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La vie d'arséniev

la vie d'arseniev.jpgLa vie d'Arséniev - Yvan Bounine - Editions Bartillat

L’hiver est la meilleure période pour entreprendre un voyage dans la steppe russe, une troïka, des fourrures et à l’arrivée un énorme samovar.
C’est ce que je vous propose à travers « la vie d’Arséniev » les souvenirs de jeunesse d’un héros qui ressemble comme un frère à Yvan Bounine.

la Russie impériale jette ses derniers feux et nous voilà au sein d’une famille de la noblesse terrienne avec sespersonnages hauts en couleurs et attachants.

La mère effacée, le père qui dilapide au jeu la fortune familiale sans que jamais personne ne semble lui en tenir rigueur, les frères contraints d’aller chercher fortune au loin les soeurs ombres fugitives à peine évoquées.

L’on suit les tribulations de la famille au gré des pertes de jeu, des héritages, des récoltes, des désastres naturels, des fêtes religieuses, des voyages.
Le héros dès l’enfance est d’une sensibilité exacerbée, il se tourne à l’adolescence vers l’écriture, la poésie.

Le récit est fait de petites scènes, de tableaux de la vie russe et de descriptions d’une nature omniprésente.
La vie campagnarde, les travaux des champs, le passage des saisons, l’antique demeure, les senteurs , les couleurs sont superbement restitués.
Les descriptions de la nature sont lumineuses, chaleureuses et empreintes d’une grande mélancolie. La mort est très présente aussi, angoissante et marquée de mysticisme ( les fêtes religieuses, les icônes russes ...)

Lorsque Yvan Bounine écrit « la vie d’Arséniev » il est en exil en France et le monde décrit dans son roman a disparu, balayé par l’histoire. Il sait nous communiquer l’amour de sa patrie, et grâce à une écriture pleine de poésie et de sensualité on est gagné par l’émotion.
La magie a opéré, j’ai ressenti de façon poignante, la perte, la nostalgie, l’atmosphère d’un bonheur définitivement perdu.

Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque.



L’auteur
Ivan Bounine, prix Nobel de littérature en 1933, a écrit Le Village (1909), Le Monsieur de San Francisco (1915), La Nuit (1925), il composa en exil en France des nouvelles recueillies dans Les Allées sombres.
Il fait partie des figures emblématiques de l'émigration russe et ses écrits sont des classiques de la littérature de ce pays.


Extrait
« A commencer par cette campagne perdue au fond de laquelle s’est déroulée ma petite enfance. Des champs déserts, un manoir solitaire au milieu...L’hiver, un océan de neige à l’infini, l’été, un océan de blé, d’herbes et de fleurs...Et le perpétuel silence de ces champs, leur étrange mutisme..Mais une marmotte ou une hirondelle sont-elles tristes dans un trou perdu plein de silence? Non elles ne demandent rien, ne s’étonnent de rien, elle ne sentent pas cette présence secrète que l’âme humaine perçoit dans le monde qui l’entoure, elles ne connaissent ni l’appel des espaces ni la course du temps. »

Commentaires

  • La place est faite, bien au chaud ! C'est, en effet, un très beau récit.
    Merci pour tous vos billets, c'est un plaisir. Je n'ai pas votre verve, mais ô, comme j'aimerais pouvoir faire partager mon enthousiasme lorsque j'ai terminé une lecture !

  • @ Mirandoline, c'est dur d'en dire assez pour faire passer son enthousiasme et pas trop pour ne pas déflorer un livre, mais au fil des billets on acquière une certaine aisance mais parfois on tombe sur un livre très difficile à chroniquer !

  • Je viens de relire Le Testament français, présenté vendredi à mon groupe de lecture. J'y ai appris que Andreï Makine voue une admiration sans bornes à Bounine, à qui il a consacré sa thèse. La Vie d'Arseniev est ainsi ma prochaine lecture. Merci de votre billet, toujours marqué par vos qualités de synthèse.

  • @ Catheau : ce roman autobiographique est superbe, je vous souhaite une bonne lecture

  • Dominique,

    Comme vous l'avez vous-même constaté sur mon blog, j'ai été émerveillée par ce livre. Amicalement.

  • Beaucoup aimé La vie d'Arseniev... justement lu après avoir entendu Makine en dire du bien, comme le précise Catheau.
    Par contre, beaucoup moins aimé ses nouvelles, Les allées sombres, très sombres...

    Aux éditions du Rocher, à lire un émouvant portrait de Tchékhov par Bounine, qu'il admirait. Le titre : "Tchékhov", tout simplement.

  • @ Pascale : un livre que j'ai beaucoup aimé, ses nouvelles je les connais mal car je n'aime pas les nouvelles d'une façon générale donc j'en lis très peu
    j'ai également lu son livre sur Tchekhov et je te signale aussi un livre sur Tolstoï et sa crise mystique " la délivrance de Tolstoï"

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