est en train de changer. Le travail se fait plus rare, les salaires baissent, le mot grève est prononcé. Fini le temps où l’on s’inclinait devant la direction, l’idée de syndicat flotte dans l’air même si le mot est tabou à la table des Morgan.
Vous allez vivre le temps d’un livre au coeur de cette famille, voir Huw grandir, voir son amour des livres s’épanouir, le voir entrer à l’école. Mais vous allez aussi accompagner les mineurs dans leurs revendications, leur révolte pour une vie plus juste.
Huw grandit au rythme des difficultés du village que tente de lui expliquer le pasteur Mr Gruffydd. A t-on le droit de se servir de ses poings pour se faire respecter ? Est-il normal que seule la fille soit montrer du doigt quand elle met un enfant au monde sans être mariée ? la bataille contre les injustices n’est-elle pas légitime ?
C’est douloureux de grandir, de voir mourir les uns, partir les autres. Et arriver à l’âge adulte il est difficile de se retourner sur ce passé empreint de beauté, de chaleur et de regrets.
"Qu'elle était verte, alors, ma vallée, la vallée de ceux qui ne sont plus !"
Huw entouré de ses parents
Aux sons des chants gallois laissez vous séduire par ce roman initiatique, roman de formation au plus beau sens du terme.
Vous allez vibrer et je serais très étonnée que quelques larmes ne viennent pas
On aime tout ici : les descriptions de cette vie simple, le récit réaliste où Zola n’est pas loin, un récit où des mots comme entraide, solidarité, équité, justice, vous rendent témoins et complices des combats de ses hommes pour une vie meilleure.
How green was my valley le fim
L’écriture est simple, émouvante parfois lyrique, toujours on y entend la sincérité.
Il n’est pas étonnant que John Ford se soit emparé de ce récit pour en faire un superbe film qui reçu l’Oscar du meilleur film.
Livre avant film, film puis livre, peu importe, les deux sont des oeuvres émouvantes trouvent une place dans le coeur du lecteur et du spectateur.
L’auteur
Il est né à Hendon, Londres, en 1906. La plupart de ses romans ont pour cadre le Pays de Galles ; le plus célèbre, Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley) de 1939, lui donna une renommée internationale et fit l'objet d'un film de John Ford.
Il vécut une vie pleine de péripéties, voyageant beaucoup. Avant la Seconde Guerre mondiale, il travailla dans des hôtels, écrivit une pièce, travailla comme mineur et écrivit son roman le plus connu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint Capitaine dans la "Welsh Guard" (garde galloise).
Après la guerre, il travailla comme journaliste pour le procès de Nuremberg, et écrivit des scénarios pour MGM. Plus tard, il s'installa à Eilat (Israel). (source wikipédia)
05:33 Publié dans Biographies, Littérature Anglaise, Livres d'été | Lien permanent | Commentaires (43) | Envoyer cette note





































































































































































































































































