01.01.2009
La vie d'arséniev
La vie d'Arséniev - Yvan Bounine - Editions Bartillat
L’hiver est la meilleure période pour entreprendre un voyage dans la steppe russe, une troïka, des fourrures et à l’arrivée un énorme samovar.
C’est ce que je vous propose à travers « la vie d’Arséniev » les souvenirs de jeunesse d’un héros qui ressemble comme un frère à Yvan Bounine.
la Russie impériale jette ses derniers feux et nous voilà au sein d’une famille de la noblesse terrienne avec sespersonnages hauts en couleurs et attachants.
La mère effacée, le père qui dilapide au jeu la fortune familiale sans que jamais personne ne semble lui en tenir rigueur, les frères contraints d’aller chercher fortune au loin les soeurs ombres fugitives à peine évoquées.
L’on suit les tribulations de la famille au gré des pertes de jeu, des héritages, des récoltes, des désastres naturels, des fêtes religieuses, des voyages.
Le héros dès l’enfance est d’une sensibilité exacerbée, il se tourne à l’adolescence vers l’écriture, la poésie.
Le récit est fait de petites scènes, de tableaux de la vie russe et de descriptions d’une nature omniprésente.
La vie campagnarde, les travaux des champs, le passage des saisons, l’antique demeure, les senteurs , les couleurs sont superbement restitués.
Les descriptions de la nature sont lumineuses, chaleureuses et empreintes d’une grande mélancolie. La mort est très présente aussi, angoissante et marquée de mysticisme ( les fêtes religieuses, les icônes russes ...)
Lorsque Yvan Bounine écrit « la vie d’Arséniev » il est en exil en France et le monde décrit dans son roman a disparu, balayé par l’histoire. Il sait nous communiquer l’amour de sa patrie, et grâce à une écriture pleine de poésie et de sensualité on est gagné par l’émotion.
La magie a opéré, j’ai ressenti de façon poignante, la perte, la nostalgie, l’atmosphère d’un bonheur définitivement perdu.
Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque.
L’auteur
Ivan Bounine, prix Nobel de littérature en 1933, a écrit Le Village (1909), Le Monsieur de San Francisco (1915), La Nuit (1925), il composa en exil en France des nouvelles recueillies dans Les Allées sombres.
Il fait partie des figures emblématiques de l'émigration russe et ses écrits sont des classiques de la littérature de ce pays.
Extrait
« A commencer par cette campagne perdue au fond de laquelle s’est déroulée ma petite enfance. Des champs déserts, un manoir solitaire au milieu...L’hiver, un océan de neige à l’infini, l’été, un océan de blé, d’herbes et de fleurs...Et le perpétuel silence de ces champs, leur étrange mutisme..Mais une marmotte ou une hirondelle sont-elles tristes dans un trou perdu plein de silence? Non elles ne demandent rien, ne s’étonnent de rien, elle ne sentent pas cette présence secrète que l’âme humaine perçoit dans le monde qui l’entoure, elles ne connaissent ni l’appel des espaces ni la course du temps. »
12:47 Publié dans Littérature Russe (7) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




















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